Marchés d'actions
Ça devrait tanguer
Risques. Les Bourses attirent. La performance annuelle moyenne de 2010 pourrait toutefois être faible.
Une année 2010 marquée par la volatilité sur les marchés d’actions, durant laquelle les investisseurs seraient bien avisés d’engranger régulièrement des plusvalues de court et moyen terme. Cette vision était largement partagée, fin 2009, par les spécialistes de différentes banques (voir Supplément Finance de L’Hebdo de janvier). Nombre de stratèges s’attendaient à des turbulences sur les marchés d’actions dans le courant du second semestre. Or, les inquiétudes sur la dette souveraine grecque, et les tergiversations des pays de la zone euro pour y apporter une solution concertée, ont provoqué des vagues déjà en février. A l’orée du deuxième trimestre, quel potentiel gardent encore les actions? «Sur l’ensemble de l’année, nous continuons d’estimer que les marchés actions devraient rester orientés à la hausse, bien que heurtés, et alternant des phases de hausse et de baisse», écrit Christophe Donay, chef stratégiste de Pictet, dans le numéro de mars de la revue Perspectives du banquier privé. Il confirme en cela son scénario central pour 2010 et plaide toujours pour une progression des actions sur l’ensemble de l’année, à la faveur d’une croissance économique mondiale estimée à 4%. Reste que les choix d’allocations tactiques ne sont pas de tout repos alors que, «à la mijanvier, la plupart des indices affichaient une performance de près de +5% et à la mifévrier des baisses de près de -10%». A ce stade, «la valorisation des marchés – avec un PER 2010 de 12,7 pour le STOXX 600 et de 13,2 pour le S&P 500 – ne laisse pas beaucoup de place pour des hausses de cours supplémentaires». Elles interviendront si «l’estimation de croissance annuelle de 6% des chiffres d’affaires des entreprises» est confirmée par les faits. Aux yeux de David Karsbol, chef économiste de la Saxo Bank, et de son équipe de stratèges, «les prévisions de bénéfices pour les entreprises sont trop optimistes». Leur Global Business Cycle Indicator, en net rebond sur les 12 mois écoulés, pique déjà du nez «pour 11 pays analysés sur 13». Les actions devraient pourtant encore engranger des gains au deuxième trimestre; avant de reculer lorsque les anticipations de croissance et d’inflation des investisseurs diminueront. Cette banque spécialiste du trading en ligne estime en effet que la hausse de l’inflation en moyenne annuelle va ralentir durant les troisième et quatrième trimestres aux Etats-Unis, dans la zone euro et en Grande-Bretagne; tandis que les prix diminueront encore au Japon, bien que moins fortement.
BRIC prometteurs. Dans un contexte où les marchés actions «devraient faire du surplace sur un horizon de trois à six mois», selon l’édition de mars d’Insights de Julius Bär; Venkatraman Anantha Nageswaran, spécialiste de l’Asie, conseille de miser sur les perspectives à long terme des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine); dont les corbeilles étaient pourtant dans le rouge à fin février. Une façon de parier sur une future prise de conscience accrue du potentiel des pays émergents.
«TENIR COMPTE DES PERSPECTIVES À LONG TERME DES PAYS BRIC.» Venkatraman Anantha Nageswaran, Julius Bär
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