Page n°2
SES LIENS AVEC LE CINÉMA
ALAIN TANNER Il a coécrit avec Bernard Comment le scénario de quatre de ses films: Fourbi (1996), Requiem (1998), Jonas et Lila, à demain (1999) et Paul s’en va (2004). Alain Tanner rigole: «Travailler avec lui m’a permis de modifier la très mauvaise opinion que j’avais des scénaristes… Plus sérieusement, il a de grandes qualités d’écoute et un vrai sens de l’amitié. Je suis sensible au fait qu’il a modifié la date de ses vacances pour être à Locarno, cet été, quand le festival me remettra un Léopard d’honneur.»
BERTRAND THEUBET Réalisateur à la TSR, il a fait un film à partir d’une nouvelle de Bernard Comment, Le pied dans la fourmilière (1998): «Bernard possède à la fois une grande intuition et un sens critique très développé. Si je lui montre un projet, il met tout de suite le doigt sur des éléments clés qui ont pu m’échapper. Il me fait penser à un numéro 10 au foot; il fonctionne comme une machine à relancer le travail.»
SES COMPLICITÉS PARISIENNES
ALAIN VEINSTEIN ET LAURE ADLER Ecrivain, producteur et animateur sur France Culture, Alain Veinstein lui a fait faire sa première émission de radio en France. Il est le mari de Laure Adler, que Bernard Comment a rencontrée quelques années plus tard: «Elle était alors conseillère de François Mitterrand. J’ai découvert une femme qui n’économise pas ses enthousiasmes. A France Culture, où j’ai travaillé cinq ans avec elle, Laure Adler m’a permis de faire des choses extraordinaires.»
PIERRE GUYOTAT Bernard Comment admirait depuis longtemps l’auteur d’Eden, Eden, Eden quand il lui a proposé de participer à une série d’émissions: «Il est venu parler de Michelet et c’était extraordinaire. Après cela, je lui ai dit que les portes de France Culture lui étaient ouvertes. Un jour, il m’a proposé de faire une histoire personnelle de la musique et Laure Adler m’a donné carte blanche. Nous avons enregistré “Musiques” en 2002: 25 émissions d’une demi-heure chacune.»
BERNARD WALLET Avec le fondateur des éditions Verticales, «un homme en quête d’absolu et capable de tout envoyer valser d’un coup», Bernard Comment partage plusieurs passions: Jack Kerouac, le foot…
Tags: Bernard Comment, réseau,
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| Réaction de Perméable le 30.06.2010 à 16:43 | | Comment persiller Paris
Rodrigo Uribe Mallarino, Chroniqueur
29 juin 2010
Il y quelques... Comment persiller Paris Rodrigo Uribe Mallarino, Chroniqueur 29 juin 2010
Il y quelques semaines j’ai visité le centre suisse dans le Marais à Paris. Il était question d’écrivains suisses. J’accompagnais quelques collègues lémaniques. Le jour avant nous avions marché pendant deux heures dans les quartiers de Romainville. Au centre culturel, en mutation comme la plupart des lieux de création artistique en Europe, j’ai reçu le persil qui me manquait pour ma soirée : un journal format tabloïd, 36 pages, fort intéressant. Dans ce numéro apparaissent 39 papiers d’écrivains suisses au sujet de Paris. Inutile de dire qui a écrit en langue française et qui ne le fait pas ; ils ont tous, d’une manière ou d’une autre, une relation étroite avec celle-ci. Le titre du numéro, un peu pédant, un peu ambigu, mais finalement très énergétique, était "On s’offre Paris". Tous les auteurs ne rêvent pas de Paris, c’est sûr, mais un bon nombre d’entre eux ne la manqueraient pas pour rien au monde. Et je pense : comment est la structure langagière d’un écrivain qui ne rêve pas d’un lieu et qui en même temps le désire ?
Bernard Comment y a participé avec un texte d’une page environ. Il évoque quelques noms d’auteurs, politiciens et intellectuels, une liste passionnante, que malheureusement toutes les bonnes bibliothèques de Paris n’ont pas. Romainville refait sa bibliothèque, je vais leur proposer cette liste. Précisément, avec mes collègues suisses nous visitions la Tour Hertzienne de 120 mts, de quoi la comparer avec les éoliennes qui font débat en ce moment. Sur la tour, une antenne de 22 mts rappelle la querelle de l’antenne pour le guidage au ciel, programmé au Mont Tendre dans le Jura. Nous parlions de ces comparaisons. Nous comparions aussi les espaces très habités et denses avec les non denses, un grand casse-tête dans l’arc lémanique actuel. Inutile à Paris de comparer ce qui est parisien avec ce qui ne l’est pas. Mais dans la plupart des papiers du persil, Paris se réduit à un folklore du 19e - 20e siècle qui se limite aux 20 arrondissements. Bernard Comment même considère que la porte d’Orléans est une entrée de la ville.
Les espaces d’urbanité sont parfois la métaphore des genres littéraires. Dans le persil j’ai lu avec satisfaction des extraits de fiction, mais aussi des chroniques, des poèmes, un comte, des commentaires un peu inclassables. Paris est aussi comme ça. 10 millions partagent un quotidien qui leur permet de dire qu’ils sont dans la même ville, comme les 39 auteurs sont dans le même canard le temps d’une lecture. Je pensais : Un nouveau site des Archives Nationales en construction à Pierrefitte, pourrait-t-il nous illustrer ?
Dans ce persil, Pacale Kramer nous fait une brève esquisse de Paris, ville "pas motivante pour un sou". Elle déclare que "St Geramin n’est plus un lieu d’émulation littéraire mais de pure et simple compétition". Cela est conforme à son genre d’écriture dramatique et ne l’empêche pas de travailler sur place. Pas étonnant que dans le même canard, Michel Layaz mentionne un territoire parisien, Ivry, uniquement pour ses qualités funéraires. Mais je pense : un cimetière, ce n’est pas si mal après tout.
L’urbanité parisienne d’aujourd’hui est assez loin des écrivains actuels. La nouvelle dimension de la ville ne les inspire pas énormément et de leur côté ils ne la reconnaissent pas non plus. La mutation demande-t-elle un autre regard sur ce quotidien ? A quelle heure les écrivains qui pratiquent la langue française cesseront-ils de croire que Paris est le chef-lieu de cette langue ? Je regarde ma montre, ils sont en retard. Arriveront-ils jusqu’à Tremblay ?
Paris le 29 juin 2010
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