Après le cauchemar boursier, il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de ce gigantesque assèchement du crédit qui empoisonne l’économie. Les banques centrales tentent de sauver un système financier au bord de l’apoplexie, mais qui tient toujours. Le plan Paulson a surpris le monde entier: l’Etat est intervenu dans un pays qui, paradoxalement, a toujours prôné le libéralisme.
L’argent frais a afflué, permettant aux Etats-Unis de renouer avec un cercle vertueux: la Réserve fédérale peut pomper des fonds pour les injecter dans l’économie et les banques en perdition. Si l’argent peut recommencer à circuler, il sert aussi à financer des entreprises qui trouvent difficilement des fonds.
La Bourse faisant figure de repoussoir, les firmes peinent à l’utiliser, alors qu’il s’agit d’un instrument d’emprunt à bon compte.Mais tout est-il donc si noir? Non. La crise a aussi du bon. Le mouvement de panique a permis de réaliser, en quelques jours, ce qui aurait pris des mois, voire des années: augmenter massivement le montant de l’épargne désormais garantie Consommateur rassuré. L’épargnant étant rassuré, le consommateur qui sommeille en lui est réconforté. C’est vital: la consommation est le poste le plus important du PIB (produit intérieur brut), l’indicateur qui permet de décréter qu’un pays est en forme ou en récession.
Ce consommateur pourrait donc profiter de cette crise: une essence ou un prix du mazout orientés à la baisse, des taux hypothécaires qui restent bas et même, grâce à un franc renforcé face à l’euro, un week-end dans une capitale européenne.
La Bourse, elle, est à éviter. La blessure sera longue à cicatriser. Mais un scénario comme la dépression des années 30, qui avait jeté dans les rues des millions de chômeurs et s’était soldée par une montée de l’extrémisme politique, puis par le bain de sang de la Seconde Guerre mondiale, peut être évité. Comment? Grâce aux énergiques mesures prises ces jours, opine le magazine américain Time, dont la couverture montre des chômeurs de la grande dépression faisant la queue pour avaler un bol de soupe.
C’est aussi l’espoir formulé par Youssef Cassis, professeur d’histoire économique à l’Université de Genève. Pour l’auteur d’un livre qui s’arrache ces jours*, «la crise financière est différente de celle des années 30: les banques qui avaient fait faillite avaient disparu deux ans après le début de la crise».
Youssef Cassis ajoute que les gouvernements de l’époque avaient aggravé la crise en suivant une politique de taux d’intérêts très élevés. «Ensuite, tant le système financier que ses produits sont aujourd’hui infiniment plus complexes. Enfin, les chocs se répercutent désormais très vite d’un côté à l’autre de la planète, car l’économie est très mondialisée.»
Malgré ces secousses, l’historien suisse est «optimiste à moyen terme», à l’horizon de deux à trois ans. Pour l’heure, l’économie reste en état de choc. Tout semble gelé. Les scientifiques disent souvent qu’un battement d’aile de papillon au Pérou peut déclencher un raz-de-marée en Inde. Ce scénario s’est vérifié dans la finance, sauf que le joli insecte a été remplacé par des vautours déplumés (Lehman Brothers, Fortis, Wachovia…), rapidement dépecés par leurs cousins carnassiers.
Reste une question: ces semaines de folie vont-elles signer l’apparition d’une nouvelle ère dans le domaine des théories économiques ou ne feront-elles figure que de simple épiphénomène dans l’histoire du capitalisme? La réponse ne sera pas immédiate. La tornade a été trop brutale.
*Les capitales du capital, Histoire des places financières internationales 1780-2005. Ed. Champion Seuil.
1 Baisse des prix à la pompe
Essence. A la faveur d’un prix du pétrole en repli sur les marchés internationaux, l’essence à la pompe devrait coûter un peu moins cher.
«Si la baisse des prix du baril de pétrole se confirme, il n’est pas exclu que les compagnies la répercutent aux stations d’essence.» Philippe Cordonier, responsable des combustibles à l’Union pétrolière (UP), demeure prudent. Les compagnies pétrolières décident elles-mêmes des prix qu’elles pratiquent, se gardant bien de donner l’impression qu’il y aurait entre elles une quelconque entente cartellaire. Il n’empêche que, depuis le 23 septembre 2008, sur les marchés internationaux, le prix de l’essence en sortie de raffinerie enregistre une baisse continue.
