Bombardier dégaine une arme secrète pour séduire les CFF
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 17.03.2010 à 17:45
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RAIL. Le constructeur canadien de Villeneuve parie sur une technologie unique, afin de gagner le contrat ferroviaire du siècle. Un rapport de l’EPFL confirme le potentiel d’économies.
C’est un rapport explosif auquel L’Hebdo a eu accès. Estampillé Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ce document de 41 pages à l’intitulé barbare (Importance relative des facteurs d’usure et de dégradation de la voie et l’influence et apports de l’innovation dans la construction du matériel roulant) établit que les CFF ont la possibilité d’économiser sur leurs dépenses d’entretien d’infrastructure. Selon les chercheurs du groupe LITEP (intermodalité des transports et de planification) ainsi que Willem-Jan Zwanenburg, consultant ferroviaire indépendant qui a planché sur ce dossier, le potentiel est même énorme. De l’ordre de 10% à 20% rien que sur la ligne principale du Plateau entre Genève et Saint-Gall, en considérant les coûts de maintenance de la voie engendrés par le seul trafic intercity. Soit entre 6 et 14 millions de francs pour 375 kilomètres, sur un coût annuel de 55 millions de francs, indique Willem-Jan Zwanenburg, qui se dit surpris par les conclusions de cette étude.
Et par quel miracle peut-on économiser une telle fortune? Grâce à l’ARS, pour Active Radial Steering, un système de bogie inédit développé depuis une dizaine d’années par Bombardier Transport à Winterthour. En gros, les roues du train, un peu comme celles d’une voiture dans un virage, peuvent se positionner grâce à des vérins de manière à mieux épouser le tracé et à limiter les frottements avec les rails. Résultat: moins de bruit, moins de dégâts sur les voies et, surtout, réduction de la consommation d’énergie. Elle équivaudrait à celle, annuelle, de 100 à 150 ménages lausannois si tous les intercity passaient à la technologie ARS.
Voilà donc une technique «verte» qui tombe à pic pour les CFF. N’ont-ils pas annoncé, le 19 février, avoir besoin de plus d’argent pour l’entretien et le renouvellement de leur réseau? Jusqu’en 2016, les coûts supplémentaires devraient se monter à 850 millions de francs par année par rapport à la planification financière de CFF Infrastructure, dont 410 millions rien que pour le maintien du réseau et 20 millions pour le trafic supplémentaire.
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