Décryptages
Bien assurés ou rassurés à bon compte?
Les nouvelles normes prudentielles et règles de comptabilité prévues pour les compagnies d’assurance et fonds de pension – notamment l’obligation de faire apparaître à la valeur de marché tant leurs avoirs que leurs engagements à long terme et de gérer les actifs en fonction de leurs risques – pourraient inciter ces grands investisseurs institutionnels à modifier leurs stratégies de placement et gammes de produits.
UN EXCÈS DE PRUDENCE DANS LES STRATÉGIES D’INVESTISSEMENT.
Un récent rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) s’en préoccupe*. Dans un environnement de taux d’intérêt très bas, les assureurs ont tendance à ne plus proposer de contrats d’assurance vie à taux garanti tandis que les fonds de pension accélèrent le mouvement, déjà bien engagé, de renonciation aux plans à prestations définies.
En outre, contraints de couvrir leurs risques, ils garnissent plus volontiers leurs portefeuilles d’obligations souveraines ou liées à l’inflation que de classiques obligations d’entreprises ou actions. Résultat: assureurs et fonds de pension reportent les risques sur les ménages qui sont leurs clients ou assurés. Et ils ne remplissent plus leur rôle traditionnel de fournisseurs de capitalrisque à long terme.
Paradoxalement, un excès de prudence dans les stratégies d’investissement des assureurs et fonds de pension – censés mutualiser les risques du long terme et garantir une allocation optimale du capital – nous fait courir à tous le risque majeur de rendements trop maigres pour garantir des retraites décentes.
*www.bis.org/publ/cgfs44.htm
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