Bretzel, prima!
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 10.02.2010 à 14:03
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GOURMANDISE. Pour la première fois, Brezelkönig ouvre un point de vente en Suisse romande.
Le fossé de rösti comblé par des bretzels? Pas sûr, mais en revanche, les Romands n’auront plus la mauvaise excuse de ne pas connaître les habitudes culinaires de leurs compatriotes de l’autre côté de la Sarine. Depuis lundi 25 janvier, ils peuvent s’offrir de ces gros nœuds de pain à la croûte brun foncé et brillante. Sans avoir à se rendre à Berne. Le roi des bretzels, Brezelkönig dans la langue de Goethe, vient en effet d’ouvrir un point de vente à l’emporter à Lausanne, à la rue Centrale plus précisément. «C’est le premier en Suisse romande et notre 25e dans le pays», confirme Lydia Muff, responsable des filiales de l’entreprise basée à Emmenbrücke (LU). Une société créée au début des années 2000 et qui emploie plus de 150 personnes. «Si la demande est là, nous en ouvrirons d’autres. Ce marché qui connaît le bretzel nous intéresse beaucoup. Il est en pleine croissance en Suisse allemande.»
Divisé en deux. Terra incognita du bretzel, la Suisse romande? Il faut bien avouer que le pays était très clairement divisé en deux depuis que ce pain très salé a débarqué d’Allemagne il y a une vingtaine d’années. Reste que pour les spécialistes des habitudes culinaires, le bretzel ne va pas bouleverser le paysage romand. «La solution des pains garnis vendus à l’emporter est presque vieille comme le monde puisqu’on a des attestations antiques à ce sujet, souligne Isabelle Raboud-Schüle, directrice et conservatrice du Musée gruérien à Bulle et spécialiste du patrimoine culinaire suisse. «Falafel, pitta, kébabs, sandwichs, tacos… Le principe est toujours le même, l’apparence change, la référence change par le nom et le décor de la boutique. Sur son quai de gare, le Romand mange le plus souvent une sorte de pain composé de céréales avec des accompagnements.» En revanche, l’arrivée du bretzel ne doit rien au hasard. «Je suis davantage frappée par la dissémination de l’acte de manger», indique Isabelle Raboud-Schüle. «On trouve à manger partout désormais: kiosques, stations-service, gares… Et ces consommations debout, en marchant ou dans le train deviennent banales et usuelles alors que le modèle du repas à table est une sorte de norme ou d’idéal.» En clair? Le bretzel a de beaux jours devant lui.
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