Ce que Bruxelles exige de la Suisse
Discorde. Entre l’Union européenne et la Suisse, la brouille est programmée. Le 6 juin, José Manuel Barroso a réclamé le «parallélisme des dossiers».
L’image est éloquente: lors de la réunion à la résidence du Lohn à Kehrsatz (BE), le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, faisait face à pas moins de cinq conseillers fédéraux: le président de la Confédération Pascal Couchepin, la cheffe des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, mais aussi Doris Leuthard, Hans-Rudolf Merz et Moritz Leuenberger. Le cliché illustre la puissance de l’UE, qui reste de loin le premier partenaire économique de la Suisse: 82% de nos importations viennent de l’UE, tandis que 62% de nos exportations partent pour l’UE. Au-delà des sourires de circonstance, José Manuel Barroso a laissé tomber une expression qui risque de faire mal à la Suisse à moyen terme, et que l’on s’est bien gardé de communiquer trop fort, tant elle recèle un potentiel de brouille: le «parallélisme des dossiers». Cette notion n’est pas nouvelle. Elle date des négociations bilatérales I et II, indiquant qu’il faut faire progresser tous les dossiers en parallèle et selon le principe d’un équilibre bien compris des intérêts des deux parties.
La Suisse pas d’accord. Jusqu’à présent, c’est plutôt la Suisse qui tenait à ce fameux «parallélisme» dans l’histoire de la voie bilatérale. La grande nouveauté: désormais, c’est Bruxelles qui s’en prévaut. «Nous avons pris note que la Commission réclame le parallélisme, mais nous ne nous sommes pas mis d’accord là-dessus», précise Adrian Sollberger, porte-parole du Bureau de l’intégration à Berne. Autant dire que la brouille est programmée, notamment sur le différend fiscal. L’UE estime que les privilèges fiscaux accordés par certains cantons aux holdings étrangères sont des «aides d’Etat» et attend de la Suisse qu’elle les supprime dans un délai d’environ quatre ans. Elle attend du ministre des Finances, Hans-Rudolf Merz, qu’il fasse des propositions de réforme d’ici au mois de septembre, soit dans trois mois seulement. Ce ne sont pas à proprement parler des «négociations bilatérales III» qui sont en train de s’ouvrir. A Berne comme à Bruxelles, on souligne que le lien entre les divers dossiers en suspens restera informel. La Suisse ne cesse d’ailleurs de répéter qu’elle refuse le terme de «négociations» sur le dossier fiscal, alors que l’Europe s’est provisoirement accommodée du «dialogue constructif» qui s’est instauré. Mais, désormais, c’est clair: si la Suisse ne bouge pas sur cette question, elle risque un enlisement de la voie bilatérale.
Tags: Bruxelles, Suisse, Union Européenne, l'UE, José Manuel Barroso, bilatérales,
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| Réaction de Repertinax le 12.06.2008 à 11:11 | | Je remets la compresse, tant je suis exaspéré par un... Je remets la compresse, tant je suis exaspéré par un article comme celui-ci, intitulé: "Ce que Bruxelles exige de la Suisse".
Bien entendu vous êtes sans doute un excellent journaliste et animé des meilleures intentions du monde. Vous suivez, en somme, le courant dominant dans le milieu que vous fréquentez de par vos activités professionnelles.
Donc je ne vous en veux pas. Mais avez vous conscience du fait que vous ulcérez un certain nombre de gens ? dont je me fais le porte parole ici, parce qu'aujourd'hui j'ai le temps de consacrer une demie heure à cela.
On est ulcéré à la lecture d'un tel article, à cause de ce ton faussement résigné. Vous constatez que Bruxelles élève des "exigences". Vous ne vous demandez pas si ces exigences sont recevables ou non pour la Suisse. On sent que, dès l'abord, vous êtes du côté de l'exigeante Bruxelles. Vous voyez se profiler à l'horizon une "brouille" et vous vous en réjouissez parce que vous escomptez, on le sent, que cette brouille ne pourra se terminer autrement que par la capitulation honteuse de la Suisse. On sent une certaine Schadenfreude, à la pensée que cette Suisse si frileuse, si xénophobe, si repliée sur soi, si attachée à des privilèges matériels injustes, comme ceux que protègent, par exemple, le secret bancaire, soit contrainte à la défaite par un boycott de Bruxelles, et de ses exigences.
Ne niez pas. On sent bien que c'est cela, au fond, le sentiment de tant de gens dans la classe journalistique, à la sensibilité toujours un peu de gauche et en tous cas pro européenne.
Ce sentiment pro européen à fleur de peau est aussi partagé par la classe politique, sauf les blochériens, bien entendu. Dans le cas des politicienms, en plus du conformisme idéologique, il y a aussi un attrait plus directement matériel: celui des sinécures nombreuses et agréables, bien payées, avec voitures de fonctions, secrétariat, notes de frais confortables, que permettrait l'adhésion de la Suisse à l'Europe, pour de besogneux politiciens n'ayant en Suisse que des possibilités de prébendes et de carrière, limitées. (Tout le monde ne peut pas devenir conseiller fédéral.)
