Croissance de l'arc lémanique
Ceux qui disent stop!

Par Linda Bourget, Cyril Jost - Mis en ligne le 06.04.2011 à 15:15

Face à la saturation de l’arc lémanique liée à son boom économique, des politiciens de tous bords demandent une trêve. Ou comment la décroissance s’impose en Romandie.

Lausanne CFF, gare du M2, 7 h 50. Les rames qui s’enchaînent ne suffisent pas à absorber le flot de pendulaires que les trains déversent chaque matin dans le chef-lieu vaudois.

La journée, Lausanne se gonfle ainsi de dizaines de milliers de personnes, conséquence de son attractivité pour les travailleurs et les jeunes en formation, qui ne résident pas dans la cité. Sur les seuls rails du périmètre Lausanne-Genève circulent au quotidien 50 000 passagers. Deux fois plus qu’il y a dix ans, deux fois moins qu’en 2030.

Un signe, parmi tant d’autres, de la croissance folle qui tend l’arc lémanique. A côté de la flambée de l’immobilier ou des kilomètres de bouchons sur l’autoroute. Au point que certains se lèvent aujourd’hui pour dire stop. Assez de développement économique, d’implantations d’entreprises, de concentration des richesses ainsi créées: place à la décroissance.

Un discours que les élites politiques s’approprient petit à petit, totalement ou partiellement, à mesure que les problèmes d’infrastructures et de logement étranglent les citoyens de la région.

Manque de ressources. «L’arc lémanique est représentatif de ce qui se passe à l’échelle de la planète», résume Isabelle Chevalley, présidente d’Ecologie libérale et députée au Grand Conseil vaudois. «Il s’agit d’un espace limité dans sa géographie et ses ressources. Aujourd’hui il est presque plein et on ne peut pas repousser le lac ou le Jura.»

Il convient dès lors de s’interroger sur son modèle de développement, conduit notamment par la recherche active d’implantation d’entreprises étrangères (promotion économique dite exogène). «Je peine à saisir la pertinence d’implantations comme celle, récente, du siège du fabricant de quads Polaris à Rolle», s’agace Isabelle Chevalley.

Gros mot. De gauche à droite de l’échiquier politique, plus personne ne peut se permettre d’ignorer les effets négatifs de la croissance sur l’arc lémanique et même au-delà.

Ainsi l’initiative populaire dite «pour le paysage» demande-t-elle le gel des zones constructibles pendant vingt ans au niveau national; un texte soumis en ce moment même au Parlement. Mais, malgré un contexte plus favorable que d’ordinaire, peu d’élus osent aller jusqu’à prôner la décroissance.

Pensez donc: «Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes», écrit le professeur d’économie Serge Latouche, pape de la décroissance, dans Le Monde Diplomatique. Une définition qui traduit un concept électoralement peu porteur.

«Les politiciens sont généralement conscients de l’impératif de sortir de notre modèle de développement. Mais personne n’ose parler de décroissance car cela fait trop peur», juge Yvan Luccarini.

Candidat aux dernières élections municipales de Vevey, l’indépendant a pourtant axé l’entier de sa campagne sur cette notion – dans une acceptation moins radicale que celle de Latouche. Un positionnement qui lui a valu de créer une demi-surprise, puisque l’outsider s’est invité au 2e tour du scrutin – dont il est sorti perdant avec 731 voix.

Miser sur le local. C’est que les conséquences du développement soutenu de la région sont sensibles à Vevey, où les prix de l’immobilier se sont aussi envolés. Ce à quoi s’ajoute l’effet Fukushima, l’accident nucléaire japonais qui «fait réfléchir les gens», note Yvan Luccarini.

Une réflexion bienvenue pour celui qui ambitionne une révision des besoins fondamentaux de chacun. Pour y parvenir, il préconise le développement de l’économie locale, d’une agriculture de proximité, une réduction du trafic routier. Un programme qui rejoint en bien des points les préoccupations des Verts et des socialistes.

A gauche, justement, le Parti socialiste genevois listait en début d’année une série de «pistes pour sortir Genève de la crise de croissance». Un papier dans lequel le parti s’engage pour un développement ciblé sur les emplois de proximité (santé, soins), les PME, les technologies propres. Et qui fustige à son tour la promotion économique exogène du bout du lac.

A côté, le Vaudois Roger Nordmann leur fait écho. «Il faut arrêter d’attirer des sièges de sociétés multinationales, cela surstresse toute la région, accuse le conseiller national socialiste.

