Ouuuh la menteuse! L’affaire Dominique Strauss-Kahn se termine comme une comptine d’enfance, finalement. Tout ça pour ça: le procureur de New York, Cyrus Vance, laisse pour l’éternité Nafissatou Diallo se faire traiter de prostituée, par trouille de l’échec au tribunal. La justice américaine est un bonneteau truqué, puisque l’on ne va en cour que si l’on est sûr de gagner.
Ce sera l’une des leçons de cette histoire qui va encore traîner: réactions outrées des féministes, retour en France discret, mais tellement digne des DSK-Sinclair, fatigue des médias face à la plainte de Tristane Banon, feuilleton de la plainte civile, arrangement financier dans l’indifférence.
Puis, dans quelque temps, l’interview-vérité de DSK, style j’ai-tellement-souffert, où il ne dira pas un mot de la vérité. Celle-ci demeure dure à cerner depuis l’éclatement du scandale, le 14 mai au Sofitel de New York. Mais nous aurons cependant appris plein de choses durant ces semaines haletantes. En voici une liste, à la mauvaise foi non exhaustive.
Les femmes de ménage mentent, c’est bien connu. Sinon, elles ne seraient pas femmes de ménage, non? Elles feraient de la politique, là où l’on ne ment jamais.
On a le droit de violer probablement les femmes qui mentent. C’est l’esprit du rapport d’abandon des poursuites de Vance. Sur 25 pages, il admet texto que Madame Diallo a probablement été violée. Mais on s’en fout, s’empresse-t-il de préciser, puisqu’elle a menti sur tout un tas d’autres sujets qui n’avaient aucun rapport avec ledit viol. Message à DSK: s’il connaît d’autres femmes un brin malhonnêtes, il serait bien bête de se gêner.
DSK ne respecte même pas l’heure du check out. La femme de ménage est entrée dans sa suite à 12 h 06, elle est ressortie à 12 h 13. Scoop de L’Hebdo: une analyse fine nous permet d’affirmer que DSK est limite éjaculateur précoce.
La culture guinéenne peule est misogyne et sexiste. Qu’est-ce que c’est que ces types qui viennent nous dire avec des mines religieuses et contrites que Madame Diallo, si elle a bel et bien été violée, est tachée, et ne trouvera plus jamais de mari?
Vouloir de l’argent, quand on est pauvre, c’est très mal. Qu’est-ce que c’est que ces moralistes qui viennent nous dire qu’elle veut juste un maximum d’argent? Rappelez-vous que tout le monde ne peut tout de même pas épouser une fille à papa très riche.
A Paris, un DSK, c’est un Double Saucisse Kasher. On le trouve au restaurant Rotz Delicatessen de Neuilly, au prix de 14,99 euros. Saucisse, oignons, frites, salade de chou. Un des triomphes culinaires de l’été.
DSK aime le saumon, les pâtes aux truffes, les échecs sur iPad et la musique classique. Eh oui, ce fut là sa triste vie de prisonnier aux Etats-Unis.
Les tableaux de maîtres, ça paie plus que les hedge funds. On savait qu’Anne Sinclair avait du bien, on ne réalisait pas à quel point elle était total blindée. Et on comprend enfin la façon dont fonctionne un si formidable économiste de gauche à la DSK: tel le castor, il construit sa maison avec sa... enfin bon, vous avez compris.
On ne trouve décidément plus à se loger décemment à Manhattan. C’est donc dans l’urgence que Madame Sinclair avait loué pour son chéri un modeste 650 mètres carrés, 50 000 dollars par mois, à Tribeca, quartier chic. Il y avait même une chambre pour une femme de ménage. Trop top.
La prison rend sexy. Vous seriez effaré du nombre de femmes qui ont trouvé, syndrome freudien du bad old boy, DSK irrésistiblement érotique, avec air si las et barbe de deux jours, lors de son défilé menotté, ou de sa première comparution. Rikers Island, c’est un institut de beauté.
La présomption d’innocence n’est pas une posture philosophique. Elle est seulement un principe juridique. Mais que ça ne vous empêche pas de penser ce que vous voulez de cette histoire.
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