Faut-il y voir le salut de la presse écrite? La tablette lancée par Apple représente-t-elle l’avenir des journaux et des magazines? Ou l’iPad n’est-il qu’un gadget, un fétiche séduisant mais anecdotique?
Cette semaine, L’Hebdo lance son application iPad.Ce n’est pas sombrer dans l’iPadôlatrie que le dire: il ne s’agit pas là de n’importe quel jouet informatique. Il suffit de l’avoir utilisé pendant quelques jours (et se l’être fait constamment chouraver par sa descendance) pour s’en convaincre. Parce qu’il donne un accès hyperrapide à l’internet, parce qu’il constitue une «liseuse» plus qu’acceptable, parce que la technologie de l’écran tactile permet une interface ergonomique, l’iPad offre un nouveau canal de distribution pour la presse.
Il serait absurde de s’en priver. Voilà pourquoi L’Hebdo lance, dès cette semaine, une version iPad du magazine, enrichie d’un flux d’information continu, en textes et en vidéos. La toute première application de ce type en Suisse romande. Voir L'Hebdo sur iPad: Un monde nouveau pour l'info
On peut bien sûr énumérer les défauts de jeunesse du dernier-né d’Apple, son prix élevé, le fait aussi que, malgré un départ en fanfare, sa diffusion reste limitée. Pas pour longtemps: chaque jour, les concurrents annoncent le lancement de leurs propres produits pour le début de 2011: HP, Dell, Google, Acer, Asus et les autres... Les prix vont baisser rapidement, les tablettes se populariser.
La force de l’iPad? Son design, bien sûr, mais aussi l’extraordinaire variété des applications proposées dans son magasin virtuel. Il y en a aujourd’hui plus de 20 000. On en attend 50 000 pour la fin de l’année. Pour les médias, c’est un travail gigantesque d’innovation et de réflexion sur les contenus journalistiques qui s’amorce. Le papier est irremplaçable, il va le rester.
Il faut voir l’iPad comme un complément des médias imprimés. Ces nouvelles technologies ouvrent toutefois des possibilités infinies d’enrichissement. Comment les mettre au service de la qualité et les financer? C’est tout le défi de l’ère qui s’ouvre.
Pour les éditeurs, l’iPad amène de nouveaux moyens de micropaiements faciles à utiliser. En l’occurrence le bien nommé App Store. Ce n’est pas un hasard si, aux Etats-Unis, le patron de News Corp. Rupert Murdoch vient d’annoncer le lancement d’un quotidien national payant conçu exclusivement pour les tablettes et les smartphones.
Après des années passées à scier la branche sur laquelle ils étaient assis, après avoir échoué à faire payer leurs contenus en ligne, les patrons de presse révisent leurs modèles d’affaires. Fini le dogme du tout-gratuit. La mobilité du web entraîne un changement de logique.
On ne reviendra pas au statu quo ante, mais on peut espérer inverser la tendance. Une bonne nouvelle, après que les Cassandres eurent annoncé la paupérisation du paysage médiatique et le dangereux assèchement du terreau démocratique qui s’ensuit. Ce n’est qu’un début, le voyage continue.
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