Le problème, ce sont ces cubes de verre que vous voyez le long de l’autoroute entre Lausanne et Genève. Quand on importe des entreprises entières, qui ne viennent que pour des raisons fiscales et emploient 80% de personnel étranger, cela pose un vrai problème.»

Les étrangers visés. Ainsi, même des socialistes finissent-ils par remettre en cause la venue de certains étrangers. «La libre circulation combinée au régime fiscal actuel, c’est un cocktail explosif», ose Roger Nordmann.

Parce que les expatriés amenés par les multinationales ont un important pouvoir d’achat qui pousse les prix – logement en tête – vers des sommets. Et ce, même s’ils sont relativement peu nombreux. Selon le Conseil d’Etat vaudois, seuls 13% des postes créés ces dernières années dans le canton sont le fruit de l’implantation de multinationales – et tous ne sont pas occupés par des étrangers.

Mais qu’importe les chiffres: le réflexe protectionniste traverse la plupart des fronts politiques. Sans surprise, l’UDC pointe aussi du doigt les immigrés. Ouvertement acquise à la décroissance, la députée au Grand Conseil genevois Christina Meissner vise ainsi les expats:

«Dans la région, le flux migratoire nous met sous pression et nous devons le limiter. Partout, même à Vernier (son lieu de résidence, ndlr), les nouveaux voisins parlent en anglais.» Amenés dans la région par des multinationales, ils sont prêts «à payer des prix fous pour se loger, explique la démocrate du centre. Du coup, les locaux se trouvent pratiquement expropriés. Ce n’est pas acceptable.»

Explosion démographique. D’après les derniers scénarios de l’Office fédéral de la statistique, la population vaudoise devrait grimper de 23,8% d’ici à 2035, celle du canton de Genève de 18,2%, une croissance essentiellement nourrie par l’immigration.

«Il faut ralentir, on ne peut plus continuer comme cela! poursuit Christina Meissner. Nous n’avons qu’une seule planète et à l’échelle de la région, nos ressources sont aussi limitées.» Son parti est loin d’avoir un discours aussi tranché. Mais il s’est, à sa manière, emparé de la thématique en souhaitant refréner l’immigration, jugée responsable du phénomène.

D’autres empoignent le problème par un autre bout. Ainsi Philippe Roch, ex-patron de l’Office fédéral de l’environnement et grand critique de la croissance pour la croissance, mise-t-il avant tout sur une meilleure gestion des ressources territoriales.

«Dans la région, l’aménagement devrait être beaucoup plus strict. Nous ne devons pas déclasser sans cesse nos terrains pour bâtir davantage, explique le démocrate-chrétien. Ce que les gens peinent à comprendre, c’est que nous sommes techniquement en décroissance depuis cinquante ans. Parce que notre capital naturel ne cesse de s’amoindrir, ce que nous ne pouvons plus ignorer dans l’évaluation de notre développement économique.»

Conséquences inconnues. Mettre sur pause. Arrêter la machine un instant ou, du moins, la faire aller moins vite. Gilbert Rist, professeur à l’IHEID de Genève et auteur de L’économie ordinaire entre songes et mensonges, en rêve aussi depuis longtemps.

«La décroissance n’est pas un slogan, elle est une nécessité. Parce que nous avons déjà épuisé notre quota de ressources, ici comme ailleurs. Le problème de l’arc lémanique, c’est qu’il s’est construit sur une logique de croissance unidirectionnelle.» L’urgence pointe ainsi dans le discours du professeur comme dans celui des politiciens qui disent stop.

A l’image d’Anne-Catherine Menétrey, conseillère nationale jusqu’en 2007. «On est éduqué dans l’idée que croître est une bonne chose. Or ce n’est pas forcément le cas», expose la Verte vaudoise.

Tout l’art, pour celui qui s’en rend compte, est alors de poser la limite à ce développement. Aujourd’hui, nous sommes à la limite du tenable sur les rives du lac, constate la citoyenne de Saint-Saphorin. L’heure est donc venue de décroître.

Reste une inconnue, admet la politicienne: l’impact d’une décroissance sur l’emploi. Ce qui n’influence en rien sa position: «De toute façon, nous n’aurons bientôt plus le choix. Nous devons donc imaginer une économie de frugalité.