Donc, il y a une complaisance scandaleuse envers l'Europe. C'est du à la faiblesse humaine et au fond à l'appât du gain. L'idéologie, dont la mission de la diffuser est dévolue aux intellectuels et aux journalistes, n'intervient que poour camoufler ces intérêts impérialistes et ces avantages matériels avec lesquels la grande puissance impérialiste entend acheter ses collabos et qu'elle leur fait donc miroiter.
Le pire c'est que ça marche.
L'une des raisons principales pour lesquelles la classe politique suisse, à l'applaudissement des médias, a été jusqu'à sceller une alliance contre nature avec l'extrême gauche pour exclure Blocher du conseil fédéral, est bien évidemment le désir de se débarrasser d'un empêcheur d'adhérer en rond.
Votre description est excellente quand vous décrivez ces cinq membres du collège gouvernemental suprême de notre pays, tout obséquieux devant ce Barroso qui n'est, finalement, qu'un laquais. Là on peut être sur que votre article est bien vu. Ces conseillers fédéraux manquent vraiment de dignité. On sent bien qu'ils rêveraient d'occuper des places comme celles de Barroso et d'être, eux aussi, quelqu'un à Bruxelles, pas seulemenmt à Berne. Pour cela ils seraient prêts à brader les intérêts de la Suisse, dont ils ont pourtant la garde.
On a vu le même phénomène dans le domaine militaire. Tant d'officiers de carrière ont consenti à trahir la neutralité armée et à prêter la main à l'entrée de facto de la Suisse dans l'OTAN, par désir enfantin de jouer dans le cour des grands (pensent-ils), d'être invités aux manoeuvres de l'OTAN, etc. C'est à la fois révoltant, honteux, et risible. Là aussi le pouvoir, qui est toujours rusé, a trouvé des ruses pour ménager la conscience de ces mauvais serviteurs. On leur a bourré le mou avec des notions comme la solidarité, le devoir d'ingérence, ou pl | |  |
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| Réaction de Pertinax le 12.06.2008 à 09:55 | Que signifie la phrase. "Si elle ne bouge pas sur... Que signifie la phrase. "Si elle ne bouge pas sur cette question a Suisse risque un enlisment de la voie bilatérale"?
Cette phraséologie est insupportable.
Evidemment on espère bien que la voie bilatérale va s'enliser, le plus vite et le plus profondéement possible.
Votre formulation est choquante et tendancieuse, car elle semble suggérer que ce serait le voeu et/ou l'intérêt de la Suisse que la voie bilatérale ne s'enlise pas, c'est à dire qu'elle soit un processus évolutif nous conduisant - c'est l'intention cachée que vos propos trahissent - à un rapprochement de plus en plus étroit avec l'UE.
Or, c'est précisément ce que la majorité du peuple suisse, qui a refusé l'EEE ne veut pas. Les bilatérales sont et doivent être comprises comme l'expression du refus de l'intégration dans l'Europe. Elles ne sont et ne doivent être qu'un modus vivendi, qui doit être le moins évolutif possible, permettant à la Suisse et à l'Europe de trouver leur avantage mutuel, tout en respectant la volonté de la Suisse de ne rien céder d'essentiel: ni son indépendance, ni son système fiscal, ni le secret bancaire, ni rien.
Votre formulation et le ton de votre article sont une invitation à céder d'avance sur tout. C'est insupportable, comme le ton général de l'Hebdo, d'ailleurs. Vous vous faitres le collaborateur moral d'une entreprise de domination hégémonique, visant l'asservissement de la Suisse.
Il ne faut pas se laisser impressioner par la puissance de l'UE. Elle est certes un monstre impérialiste dangereux, mais c'est un géant aux pieds d'argile. Regardez, aujourd'hui elle rsique encore de trembler sur ses bases à cause du vote irlandais. Même si les Irlandais votent OUI aujourd'hui, on sait que cette Europe est chancelante puisque elle est construite contre la volonté des peuples européens. La Suisse doit donc sauvegarder son indépendance, tous ses avantages et la flexibilité qu'elle retire de sa non qualité de membre de l'Empire antidémocratique qui l'entoure, attendre que cet Empire s'écroule. car il s'écroulera. Et alors on verra ce qu'on peut reconstruire, pour préserver au mieux l'intérêt suisse.
Les capacités de pression de l'Europe et des pantins à la Barroso sont limitées, face à la force de résistance que la Suisse peut lui opposer, ayant acquis une longue expérience de la résistance passive face à des grandes puissances impérialistes en sept siècles d'histoire.
Par exemple, il est impossible que les 27 se mettent d'accord pour imposer leurs vues à la Suisse en matière fiscale. Il y aura toujours une ou plusieurs nations pour s'y opposer, parce que c'est dans LEUR intérêt. En ce moment l'Italie de Berlusconi est un allié de poids. Mais même si Prodi était encore au gouvernement, il resterait l'Autriche, la Hongrie, le Luxembourg, l'Irlande. Il y aurait toujours quelqu'un pour empêcher que l'unanimité se fasse. Les campagnes médiatiques que font des politiciens français ou allemands pour se rendre intéressants sur le dos de la Suisse, ne sont que du baratin pour la galerie.
Vraiment il est regrettable que, surtout sur cette question européenne, la plupart des journalistes se fassent les agents d'influence, en toute candeur et probablement croyant bien faire, d'une enreprise de domination, en soi abjecte, et qui soulève le coeur de tout Suisse ayant tant soit peu le sens de la dignité de son pays.
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