De 1200 dollars la tonne le 11 juillet 2008, dernière pointe en date sur le marché libre de Rotterdam, il a chuté à 800 dollars en ce début du mois d’octobre. Dès lors, les prix moyens de l’essence (de 1 fr. 85 à 1 fr. 90) et du diesel (de 2 fr. 05 à 2 fr. 10) devraient logiquement perdre quelques centimes.
Délai. Les compagnies n’adaptent pas immédiatement leurs prix à la pompe. Elles attendent que ces derniers, qui font l’objet d’une évolution permanente plusieurs fois par jour, se soient stabilisés quelque temps. Ce délai alimente régulièrement la polémique en Europe.
Des voix critiques reprochent en effet aux compagnies de tarder avant de réviser leurs prix à la baisse, empochant ainsi de juteux bénéfices. Un bémol de taille: comme le prix des carburants varie non seulement en fonction des cours du brut mais aussi du dollar, une ascension sensible du billet vert ne plaiderait pas en faveur d’une essence meilleur marché. • PLB
2 Remplissons nos citernes!
Mazout. Mieux vaut ne pas attendre la panne sèche avant de remplir nos cuves. D’autant plus que le prix du mazout a bien baissé.
Contrairement à l’essence, le mazout peut se stocker en abondance à la maison. Il ne s’achète donc pas au jour le jour, mais une à deux fois par année, selon les besoins du consommateur. Lequel joue, lui aussi, le rôle de spéculateur. Depuis cinq ans, les prix du mazout ont fortement augmenté. A tel point que le taux de remplissage des citernes, en Suisse, a atteint un très bas niveau. Refroidis par des factures trop salées, les ménages ont davantage consommé qu’ils n’ont acheté de fuel A l’approche de l’hiver, ils ont donc tout intérêt à remplir leurs citernes pour éviter la panne sèche. Les délais de livraison peuvent désormais prendre plusieurs semaines.
Bonnes affaires. Acheter tout de suite pour éviter de se geler, certes. Mais à quel prix? Ceux qui ont rempli leur cuve à mazout en juillet 2008 ont payé 130 francs les 100 litres. S’ils l’avaient fait aujourd’hui, ils n’auraient déboursé que 105 francs pour la même quantité, réalisant ainsi un gain de 25 francs. Il semble dès lors judicieux de ne pas attendre trop longtemps avant de passer commande auprès de son livreur préféré. Et cela d’autant plus que la disponibilité de ce dernier va être de plus en plus réduite.
Le consommateur, qui dispose encore de réserves suffisantes et a un certain goût du risque, peut aussi escompter une prochaine et hypothétique baisse des prix au début de l’année prochaine. Comme personne n’est en mesure de prédire quoi que ce soit quant à l’évolution des prix du pétrole, le pari reste audacieux. • PLB
3 Stabilisation du gaz en vue?
Gaz. Une stabilisation du prix du baril de pétrole à 90 dollars mettrait un terme à la hausse du prix du gaz naturel. Au moins provisoirement.
Dès le 1er novembre prochain, les Lausannois vont devoir payer leur gaz naturel plus cher: 1,1 centime de plus par kWh pour le chauffage. Ailleurs en Suisse, comme en Europe, les factures de gaz prennent l’ascenseur. Pourtant, cette hausse pourrait être momentanément stoppée. «Si le prix du baril de pétrole se maintient à 90 dollars ou diminue, celui du gaz pourrait se stabiliser, voire décliner», constate René Bautz. Et le directeur général de Gaznat, société de distribution de gaz naturel en Suisse romande établie à Vevey, de préciser: «Ce ne serait pas avant l’été prochain.»
Il y a en effet un décalage de six mois entre les variations des prix du pétrole et ceux du gaz. «Le prix du pétrole devrait descendre de manière durable», souligne de son côté Olivier Matile, de l’Association suisse de l’industrie gazière.
Indexation. Dans l’impossibilité de faire des réserves, les consommateurs de gaz naturel pour leur chauffage devront donc faire preuve de patience. Et attendre que l’évolution des prix du pétrole, eux-mêmes soumis à l’humeur des marchés, influence favorablement ceux du gaz. L’adaptation des prix du gaz naturel a généralement lieu chaque trimestre ou chaque semestre, en vertu de clauses de droit privé qui sont tenues secrètes, tout comme les contrats de livraison.
Cette indexation a au moins un avantage, note l’Office fédéral de l’énergie dans un document. Elle met en principe les consommateurs de gaz à l’abri d’augmentations arbitraires par les pays producteurs.
• PLB
4 le panier de la ménagère
Alimentation. Blé, sucre, soja... La crise financière accélère la chute des prix des produits agricoles. Quand va-t-on le ressentir à la caisse?
Depuis mars dernier, la valeur du blé a été divisée par deux sur les marchés mondiaux, un mouvement qui s’est accéléré avec la crise boursière. Pour autant, la baguette de pain coûte toujours aussi cher... La baisse des cours va-t-elle enfin se répercuter dans les rayons des grandes surfaces?
«Vraisemblablement oui, explique Karl Weisskopf, porte-parole de Coop. Mais cela prendra du temps et ne concernera pas tous les produits. Nous faisons ce que nous pouvons, mais nous sommes les derniers de la filière...» Un avis qui contraste avec celui de Jacques Bourgeois, conseiller national et directeur de l’Union suisse des paysans. «Les distributeurs et les transformateurs empêcheront les prix de baisser», affirme-t-il. «Les grandes marques comme Nestlé viennent juste d’augmenter leurs tarifs, elles ne sont pas prêtes à les rabaisser», confirme Fabrizio Quirighetti, responsable de la recherche économique à la Banque Syz. Alors, qui est le coupable? Agriculteurs, fabricants, grands magasins? La réalité économique est bien plus complexe.
Rigidité à la baisse. Les prix des matières comme le soja, le maïs ou l’orge baissent beaucoup moins brutalement que les autres. La raison? Les investisseurs ne se retirent pas longtemps du marché agroalimentaire: ils savent qu’il y aura toujours des débouchés. Pour Valérie Lemaigre, stratégiste chez LODH, la diminution du prix des pâtes, du blé et du riz n’aura pas lieu avant la fin de l’année, et elle sera discrète. • MM
5 Baisse du prix des maisons
Immobilier. La demande de chalets est en nette diminution auprès des traders londoniens. Leur valeur est en baisse.
«Chalets de luxe dès 799000 livres», les annonces s’étalent dans le Sunday Times. Jusqu’ici, ce marché était pourtant ultrasaturé. «Nous enregistrons 50% de requêtes d’achat en moins qu’en 2007», indique William Herrington, qui représente l’agence immobilière britannique Savills en Suisse. Sont concernés: les objets entre 250000 et 2 millions de francs. «Nous nous attendons à une baisse des prix, là où ils ont explosé ces dernières années, sous l’influence des traders britanniques venus dépenser leurs bonus», explique Francis Godel, président de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier.
Croissance maîtrisée. Une bonne nouvelle pour les Valaisans, mais aussi les Genevois ou Vaudois, qui ont dû s’exiler dans la vallée lorsque les prix ont atteint des sommets en station. Les récits de personnes contraintes de revendre leur coûteux chalet ou incapables d’honorer leur achat, une fois l’acompte versé, commencent aussi à circuler. «J’ai eu trois ou quatre appels allant dans ce sens en dix jours», reconnaît Daniel Guinnard, patron de l’agence éponyme à Verbier. Celle-ci a calculé que le prix des reventes au m2 a passé de 16639 francs en juin à 14735 en septembre dans la station.
Reste que le marché de l’immobilier ne va pas s’effondrer: «Le nombre des ventes accuse un léger ralentissement, mais leur valeur continue de croître», dit Jean-Michel Cina, chef du Département valaisan de l’économie. S’il affirme ne «pas pouvoir [se] réjouir, en soi, d’une stagnation», il plaide pour une «croissance maîtrisée». Un objectif que la crise pourrait contribuer à réaliser, rendant caduc le débat sur la Lex Koller… • JZ
6 taux variable vainqueur
Accès à la propriété. Les hypothèques pourraient baisser. Une chance à saisir, en risquant le taux variable.
Se raccrocher à la pierre quand la finance s’effondre? Aux épargnants, la crise actuelle présente l’occasion à saisir pour devenir propriétaires. Actuellement, le taux de référence édicté par le Département fédéral de l’économie est de 3,5%. Mais David Lienhard, à la tête de l’entreprise de conseil et de gestion HypoImmo, s’attend à ce que les banques centrales lâchent du lest et le fassent baisser. Il conseille donc d’attendre encore avant d’acheter.
«En tout cas, ce n’est pas le bon moment pour faire des taux fixes! prévient-il. Il n’y a que les gens qui ne peuvent se permettre que le taux passe soudain à 5% –ce qui me paraît improbable– qui ont meilleur temps de le fixer à 4%.» Le taux hypothécaire n’est pas le seul à entrer en ligne de compte. Pour Paul Coudret, porte-parole adjoint de la BCV, c’est surtout le rapport qualité-prix des maisons qui entrave les petits acheteurs. Une disproportion entre la valeur réelle de la maison et son prix, qui ne se rétablira pas tant que la demande restera aussi forte.
La fin de l’effet LPP. Pour David Lienhard, les prix devraient baisser là où ils étaient «artificiellement montés»: sur l’arc lémanique, avec l’augmentation des ventes. Mais pas seulement. «Depuis un an, nous assistons à la fin de l’effet LPP: dans les années 90, tout le monde a pris sa caisse de retraite pour acheter une maison. Cela a amené trop d’argent sur le marché immobilier. Le ralentissement de ce phénomène peut contribuer à faire globalement baisser les prix.» • TR
7 flambée des loyers calmée Logement. Après avoir atteint des records, les loyers devraient se stabiliser. Mais inutile d’attendre une baisse, car la demande reste forte.
Des traders ruinés qui remettent leur sublime appartement genevois pour rentrer au pays, lâchant d’un coup une multitude de logements sur un marché de l’immobilier asphyxié? Ce scénario fait fondre d’envie les locataires romands, confrontés aux constantes hausses de loyers et à une pénurie croissante sur l’arc lémanique.
Seuil de cherté. Cette «joyeuse» perspective ne convainc pas Carlo Sommaruga, secrétaire général de l’Asloca romande et conseiller national socialiste. «La conséquence première de la crise sera d’abord de toucher l’économie réelle et de menacer des emplois: plutôt que vider les appartements, elle placera les locataires dans l’incapacité de payer leur loyer.»
Pourtant, la stabilisation n’est pas illusoire, comme l’explique Sébastien Theisen, directeur adjoint de l’Asloca intersections. «En juillet-août de cette année, sur l’arc lémanique, les loyers ont atteint le sommet de la vague. On l’observait depuis un moment, ce n’est pas seulement suite à la crise. Aujourd’hui, les appartements dits «chers» sont déjà plus difficiles à replacer. Et le seuil de cherté descend graduellement.»
Mais Sébastien Theisen ne s’attend pas à ce que le rapport entre l’offre et la demande se modifie en profondeur. Pour lui, les logements pourraient continuer à renchérir et à trouver preneur. «D’autant plus que la crise va toucher le financement de promotions immobilières et retarder la construction de nouveaux logements!» s’inquiète Carlo Sommaruga. •TR
8 l’inflation est jugulée
Prix. Les craintes par rapport au renchérissement s’estompent, ouvrant la porte à une baisse des taux. Ce serait une bonne nouvelle pour l’économie.
Si les prix du pétrole poursuivent leur tendance à la baisse, l’inflation pourrait également s’atténuer. Le Seco (Secrétariat à l’économie) en tête, des spécialistes prédisent que le renchérissement passera en 2009 sous la barre fatidique des 2%. Ce palier est important: au-dessus de ce chiffre, la BNS (Banque nationale suisse) rechigne à baisser les taux de référence, considérant alors qu’elle ne remplit pas une de ses missions premières, celle d’assurer la stabilité des prix. Mais si l’inflation passe sous les 2%, alors la Banque nationale a les mains libres.
Baisse en Australie. Le signal d’une baisse des taux plus généralisée est peut-être venu de l’autre côté de la planète. L’Australie vient d’opérer dans ce sens, craignant une propagation importante de la crise financière. La BCE (Banque centrale européenne) hésite encore mais Lorenzo Smaghi, membre de son directoire, a déclaré mardi que «les tensions inflationnistes sont moins importantes que par le passé». Des analystes, comme Michel Juvet, stratégiste auprès de la banque Bordier & Cie, s’attendent désormais à des baisses. Ce jeudi, c’était la Banque d’Angleterre, pays frontalement frappé par la crise, qui se prononçait.
Un risque demeure: les centaines de milliards de francs injectés dans l’économie pourraient, comme il y a 20 ans, provoquer dans quelques mois une dangereuse surchauffe mâtinée d’inflation. Mais, pour l’heure, il s’agit surtout d’éviter une récession majeure… • RR
9 l’épargne sera protégée Économies. Après les Etats-Unis, les pays de l’Union européenne ont relevé le montant garanti pour chaque épargnant. En Suisse, ce n’est pas encore le cas
Le remède de choc imposé par les Etats-Unis et l’Europe a de quoi rassurer les épargnants. La semaine dernière, les Etats-Unis ont donné le ton, approuvant une spectaculaire hausse –de 100000 à 250000 dollars– de la garantie octroyée à chaque épargnant.
L’Allemagne va garantir de manière illimitée l’épargne de ses citoyens. Et l’Union européenne a décidé de relever la garantie par épargnant de 20000 à 50000 euros (environ 77000 francs). Et en Suisse? Pour l’heure, seuls 30000 francs sont garantis, sauf chez la plupart des banques cantonales qui bénéficient de la garantie de leur canton de tutelle.
Afflux vers la Banque Migros. Les banques régionales voient affluer des liquidités, leurs clients fuyant la Bourse comme la peste. Patron de la Banque cantonale de Berne, Jean-Claude Nobili annonce un important mouvement de fonds en direction de sa banque et «quatre milliards de francs de liquidités». «Le mouvement est très marqué, aussi bien dans les ouvertures de comptes que la gestion de fortune», confirme Christian Jacot-Descombes, porte-parole de la BCV.
Un phénomène également enregistré au sein de la Banque Migros. «Au cours des neuf derniers mois, de janvier à septembre 2008, nous avons enregistré 46000nouvelles ouvertures de comptes, soit 37% de plus comparé à la même période de 2007», souligne son porte-parole, Albert Steck. Le bon vieux compte d’épargne reprend des couleurs. •RR
10 les vacances moins chères Franc. L’investisseur se détourne de l’euro. Ce mouvement bénéficie au franc. Du coup, un week-end dans une ville européenne devient très abordable.
Du jamais vu: en quelques jours à peine, le cours des monnaies s’est affolé. Le dollar, donné pour moribond face à l’euro il y a quelques mois à peine, a repris des couleurs. Et le franc s’est aussi apprécié de manière importante par rapport à la monnaie européenne: mardi, un euro ne valait plus que 1,55franc, alors qu’il s’échangeait à 1,63franc en août!
Maastricht out. Pourquoi l’euro décroche-t-il? Parce que les investisseurs s’en détournent. Pour tenir leurs engagements (sauver les banques, garantir l’épargne), les pays européens risquent fort de ne pas avoir d’autre choix que celui d’augmenter massivement leurs dettes, laissant de côté les vertueux principes de Maastricht. L’Irlande, longtemps bon élève, veut mettre à l’as ces principes.
«Tous les critères qui faisaient la solidité de l’euro volent en éclats», observe Michel Juvet, stratégiste auprès de la banque Bordier & Cie. «Et, ajoute-t-il, la Banque centrale européenne va baisser ses taux plus fortement que la Réserve fédérale américaine, diminuant ainsi relativement plus fortement la rémunération en euros.» Alors qu’ils étaient de plus en plus tentés de lâcher le billet vert au profit de la devise européenne, les grands investisseurs –Asiatiques en tête– pourraient continuer de miser sur le dollar, voire sur le franc, ce qui leur donne des couleurs. L’industrie suisse d’exportation, en revanche, risque de faire grise mine! Pour les Suisses, un franc fort signifie en revanche un pouvoir d’achat accru pour passer ses vacances dans la zone euro, soudainement moins chère. • RR
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