Dans ce domaine, je crois beaucoup à l’expérimentation, notamment à l’échelle locale», avance celle qui milite pour une trêve depuis trente ans. Une incertitude lourde, qui porte en elle la très large opposition que connaissent les décroissants.


 

Le boom économique et démographique en chiffres

1,4 million

La population de Genève et Vaud réunis en 2035, selon l’Office fédéral de la statistique. Soit une hausse de 21,6% pour la région. Le seul canton de Vaud flirterait avec le million d’habitants.

76177

Le nombre de personnes employées par des multinationales à Genève en 2008 (dernier résultat disponible). Soit une hausse de 34% par rapport à 2001. Le tiers des employés du privé travaillent dans ces sociétés.

+2,2%

L’augmentation que devrait connaître le PIB romand en 2011 (117 milliards de francs en 2009), selon l’institut Créa. A Genève, le PIB par habitant atteint 85 000 francs, dans le canton de Vaud, 53 000 francs.


 Jacques-André Haury, président des Verts libéraux vaudois

"La croissance démographique est une menace"

Qu’un député d’obédience libérale prône un ralentissement de la croissance économique, cela a d’abord paru très étonnant dans le landerneau politique vaudois. «Plusieurs amis de droite m’ont confié qu’ils n’osaient pas dire ouvertement que la croissance était quelque chose de fragile.»

Jacques-André Haury a brisé ce tabou et, constate-t-il, les mentalités évoluent. «Notamment au Rotary Club, où je fréquente des gens qui sont aux affaires, on sent bien que le climat est en train de changer.»

Pour le médecin lausannois, il faut commencer par «admettre que cette croissance démographique est plus une menace qu’une promesse». Quand le Conseil d’Etat a annoncé, fin mars, ses mesures pour accompagner la croissance, son sang n’a fait qu’un tour.

«Tout est présenté comme une fatalité. On construit déjà massivement et l’Etat veut encore renforcer ce phénomène, ce qui risque de préparer une récession brusque dans le domaine de la construction. Cela arrange bien le gouvernement, car on stimule l’économie à court terme, mais c’est surtout une fuite en avant.»

La première chose à faire, selon Jacques-André Haury, serait d’abolir la promotion économique exogène (qui attire des entreprises de l’extérieur, ndlr). «On ferait mieux de diriger ces sociétés vers des endroits moins développés de la Suisse.»

Et quand le Gouvernement vaudois rétorque que la croissance exogène représente un pourcentage relativement faible de l’ensemble de la poussée démographique de la région? «C’est encore trop, répond le député. Même si ce ne sont que quelques milliers de personnes, elles ont un pouvoir d’achat élevé qui fait grimper les loyers.»

Quel regard le Vert’libéral porterait-il sur son discours actuel si la Suisse était précipitée dans une crise comme celle que connaissent plusieurs pays européens, avec 10% de chômage?

«C’est justement la croissance rapide dans laquelle nous sommes maintenant qui risque de nous précipiter dans la crise, estime Jacques-André Haury. Le principe devrait être celui du renouvellement du système économique, pas de sa croissance.»

Ce discours, que certains assimilent à un plaidoyer en faveur de la décroissance, n’est pas toujours bien compris. Une image vient à l’esprit du spécialiste ORL: son propre cabinet médical. «Le nombre de patients que je peux prendre est limité. Notre chiffre d’affaires n’a pas besoin de doubler. Ce n’est pas pour autant que je prône la décroissance. Le but pour moi est simplement d’établir un certain équilibre.»

Limiter la croissance?

«Je ne prône ni la croissance ni la décroissance. Je suis simplement pour l’équilibre.»

Arrêter la promotion économique?

«Il faut arrêter la promotion exogène et garantir une meilleure répartition des implantations dans le temps et dans l’espace.»

Rediscuter la libre circulation?

«Non, mais l’Etat doit cesser d’alimenter la pompe en attirant toujours plus d’entreprises.»


Daniel Rosselat, Syndic de Nyon, indépendant

"Nous ne voulons pas être spectateurs du développement"

Ne demandez pas au syndic de Nyon de disserter longuement sur les enjeux démographiques de la Suisse: son souci porte d’abord sur sa propre région, dont il craint un développement anarchique. Et tant pis si ses opinions ont pu heurter quelques dogmes.

«On nous présente les prévisions comme des fatalités. Or la croissance dépend de décisions politiques. Ce que je dis depuis que je suis en fonction, c’est que nous ne voulons pas être de simples spectateurs du développement de notre région.»

