Nous y voilà: les valorisations des titres du S&P 500 sont un quart en deçà de leur niveau moyen au cours des neuf récessions précédentes, relève Bloomberg. Ces actions se traitent à un P/E de 10,2 fois les bénéfices espérés pour 2012 contre une moyenne de 13,7 pendant toutes les autres contractions de l’économie depuis 1957.
Sur cette base, on attend les appels à l’achat des «stratégistes» grassement payés par nos banques arguant de «sous-valorisation» des actions rendant ces dernières «attractives». Les mêmes – que nous aurons la charité de ne pas citer ici nommément – qui claironnaient en début d’année que les actions avaient un potentiel de valorisation de 15 à 20% en 2011. Quand ils ne réitéraient pas ces perspectives optimistes début juillet...
Certes, un rebond sur les marchés boursiers ces prochaines semaines n’est pas exclu, voire probable; mais persister à utiliser les mêmes logiciels mentaux pour analyser les actifs financiers que ceux valables avant 2007 tient soit de la méthode Coué, soit de la malhonnêteté intentionnelle! Il s’agit à tout le moins de changer de disque. La crise en cours n’est pas une sévère récession.
C’est une grande correction, aussi grave que celle de 1929. Dans This time is different, publié en 2009, Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart avertissaient que la résorption de l’énorme bulle de crédit gonflée jusqu’en 2007 passerait par des dévalorisations massives d’actifs.
LA BONNE DÉFINITION DU LONG TERME
Les publications Agora l’affirment depuis 2006. Le bulletin d’anticipation GEAB – qui annonçait une crise du système financier mondial dès février 2006 – estimait au 1er semestre qu’il y avait encore 15 000 milliards de dollars de survaleur à effacer. Depuis le sell-off de l’été, une bonne partie s’est envolée.
Sans prêter systématiquement l’oreille aux très pessimistes, il convient de se souvenir que le krach de 1929 ne s’est pas limité aux pertes du jeudi noir: les Bourses n’ont retrouvé leur niveau d’avant-crise qu’au début des années 50. Plus près de nous, la bulle japonaise des années 80 n’en finit pas d’imploser: à quelque 8500 points, le Nikkei est très loin de son sommet de près de 40 000 atteint fin 1989. A long terme, les actions affichent des plus-values. C’est vrai, à condition d’avoir la bonne définition du long terme.
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