Ultimatum: le mot tient du vocabulaire guerrier. Les Etats-Unis ont dépassé, dans leur bras de fer avec la Suisse, le stade des précautions oratoires. Ils ne demanderaient rien de moins que la liste de tous les clients de plusieurs banques suisses ayant détenu, entre 2002 et 2010, des avoirs non déclarés d’un montant au moins égal à 50 000 dollars. En partant à la pêche avec un filet aussi fin, l’Oncle Sam veut s’assurer de remplir sa barque de gros et de petits poissons.
Sans passer par les procédures, sans doute jugées pas assez expéditives, prévues dans la nouvelle CDI négociée entre Berne et Washington. Elle stipule que l’entraide administrative se base sur un soupçon fondé. Mais les Etats-Unis sont puissants. Et l’économie helvétique dépend trop des échanges avec le pays qui reste la première économie mondiale pour que la Confédération oppose une simple fin de nonrecevoir à la peu élégante demande.
Reste à savoir si la réponse permettra de respecter le droit suisse.... L’Amérique est un grand fauve blessé, susceptible de mordre sans avertissement. Et sa population a découvert que des crédits à taux progressifs et des produits créés à partir de prêts de qualités différentes pouvaient mettre des millions de familles à la rue et déclencher une crise gravissime. Les autorités envisagent de faire payer les banques impliquées dans la débâcle des subprimes. Pour le Credit Suisse, la note pourrait être plus salée que celle à acquitter pour les acrobaties fiscales passées de riches clients américains.
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