Encore une réalité nouvelle à laquelle il faudra s’habituer: la Suisse n’est plus le pays le plus sûr du monde, ce havre de paix épargné par les voleurs et les canailles de grand chemin. De Genève à Lausanne en passant par Fribourg, les statistiques des cambriolages ont même explosé ces dernières années. Et encore, elles restent sans doute en deçà des faits. Si elles ne sont pas couvertes par une assurance, certaines victimes renoncent en effet à porter plainte. Et on ne vous parle même pas des cas de vandalisme et d’incivilités quotidiennes.
Comme le montre notre rédacteur Christophe Passer, l’arc lémanique s’est ainsi transformé en un véritable paradis pour les petits délinquants. Parce que l’angélisme domine encore largement, parce que les Romands ont tendance à peu protéger leur appartement ou leur maison, l’appât du butin est irrésistible – certains responsables parlent même de «supermarché» (lire l'article de Christophe Passer).
Les peines encourues? Elles restent si légères qu’elles apparaissent aux yeux des voleurs, dans leur majorité étrangers, comme un véritable appel au crime. Ces bandes bien organisées commettent généralement leurs méfaits à la chaîne. Avant de s’enfuir vite fait dans de grosses voitures.
Que faire? On ne va pas refermer les frontières sous prétexte que la plus grande part des délinquants viennent des pays de l’Est et des banlieues françaises. Il faut simplement avoir l’honnêteté de désigner leur origine et leurs intentions. Les polices? Sous-dotées, elles sont surtout démotivées à force de voir les bandits s’en tirer avec de faibles amendes ou quelques jours de prison. Elles méritent de voir leurs moyens renforcés.
Dans l’immédiat, les individus seraient, eux, bien inspirés d’adopter certaines précautions, certains réflexes. Les cambrioleurs sont de plus en plus astucieux, mais ils sont aussi de plus en plus pressés. Encore faut-il avoir une bonne compréhension de leurs façons d’opérer.
Enfin, les assurances pourraient, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, inciter leurs clients à se doter de systèmes d’alarme. En comparaison internationale, la Suisse reste clairement sous-équipée.
Inutile de sombrer dans la paranoïa, cependant. Le Bronx-sur-Léman, ce n’est pas encore Lagos, la ville la plus dangereuse du monde. Les vols à main armée et la violence restent pour l’heure l’exception. Mais ne pas reconnaître l’ampleur du phénomène, c’est se préparer une vague de lassitude, de frustration, de peur. Suivie, à coup sûr, d’une poussée de xénophobie.
Pour les bandes de cambrioleurs étrangers, l’appât du butin est irrésistible.
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