Livre
«Ce Palais fédéral est une prison»
Jean-Claude Rennwald (PS/JU) tire sa révérence et prône une concordance programmatique sans l’UDC.
On le disait émoussé, Jean-Claude Rennwald. Pourtant, il n’en paraît rien à la lecture de son dernier livre*. Le conseiller national et membre du comité directeur du syndicat Unia s’y montre combatif, prêt à déployer le drapeau rouge des travailleurs et à entonner l’Internationale.
«J’ai écrit ce livre pour échapper à la tyrannie du quotidien», confie Jean-Claude Rennwald, qui s’apprête à tirer sa révérence politique dans quelques semaines, puis syndicale au printemps 2012. Des seize années passées au Conseil national, il dit deux choses: d’abord qu’elles ont été «une expérience magnifique», mais ensuite que «ce Palais fédéral peut aussi être une prison» par ses rites immuables, son code vestimentaire, son tutoiement automatique. «J’ai toujours refusé de tutoyer certains UDC à tendance clairement préfasciste, comme Ulrich Schlüer et Christoph Mörgeli.»
New Deal social. Si certains camarades socialistes mettent une sourdine à leur engagement européen, pas Jean-Claude Rennwald. Certes, il regrette que cette Union européenne (UE) soit devenue trop néolibérale à son goût, mais il continue à penser que la Suisse devrait y adhérer. Il rêve d’un «New Deal social» européen, fondé sur une croissance qualitative grâce à un plan d’investissements dans de grands travaux d’infrastructure et dans la promotion des nouvelles technologies vertes.
Socialistes hors du Conseil fédéral? Sur le plan national, Jean-Claude Rennwal d dénonce deux mythes, celui du parlement de milice et celui de la concordance mathématique au Conseil fédéral. Il prône une concordance programmatique et lance une dernière bombe. «Bien sûr, ma préférence va à un gouvernement sans l’UDC. Mais si cela n’est pas possible, alors le PS devrait quitter le Conseil fédéral», affirme-t-il.
Président du Parti socialiste suisse, Christian Levrat sourit, car ce débat n’est pas nouveau chez les camarades. «En politique, on se bat pour prendre de l’influence sur les dossiers. Ce n’est pas en quittant le gouvernement qu’on y parviendra.»
Dans l’immédiat, l’esprit frondeur de Jean-Claude Rennwald manquera sous la Coupole. Mais qui sait? Dans le Jura, tout le monde voit en sa cadette Line (28 ans) une future candidate au Conseil national.
* «Fils (unique) de la classe ouvrière». De Jean-Claude Rennwald. Editions Favre.
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