Julian Assange... Ce nom, qui le connaissait, il y a quelques semaines à peine? Avec la publication des documents détonants en sa possession, le fondateur du site Wikileaks a mis le monde en émoi et ébranlé les Etats.
Pour «L’Hebdo», 2011 aura une saveur particulière. En septembre, nous fêterons les 30 ans du magazine.
Il questionne le rôle des médias et le fonctionnement de la démocratie. Surtout, il relance la discussion sur la cyberwar – «Les hackers s’en vont en guerre», titrait récemment le Financial Times.
Mais de quoi parle-t-on exactement? Sommes-nous préparés à faire face? Pour le chef de l’armée, André Blattmann, c’est la menace la plus importante qui plane sur notre pays.
Pourtant, comme le montre l’enquête de notre rédacteur Patrick Vallélian, la Suisse en est encore à l’âge de la pierre en matière de cyberguerre. C’est l’une des révélations hallucinantes de ce rituel numéro double de fin d’année (lire notre article)
En 2011, à l’approche du 11 septembre, on parlera aussi beaucoup de Ben Laden et du choc des civilisations mis en scène au nom d’Allah et interprété par les kamikazes du World Trade Center.
On connaît les conséquences militaires et géostratégiques de l’événement. Mais nous n’avons pas encore fini de mesurer son impact sur la politique européenne. L’émergence, dans les pays réputés les plus ouverts, d’une génération de leaders populistes.
En Suède, au Danemark... Le plus habile d’entre eux, le Hollandais Geert Wilders compare le Coran à Mein Kampf: «L’islam est une idéologie totalitaire et violente, répètet-il. Comme le fascisme et le communisme. Il menace notre liberté.» (Lire son interview)
La question musulmane marquera-t-elle les prochaines élections fédérales? L’UDC va-t-elle, en 2011, surfer sur la vague antiminarets? Et lancer, par exemple, une initiative pour l’interdiction de la burka?
La bataille pour la maîtrise de l’agenda politique s’annonce féroce. On attend avec impatience les idées et les stratégies des autres partis. Suspense.
Face à ce que notre chroniqueur Jacques Pilet appelle le «carrousel des peurs», la réponse se doit d’être politique et vigilante au retour des nationalismes (lire notre article).
Difficile, cependant, de régater avec cette puissante aspiration à un retour en arrière. Les projets collectifs semblent démodés. La vision européenne? Une monnaie en pleine crise de puberté et une chute de solidarité lui plombent les ailes.
Le rêve américain? Obama peine à lui donner un nouvel élan et l’enthousiasme planétaire pour ce président historique s’estompe. Le rêve... Il reste vital, mais il se réduit à «une sorte de légende personnelle» (lire l’article de Christophe Passer).
Parce que les Suisses ont été, jusqu’ici, relativement épargnés par la crise, l’emploi semble les préoccuper moins que la délinquance et la violence. C’est en tout cas ce que montre le sondage publié dans ce numéro.
L’économie helvétique vit depuis plusieurs années, il est vrai, une réindustrialisation spectaculaire. Nous avions, il y a quelques mois, analysé l’émergence en Suisse romande d’une véritable health valley, créatrice de milliers de postes de travail.
Nous pourrions reproduire ce miracle industriel en misant à fond sur les technologies propres, écrit notre rédacteur Philippe Le Bé. Un secteur multiforme, qui touche à la fois le bâtiment, les transports, la production d’énergies...
Pour la première fois, nous tentons de rassembler sur une grande carte les laboratoires, les hautes écoles et les entreprises protagonistes d’un possible printemps des cleantechs (lire notre article).
Le paysage médiatique est lui aussi en pleine effervescence. L’arrivée à la tête de la SSR de Roger de Weck, d’abord. Journaliste talentueux, essayiste, parfaitement bilingue, il succède au Haut-Valaisan Armin Walpen. Et marque un changement d’ère et de culture.
Un sacré défi, parce qu’il lui faudra à la fois piloter la convergence des radios et des télévisions, réaffirmer le rôle du service public et expliquer aux sceptiques en quoi cette institution reste un ciment essentiel de la maison helvétique.
Tout ça, en année électorale, sous le feu des scuds de l’UDC, qui voit en cet Européen convaincu l’ennemi à abattre (lire son portrait).
La presse écrite, elle, a repris des couleurs réjouissantes. Elle voit s’ouvrir de nouvelles perspectives, avec l’apparition des tablettes électroniques comme l’iPad. Optimisme, donc, malgré de possibles hoquets de la conjoncture.
Pour L’Hebdo, 2011 aura une saveur particulière. En septembre, nous fêterons, en effet, les 30 ans du magazine. En attendant de vous retrouver pour ce bel anniversaire, la rédaction vous adresse ses meilleurs vœux. Et vous remercie de votre fidélité.
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