Peu enclins à se laisser forcer la main dans la conduite de leur politique économique et monétaire, les Chinois viennent très opportunément de publier un déficit de leur balance commerciale en mars. La Chine a plus acheté que vendu le mois dernier: une première depuis six ans. Pied de nez à l’antienne des Etats-Unis sur une sous-évaluation du yuan stimulant artificiellement les exportations de l’empire du Milieu. Les ventes à l’étranger sont certes en grande forme, avec une progression de plus de 24% en mars, mais les importations ont bondi en valeur de 66%! De quoi affaiblir les contempteurs d’un yuan trop chétif et offrir à la Chine les coudées franches pour… laisser sa monnaie s’apprécier. Histoire de freiner l’inflation induite par la hausse des prix des matières premières. Or, un yuan plus fort pourrait bien constituer un casse-tête chinois tout aussi ardu, pour nombre d’entreprises occidentales, que l’actuel gel du change avec le dollar. Surtout si d’autres pays émergents décidaient de suivre la voie d’une appréciation progressive de leur devise. Les sociétés, y compris américaines, qui avaient dopé leur rentabilité en intégrant de nombreux composants des émergents dans leur production vont devoir trouver autre chose. En outre, si la Chine décide de rendre une liberté relative au yuan, elle ne sera plus contrainte d’acheter des masses de Bons du Trésor américain pour refroidir sa monnaie. Nouveau casse-tête en perspective.
YUAN PLUS FORT: AUTRE CASSE-TÊTE CHINOIS.
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