Chirurgie esthétique. Au tour des hommes
Par Daniel Saraga - Mis en ligne le 23.06.2010 à 15:48
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Lifting, lipoaspiration, remodelage du nez ou réduction mammaire: une opération sur cinq concerne aujourd’hui un patient masculin. Pourquoi cette évolution rapide? A quel prix, et pour quels bénéfices? Enquête.
Implants capillaires, lipoaspiration, remodelage du nez, raffermissement des paupières, oreilles recollées ou encore réduction mammaire: les hommes se mettent de plus en plus à la chirurgie esthétique. En Suisse, une opération sur cinq concerne désormais un homme, soit près de dix mille par an, selon une étude d’Acredis, un service de conseil pour patients basé à Zurich. «Le nombre de mes patients masculins a doublé en dix ans», témoigne Pierre Quinodoz, chirurgien esthétique à Genève.
«La demande en matière de réduction mammaire devrait encore s’accélérer», estime Stephan Hägeli, d’Acredis. Car si les femmes s’intéressent à une poitrine plus volumineuse, les hommes consultent pour l’objectif inverse. Conséquence d’un dérèglement hormonal ou de surpoids, l’hypertrophie des seins pousse de nombreux hommes sous le scalpel. «Ce problème va au-delà de la simple question de beauté, note Catherine Perrin, secrétaire générale de la Société suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique (SSCPRE). Elle touche à l’image que l’on se fait de la virilité.» Pour un homme, avoir des seins représente un problème psychologique douloureux, qui pourra l’amener à éviter la piscine et à fuir les vestiaires.
A chaque âge son intervention. «Les hommes viennent consulter lorsqu’ils veulent se reprendre en main, perdre du poids et refaire du sport, explique le chirurgien Pierre Quinodoz. Ils se regardent dans le miroir et se disent: “Ce n’est pas comme ça que je me vois.” Parfois, c’est lors d’un changement de vie, lorsqu’ils ont des soucis dans leur entreprise.» Les gens sont bien mieux informés et hésitent d’autant moins. «La chirurgie esthétique se démocratise, analyse Michel Pfulg, fondateur de Laclinic à Montreux. On en parle beaucoup dans les médias, on se renseigne sur internet. Et l’offre crée la demande…» La publicité pour les actes médicaux reste interdite, mais la chirurgie esthétique se vend bien à travers des publireportages et des interventions de médecins dans les médias, rappelle Catherine Perrin.
«Rhinoplasties et oreilles recollées chez les jeunes garçons, lipoaspiration vers la quarantaine et rajeunissement des paupières pour les hommes plus âgés», résume Michel Pfulg. Très courantes entre 20 et 50 ans, les greffes de cheveux sont rarement réalisées par des chirurgiens – et peu en Suisse. «J’oriente les patients vers la France ou le Brésil», explique le chirurgien Sabri Derder.
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