En première ligne des problèmes: le logement, mais aussi les insuffisances des infrastructures de transport. Sur une population active d’environ 12 000 personnes, 9000 Nyonnais travaillent à l’extérieur, le plus souvent à Genève.

«Nous sommes aux limites du système, constate Daniel Rossellat. L’axe vertical qui part du centre-ville vers les hauts de la commune est déjà utilisé par 27 000 véhicules par jour. Nous savons qu’à 30 000 véhicules il y aura un blocage au niveau de l’entrée d’autoroute. Or l’ensemble des projets d’implantation déjà planifiés aujourd’hui nous conduiront à franchir cette barre dans les prochaines années.»

Le syndic déplore un manque de coordination entre autorités locales, cantonales et fédérales. «Les CFF ont supprimé la gare de Prangins, village de 5600 habitants. Maintenant, il faut donc amener ces gens avec des navettes jusqu’à Nyon, d’où ils prennent le train pour aller ailleurs. C’est un simple report de charges de la Confédération vers les communes.»

Face aux autorités cantonales, le discours est aussi musclé. «Quand on attire des nouvelles entreprises de l’étranger, c’est tout bénéfice pour l’Etat, qui augmente ses recettes fiscales. Mais l’essentiel des frais revient aux communes.»

Selon Daniel Rossellat, il faudra investir 400 à 500 millions de francs ces dix prochaines années dans des projets d’infrastructure à Nyon, alors que le potentiel d’investissement, y compris pour l’entretien du patrimoine, n’est que de 20 millions par an. «On peut tabler sur des partenariats public-privé à hauteur d’environ 150 millions. Mais pour le reste, il faudra bien trouver d’autres sources de financement.»

Pour «calmer le jeu», comme le préconise le syndic, l’une des solutions serait de réserver les derniers terrains constructibles en zone artisanale ou industrielle aux entreprises déjà implantées.

«On n’a pas le droit de dilapider ces terrains en quelques années simplement pour répondre à une demande exogène. Autrement, quand nos propres artisans voudront se développer, ils seront obligés d’aller trouver du terrain dans la vallée de Joux!»

Limiter la croissance?

«Je suis pour une croissance modérée et maîtrisée. Si on monte moins vite, on descend moins vite.»

Arrêter la promotion économique?

«Il faut supprimer les allégements fiscaux, cesser d’accueillir de nouvelles entreprises et espérer qu’elles choisiront d’autres régions.»

Rediscuter la libre circulation?

«Non. Nous avons plus de 2000 frontaliers à Nyon. Sans eux, on fermerait l’hôpital demain.»


Sandrine Salerno, Maire de Genève, PS

"Nous devons envisager d'arrêter de croître"

La décroissance? «Je me reconnais dans ce concept», lâche Sandrine Salerno, maire socialiste de Genève. Sous les fenêtres de ses bureaux, les bâtisses de la Vieille-Ville affichent des prix insolents, signe d’un boom économique trop rapide pour la région.

«Ici, la croissance est inadéquate, parce que la politique économique cantonale n’est pas cohérente. On va chercher des sociétés internationales dans une logique de rendement fiscal à court terme mais on ne se soucie pas de développer les infrastructures en parallèle.»

Et la maire d’énumérer les difficultés liées à l’arrivée des multinationales et de leurs employés: pénurie de logement et flambée des prix, engorgement des routes et transports publics, manque de places en crèche... «Cette croissance ne profite pas à la population locale, souvent contrainte d’aller vivre ailleurs», regrette Sandrine Salerno.

La magistrate souhaite dès lors durcir le ton: «Il faudrait imposer la création d’un logement pour chaque nouvel emploi.» Resterait alors au canton (aux commandes de la politique économique) deux options: geler la pêche aux implantations ou débloquer la construction de logements.

La maire fustige les pratiques fiscales de la République. «Le canton ne peut plus se comporter en rapace vis-à-vis de ses voisins. Il doit être solidaire avec les autres collectivités pour les inciter à construire.»

Ainsi les frontaliers sont-ils essentiellement taxés côté genevois, alors que leur présence toujours plus nombreuse en France exige la mise en place et l’entretien de coûteuses infrastructures.

