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Ces hypercars dorées sur tranche

Mis en ligne le 25.03.2004 à 00:00

Luxe Premier prix: 340 000 francs. Les voitures de très haut de gamme ne connaissent pas de limites pour exprimer la soif d'image de leurs propriétaires. Henry Plouïd y a fait vroum vroum!

L'Hebdo; 2004-03-25

Ces hypercars dorées sur tranche Luxe Premier prix: 340 000 francs. Les voitures de très haut de gamme ne connaissent pas de limites pour exprimer la soif d'image de leurs propriétaires.

Luxe Premier prix: 340 000 francs. Les voitures de très haut de gamme ne connaissent pas de limites pour exprimer la soif d'image de leurs propriétaires.Henry Plouïdy a fait vroum vroum!

Les voitures au superlatif sont plus chères qu'un pied-à-terre niçois, un peu moins qu'un modeste yacht et coûtent autant qu'un petit avion biplace. Aucune n'atteint l'utilité de l'un de ces trois objets, et l'on peut imaginer qu'elles ne s'acquittent pas mieux de leur tâche qu'un break Volvo. Et pourtant, cette niche de tous les excès, qui débute à 340 000 francs avec la classique Bentley Arnage et culmine à 1,5 million avec la future Bugatti Veyron, est en pleine expansion.

Ces porte-drapeaux technologiques, dont certains ressemblent à une énorme brique posée sur quatre roues de camion comme la Rolls- Royce Phantom - 300 véhicules livrés en 2003 - expriment à quel point les nouveaux riches ont fait leur la devise d'André Agassi, «Image is everything». Elles transpirent le luxe par tous les pores, comme ceux du cuir le plus fin qui capitonne invariablement leur habitacle. Selon Georges Keller, responsable pour Volkswagen des marques exclusives du groupe (Bentley, Bugatti et Lamborghini), le marché mondial peut en absorber de 2000 à 4000 chaque année. «Et encore, cela me semble, avec mes vingt-cinq années d'expérience, sans doute beaucoup.» Il s'en construit donc très peu, et Bentley à lui seul n'en a fabriqué que 1500 environ en 2003. Cependant, le potentiel est important puisque 60 000 à 70 000 individus ont les moyens de s'offrir pareille folie de par le monde. La question reste de savoir si l'automobile les intéresse, et s'ils ne préfèrent pas investir leur argent dans la pierre, ou dans l'art.

Une hypercar est avant tout une débauche de puissance. La plus belle, la Mercedes-Benz McLaren SLR, est entièrement construite autour de son moteur, un V8 compressé de 5.5 l de cylindrée délivrant 626 CV. C'est une bête de course inutilisable ailleurs qu'en Allemagne, sur autoroute et en pleine nuit, ou sur un circuit... Avec sa structure presque exclusivement en carbone, elle est, dit Mercedes-Benz, aussi prévoyante envers ses deux occupants en cas de choc que rapide: 334 km/h en vitesse de pointe. Plus raisonnable, l'Aston Martin Vanquish, avec son V12 et des boiseries intérieures en bambou, ne coûte «que» 350 000 francs et bénéficie de tout le bon goût qu'on prête aux voitures de la perfide Albion. Le magazine pour hommes d'affaires de British Airways avait d'ailleurs écrit, à propos de cette marque, que sa qualité de construction et ses prestations routières étaient telles qu'elles justifiaient qu'on s'intéressât à elle plutôt qu'à une vulgaire Ford Escort. Car sur la durée, écrivait le journaliste, l'automobiliste y gagnerait presque au change.

La Ferrari Enzo, 970 000 francs, et la Bugatti Veyron, sont toutes les deux construites comme une F1. La comparaison avec une Ford Escort s'avère plus difficile. Toutes les hypercars se caractérisent par une fabrication à la main ou en toute petite série, où l'on attend des petites mains qu'elles fassent des miracles. La somme colossale de leur prix de vente se trouve engloutie, d'abord, dans leur technique. Concevoir un véhicule à la fois très performant et sûr coûte cher. Ensuite, aucun compromis n'est fait dans l'aménagement. Le volant chauffant est une banalité comme la climatisation qui régule la température ambiante sans qu'un filet d'air puisse être ressenti. Le cuir provient parfois de vaches qui n'ont jamais vu un fil de fer barbelé, risque de coupures de leur belle peau. Si l'aluminium façonné à la main n'est pas assez ostentatoire, il y a toujours la possibilité de plaquer les parties métalliques en or, d'orner les cadrans d'instruments de bord de nacre ou d'enluminer la montre d'un rubis et de quelques brillants. La limite supérieure n'existe pas, et est d'autant plus difficile à atteindre que tous ces véhicules peuvent être construits blindés, devenant les coffres-forts qu'ils paraissent parfois.

Enfin, pour son prototype 100EX, Rolls-Royce a habillé tout l'arrière du cabriolet de teck poli et verni à l'ancienne, comme pour un yacht. Et plaqué d'or le bar, comme les gobelets et la télécommande de l'installation de divertissement.

Leurs acquéreurs possédant déjà tout, il devient essentiel d'en rajouter. Dans les salons de l'auto, la classe moyenne, elle, peut toujours continuer à rêver qu'un jour sa Ford Escort se transformera en...

Non, le carrosse, ça ne tient pas la route. |

Prestige Bugatti (en haut), Aston Martin (à g.) ou Ferrari: la frime coûte de 350 000 à 1,5 million de francs.

Hypercars en chiffres

Bugatti Veyron, W16 8 l, 64 soupapes, 1001 cv, dès 1,5 million de francs.

Aston Martin Vanquish, V12 6 l, 48 soupapes, 460 cv, dès 350 000 francs.

Ferrari Enzo, V12 6 l, 650 cv, dès 1 million de francs.




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