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GENÈVE Charles de Gaulle, qui a quitté en janvier 1946 le gouvernement, assiste en mai au mariage de sa nièce Geneviève. Le général, qui citait volontiers ses nobles origines irlandaises ou françaises, n’est jamais venu en visite officielle en Suisse.
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Histoire
Charles de Gaulle : ce Suisse qui s’ignorait

Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 26.01.2011 à 13:45

Charles de Gaulle avait des origines suisses. L’illustre général était l’arrière-arrière-arrière-petit-fils d’un soldat ajoulot au service du roi de France.

La généalogie est une «science» qui nous réserve bien des surprises. Prenez l’exemple de Barack Obama! En novembre, le monde apprenait que le président américain était originaire, par sa mère, du village fribourgeois de Ried bei Kerzers (notre édition du 12 novembre 2009).

Et voilà que cette même science nous permet d’affirmer que du sang suisse coulait dans les veines de Charles de Gaulle, comme le révèle une enquête de "L’Hebdo" qui confirme une recherche du Cercle généalogique de l’ancien évêché de Bâle restée inconnue du grand public.

Le général qui présida aux destinées de la France entre 1959 et 1969, l’homme qui refusa la collaboration avec l’Allemagne nazie, le politicien du renouveau français dont se revendique la moitié des politiques outre-Jura, est en effet le descendant direct d’un soldat ajoulot au service du roi de France.

Un de ces mercenaires qui portaient haut les couleurs du régiment du prince-évêque de Bâle, un allié de la Confédération à l’époque. Son nom: François Ignace Nicol, l’arrière-arrière-arrière-grandpère de De Gaulle.

«Il est né le 14 décembre 1742 à Porrentruy (résidence épiscopale depuis la Réforme au début du XVIe siècle, ndlr) avant de s’engager le 14 février 1755», précise Damien Bregnard, archiviste adjoint des Archives de l’ancien évêché de Bâle.

«Selon nos archives, il mesurait 1, 78 mètre et était grenadier de la compagnie Duval.» On sait également que Nicol, devenu caporal, mourut le 30 août 1780, probablement du typhus ou de la malaria, comme plus de 400 hommes sur les 1000 que comptait son régiment. «Ils participaient au drainage des marais autour de la garnison de Rochefort», souligne Damien Bregnard.

La campagne de Corse. Mais avant de s’en aller à l’âge de 38 ans, l’ancêtre de De Gaulle eut le temps de se marier avec Marie Joséphine Constance Lefait et surtout d’avoir une fille, Marie Anne, qui est née le 13 août 1769 à La Valette, près de Toulon.

Le régiment de notre ressortissant de Porrentruy y était alors stationné après l’éprouvante campagne de Corse. «Elle contribua à l’intégration de l’île de Beauté au royaume et à faire naître le futur empereur Napoléon en France», note Alain-Jacques Tornare, auteur d’une thèse sur les relations militaires franco-suisses à cette époque.

Marie Anne, l’arrière-arrière-grand-mère de De Gaulle, se marie à son tour en 1790, une année après le début de la Révolution française. Son époux, Ludwig Friedrich Kolb, est né en 1761 à Grötzingen dans le duché de Bade et - hasard de l’Histoire? - il est lui aussi militaire du régiment du prince-évêque de Bâle, écrit Stéphane Inbona dans la Gazette des amis du musée franco-suisse de Rueil-Malmaison. Avec le grade de sergent-major.

Kolb qui francise son prénom en Louis-Philippe et qui prend la nationalité française quitte l’armée en 1792. Après la dissolution des régiments suisses par la toute nouvelle République.

Le couple qui avait reçu une dispense du pape pour pouvoir se marier - Kolb est luthérien - et qui avait dû promettre d’élever leurs cinq enfants dans la religion catholique, s’installe alors à Dunkerque, dans le nord de la France.

Louis-Philippe y travaille comme directeur de la manufacture de tabac Desticker avant d’être nommé régisseur d’une autre usine de tabac à Lille où il meurt le 12 août 1842, poursuit Stéphane Inbona. Une année après sa femme Marie Anne.

En remontant l’arbre généalogique de Charles de Gaulle, on tombe sur Louise-Constance, née le 21 novembre 1792. Elle épouse à l’âge de 19 ans Henri Maillot, qui était, comme son beau-père, régisseur d’une usine de tabac dans le nord de la France.

Vient ensuite Jules-Emile, l’un des huit enfants de Louise-Constance et Henri. Né le 9 février 1819, le grand-père de Charles de Gaulle épouse en 1858 Julia Delannoy, une jeune femme d’une grande famille de Lille. Une famille qui avait ses origines en Irlande notamment.

Julia et Jules-Emile ont, eux, cinq enfants dont Jeanne, la mère de Charles de Gaulle qui se lie en 1886 à Henri de Gaulle, quatre ans avant la naissance du futur président de la République française. La boucle est bouclée...

Mais le plus piquant dans l’histoire, c’est que tout le monde ignore cette origine helvétique de De Gaulle. A commencer par Jean Lacouture, son biographe qui est tombé des nues en entendant parler de François Ignace Nicol. «Je doute également que de Gaulle ait su qu’il avait du sang suisse dans les veines», analyse l’historien français.

Sans compter que la Suisse n’était pas une priorité pour de Gaulle. «A aucun moment, il n’en parle sérieusement dans ses écrits», souligne Alain-Jacques Tornare, qui prépare un livre sur les Suisses qui ont créé la France.

De Gaulle, l’Helvète, y aura très certainement droit à un chapitre même si «ses liens avec son pays d’origine sont bien ténus», reconnaît l’historien franco-suisse. Car si trois tomes de ses célèbres discours de guerre ont été publiés à la Librairie de l’Université de Fribourg en 1944-1945 et si les deux fils de son frère Xavier étudiaient à la Villa Saint-Jean, de Fribourg, sous le nom d’emprunt de Leclerc, il n’est jamais venu en visite officielle en Suisse.

Rester neutre. La raison? «Il avait du mal à comprendre comment on pouvait rester neutre dans le monde de l’époque», répond Jean Lacouture.

«Ce chef d’Etat qui se faisait un point d’honneur de payer sa propre facture d’électricité à l’Elysée n’aimait probablement pas non plus que nos banques servent à dissimuler les richesses des grandes fortunes françaises», renchérit Alain-Jacques Tornare.

Quant à la Ville de Porrentruy, elle se dit prête à honorer son enfant retrouvé. «Pourquoi ne pas lui dédier une nouvelle rue», se demande Gérard Guenat, son maire. Voilà qui tomberait bien. De Gaulle n’a jamais eu droit à ce privilège en Suisse.


Les origines ajoulotes de Charles de Gaulle




Tags: Charles de Gaulle,

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Réaction de gérardmaire
le 13.02.2011 à 11:08
M. Vallélian, Concernant l'article sur le Général de Gaulle et les...
 



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