Berne veut ramener nos otages pour le 1er Août
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 29.07.2009 à 10:31
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CRISE LIBYENNE. Le Conseil fédéral a demandé à Kadhafi de relâcher ses deux otages suisses pour la Fête nationale. Le dictateur libyen n’a pas encore répondu.
Kadhafi va-t-il relâcher pour le 1er Août ses deux otages suisses? Formulée par le Conseil fédéral, cette requête toute symbolique est posée sur son bureau, comme l’a appris L’Hebdo d’un proche conseiller du colonel Muammar Kadhafi. «Il n’a pas pris sa décision», indique notre source. «Mais le Guide souhaite que vos deux compatriotes soient jugés pour infraction à la loi sur le séjour avant qu’ils ne retournent dans votre pays.» Le sort de Max Göldi, directeur de la succursale libyenne d’ABB, et de Rachid Hamdani, un employé d’une entreprise de construction, dépend donc plus que jamais du bon vouloir du maître de Tripoli. C’est lui qui tranchera si nos deux Helvètes rentreront samedi ou passeront par la case justice. Un enjeu de taille. En Libye, un procès peut durer quelques jours, quelques semaines, voire quelques années… Mais ce n’est pas tout. Le retour de Göldi et de Hamdani est aussi tributaire de la signature du mémorandum de sortie de crise, négocié par Berne et Tripoli. Ce document avalisé par les Suisses attend encore le feu vert des Libyens et surtout de Muammar Kadhafi. «Cela prendra du temps», précise un officiel libyen. «Et contrairement à ce qu’affirme Micheline Calmy-Rey, nous ne sommes ni à deux millimètres, ni à quelques kilomètres d’une sortie de crise.» Ce que confirme un connaisseur du dossier. «Les Libyens sont aux abonnés absents ces jours-ci. Ce qui indique plutôt un blocage.»
Le contenu du mémorandum. En revanche, on en sait plus sur le contenu du mémorandum. En gros, la Suisse s’y excuse d’avoir «atteint à l’honneur» des Kadhafi en arrêtant de manière musclée et en emprisonnant Hannibal et Aline le 15 juillet 2008 à Genève. Selon cette même source libyenne, Berne dit comprendre la colère de la famille Kadhafi, tout en expliquant qu’il s’agit d’une profonde incompréhension. Et en signe de bonne volonté, le président Hans-Rudolf Merz est prêt à se déplacer personnellement en Libye pour faire amende honorable. La Suisse réaffirme également dans ce document diplomatique que tous les Libyens sont les bienvenus sur son territoire. Bref: après une année de crise, Berne a cédé à toutes les exigences articulées dès juillet 2008 par Tripoli. Une information que ni le Département des affaires étrangères, ni le Département des finances de Hans-Rudolf Merz ne souhaitent commenter. Même s’il était signé, le mémorandum ne devrait pas réchauffer les relations glaciales entre Berne et Tripoli. La raison en est simple: le colonel Kadhafi est furieux contre Micheline Calmy-Rey. La patronne du DFAE avait réagi aux récentes attaques du leader libyen qui avait traité la Suisse de «mafia internationale» en lançant: «Ce qui ne correspond à rien et est infondé ne devrait pas être pris au sérieux.»
Nouvelle insulte. Reprise par la presse arabe, dont Asharq al-Awsat, le quotidien panarabe, cette pique est mal passée à Tripoli. «Votre ministre dit qu’elle veut dialoguer, mais elle insulte notre Guide», constate une source gouvernementale libyenne. Résultat: Kadhafi veut plus que jamais en finir avec le «cancer des nations» qu’est la Suisse. Il proposera même son aide au président américain Barack Obama lors de l’assemblée annuelle de l’ONU en septembre à New York, pour mettre la main sur les 52 000 fraudeurs américains qui ont caché leur argent dans les coffres de l’UBS. Et il profitera de la grand-messe onusienne pour exiger officiellement le démantèlement de notre pays. Autre signe de crispation: la semaine dernière, le dictateur a réclamé qu’on gomme toute mention de la Suisse dans les manuels d’histoire libyens. Après le pétrole, les visas, les fonds placés dans nos banques... le passé. Décidément, Tripoli fait une croix sur la Suisse.
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