Décryptages
Big faillites: les Etats-Unis s'y préparent
Après des mois de discussion, le Sénat américain vient d’adopter le projet de réforme du système bancaire. La synthèse avec la version acceptée en mai par la Chambre des représentants devrait être réalisée rapidement pour permettre une ratification du texte définitif par le président Obama le mois prochain. Certains éléments pourraient être gommés lors de cette recherche de consensus. Mais d’autres sont d’ores et déjà acquis. Notamment le fait que les contribuables ne devraient plus être mis à contribution pour sauver une institution financière, quelle que soit sa taille. La faillite d’une très grosse banque n’est plus un tabou. L’heure est à la définition, aux Etats-Unis comme ailleurs, des mécanismes propres à accompagner une telle défaillance sans qu’elle entraîne toute une nation, voire le monde, dans une sévère récession. Autre tabou gommé par le projet américain: la faillite d’un Etat. Un point du texte accepté par les sénateurs prévoit la possibilité pour le représentant américain au FMI de s’opposer au sauvetage d‘Etats étrangers par le contribuable américain via des prêts du FMI, si ces derniers étaient susceptibles de ne pas être remboursés. Si l’un des plus gros contributeurs au Fonds monétaire international adoptait une telle clause protectionniste, les autres payeurs – dont la Suisse, qui participe aux appels du fonds à proportion de sa prospérité – auraient du souci à se faire.
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