Une progression de l’UDC à 40% serait dangereuse pour la Suisse? Ce n’est pas un affreux gauchiste ou un attardé prœuropéen qui l’affirme mais Ueli Maurer lui-même, ancien, président suisse de l’UDC.
L’UDC EST PLUS UNE GRANDE FAMILLE QU’UN PARTI.
«Les autres partis seraient marginalisés, confie-t-il à 24 heures. Ce n’est pas souhaitable pour notre culture politique, basée sur l’équilibre et le consensus. »
Cette déclaration appelle plusieurs remarques. Premièrement, elle accrédite l’analyse qui veut que la prise de responsabilité au sein des exécutifs mine l’aplomb conquérant de l’UDC plus sûrement que les attaques de ses adversaires.
Deuxièmement, notons qu’après deux ans au Conseil fédéral, Ueli Maurer n’a pas l’air très heureux. Peut-être s’est-il rendu compte que la Suisse dans laquelle il vit et qu’il est censé cogouverner, ne correspond pas au discours qu’il a martelé.
Lucidité tardive. Qui s’est employé depuis plus de vingt ans à bousiller la culture politique nationale? Qui a torpillé la notion même de consensus? Christoph Blocher et son lieutenant Maurer.
La politique, chez nous comme ailleurs, nécessite un peu d’esprit de finesse, car souvent les solutions des problèmes ne sont pas simples comme les slogans, mais tragiquement complexes. L’UDC jusqu’ici n’a montré que la canonnière.
Le sentiment de lassitude face à la polarisation ne cesse de croître dans l’opinion. La politique suisse est devenue plus spectaculaire mais moins efficace.
L’inanité du durcissement des fronts est totale. Cette posture de matador bloque les réformes dans des domaines jugés essentiels par la population comme le financement du système de santé ou l’AVS.
Longtemps, la Suisse a souffert d’un déficit d’idées. Un bon ministre était un ministre qui gérait, il n’était pas nécessaire qu’il pense ou qu’il anticipe.
Il ne s’agit pas ici de récuser le débat d’idées, et dans l’anticipation, le gouvernement a encore un très copieux potentiel d’amélioration. Mais il serait opportun que ceux qui briguent un siège au Parlement cet automne méditent ce constat: le problème de la Suisse n’est pas le manque d’idées – elles foisonnent – mais un défaut de concrétisation.
Au final, passée au bain-révélateur de l’exigence de résultats, l’UDC apparaît beaucoup plus comme une grande famille, confortant ses membres (pas très sûrs d’eux-mêmes ou décontenancés par le monde moderne) dans quelques certitudes faciles, que comme un parti faisant avancer le pays. Bon réveil, Monsieur Maurer!
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