Le Trésor américain a décidé le 16 mai de ne pas verser aux caisses de retraites des fonctionnaires la totalité des sommes dues. Le plafond pharaonique de 14 294 milliards de dollars d’endettement public – autorisé par le Congrès – étant atteint.
REPROFILAGE EST MOINS ANXIOGÈNE QUE CESSATION DE PAIEMENT.
En attendant que parlementaires républicains et démocrates trouvent un compromis pour desserrer cette contrainte, l’Etat fédéral est en cessation de paiement.
Une insolvabilité qui, aux Etats-Unis, a déjà frappé nombre d’Etats et de Municipalités: une ville a même carrément suspendu le versement des retraites de ses ex-fonctionnaires… Ultime sauve-qui-peut après la réduction du nombre d’employés municipaux et la baisse de leurs salaires qui n’avaient pas évité l’assèchement de la cagnotte publique.
De l’autre côté de l’Atlantique, en Grèce et en Irlande, les salaires des fonctionnaires ont été rabotés il y a des mois pour tenter d’alléger le poids de la dette. Les efforts de rigueur helléniques sont toutefois de peu d’effet sur la santé des finances publiques.
Au contraire: la dette ne cesse de gonfler car la récession lamine les recettes fiscales. Un cercle vicieux dont le pays – faute de pouvoir dévaluer sa monnaie ou bénéficier de taux d’intérêt au plancher – aura du mal à sortir. Les agences de notation et les investisseurs parient d’ailleurs qu’il n’en sortira pas sans un aménagement de sa dette.
Reste à trouver une solution efficace sans provoquer, par effet domino, un mouvement de panique sur les obligations souveraines irlandaises, portugaises, voire espagnoles, sur les CDS couvrant lesdites dettes, sur les obligations des banques fortement exposées aux dettes d’Etats européens et, par contagion, sur les actions bancaires, les marchés boursiers dans leur ensemble et… l
es Bons du Trésor américains. Jean-Claude Junker, le président de l’Eurogroupe, a avancé le joli terme de «reprofilage» à propos de la dette grecque. C’est nettement moins anxiogène que «cessation de paiement».
Il devrait souffler l’idée à Timothy Geithner: le «reprofilage» de plus de 14 000 milliards de dollars en deviendrait presque une douce histoire. On a déjà le mot, encore un petit effort pour lui trouver un contenu.
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