Entre la Municipalité et le Conseil d’Etat, les divergences de vues sont donc nombreuses. En témoignent les récentes difficultés du négociant Trafigura à prendre pied sur un terrain genevois où il entend, pour le plus grand bonheur du canton, installer ses traders. «Dans ces situations, la ville peut jouer les facilitateurs. Dans ce cas-là, nous ne l’avons pas fait.»

Mais court-circuiter le canton ne suffit pas. Pour détendre le climat genevois, le PS local s’est doté d’un projet économique pour la région. Entre autres mesures, celui-ci préconise l’introduction d’un «quota d’engagement de demandeurs d’emploi locaux», plutôt surprenant à gauche. «Nous ne sommes pas protectionnistes, insiste Sandrine Salerno. Mais nous devons désamorcer la grogne de la population.»

Limiter la croissance?

«Ce n’est pas très sexy, mais oui: nous devons envisager d’arrêter de croître. Si l’on veut un monde plus solidaire, nous devons aussi consommer moins.»

Arrêter la promotion économique?

«Il ne faut pas être fermé, mais cohérent. Nous pouvons faire venir de nouveaux emplois mais nous devons sortir de cette logique de profit fiscal à court terme.»

Rediscuter la libre circulation?

«Non. Genève s’est toujours construite grâce aux étrangers.»


Philipp Stauber, Conseiller communal UDC, Lausanne

"Il faut une immigration de qualité"

Voisin des terrains de foot de la Pontaise, sur les hauts de Lausanne, Philipp Stauber regrette que ceux-ci soient voués à disparaître. La ville a en effet décidé d’y dresser un éco-quartier, doté d’environ 2000 appartements.

«Le fait que ce soit un éco-quartier ne me dérange pas. Ce qui me gêne, c’est qu’une nouvelle zone de verdure soit remplacée par du béton. Ce n’est pas bon pour la qualité de vie des gens», expose le conseiller communal UDC.

En cause, le boom de la région qui passe par un besoin criant de logements. «Ceux qui chantent les louanges de la croissance économique oublient de dire à qui elle profite. Depuis vingt ans, les écarts ne cessent de se creuser. Les familles aisées tirent parti de ce développement, tandis que les autres sont perdants.

Encore vingt ans comme ça et nous aurons de véritables difficultés. Il est question du type de société que l’on veut. Je ne suis pas sûr qu’il soit nécessaire que le canton de Vaud compte un jour 1 million d’habitants.»

Hors de question, pour autant, de se placer du côté des décroissants. Philipp Stauber prône au contraire une croissance «qualitative», en lieu et place de l’approche «volumique» qu’il décrie.

«Nous devons miser sur des secteurs à très haute valeur ajoutée comme la technologie, la finance ou certains produits alimentaires, et arrêter de créer de l’emploi dans des domaines comme le social et la santé. Parce que ceux-ci grandissent de manière incontrôlée et qu’ils sont terriblement peu productifs.»

Dans un deuxième temps, Philipp Stauber évoque la pression migratoire, thème cher à son parti. Elle est «la première cause de croissance dans la région et elle conditionne tout le reste», explique l’ingénieur.

Lui n’en veut guère aux expatriés amenés par les multinationales. Même s’il entend «veiller à ce qu’ils ne soient pas trop nombreux puisque leur venue pèse sur le marché immobilier». Il est en revanche plus dur avec les autres étrangers.

«Il faut une immigration de qualité, avec des gens biens formés. Pour les autres, il ne faut pas oublier qu’en plus d’occuper des professions avec très peu de valeur ajoutée, ils viennent souvent de cultures éloignées et peinent à s’intégrer.»

Quant au vieillissement du peuple suisse – dont les effets sont atténués par la population étrangère – Philipp Stauber a aussi sa solution: combattre «la dénatalité» qui, explique-t-il, frappe en particulier les milieux aisés.

Limiter la croissance?

«Il faut l’adapter à nos capacités. Une région qui accepte des entreprises sans que les infrastructures suivent, c’est comme une usine qui accepte des commandes sans avoir une capacité de production suffisante.»

Arrêter la promotion économique?

«La plupart des entreprises étrangères viendraient sans promotion, grâce à nos conditionscadres, fiscales entre autres.»

Rediscuter la libre circulation?

«Je serais favorable à l’introduction d’un statut moderne de saisonnier.»

-->

Mix & Remix

Voir plus »
UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Moody's dégrade la note de la France.

Moody's dégrade la note de la France.

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale