Quelles leçons tirez-vous de ce rapport des Commissions de gestion?
Je suis déçu en bien par les Commissions de gestion, qui ont fourni un gros travail. Celles-ci ont enquêté sur la qualité de l’intervention des pompiers, mais n’oublions pas les pyromanes. La vraie question qui subsiste est celle de la responsabilité d’UBS, qui est à l’origine de toute la crise.
Qu’attendez-vous d’UBS ?
J’attends d’elle qu’elle réponde à notre appel. Après le refus par l’assemblée des actionnaires d’accorder la décharge à ses anciens dirigeants pour 2007, qui constituait un désaveu historique pour eux, après l’enquête de la commission de gestion sur le fonctionnement des autorités suisses et une année de polémique, il est temps qu’UBS se soumette à pareille enquête.
Faut-il une Commission d’enquête parlementaire (CEP ) pour éclaircir cela?
Je ne pense pas qu’une CEP nous en apprendrait beaucoup plus que la commission de gestion. UBS doit maintenant mettre en place un comité d’experts indépendants ayant accès à toutes les informations de manière à établir qui porte la responsabilité des graves erreurs qui ont été commises.
Qui pourrait prendre la tête du comité d’experts?
Je pense immédiatement à des gens au-dessus de la mêlée comme Arnold Koller ou Joseph Deiss. Mais il y a certainement aussi d’autres personnalités d’une grande droiture dans les autres partis!
UBS doit-elle déposer une plainte civile contre ses anciens dirigeants?
Oui, celle-ci reste d’actualité. Les dirigeants actuels d’UBS ont un devoir moral envers la Suisse d’établir toute la vérité et d’engager des plaintes civiles contre leurs anciens dirigeants. Je lance un appel solennel à Kaspar Villiger, qui n’a pas été nommé président d’UBS parce qu’il est un banquier de haut vol, mais parce qu’il a été un ancien conseiller fédéral. S’il reste sourd à cet appel, Kaspar Villiger faillit à sa tâche en manquant de sens politique.
Le Conseil fédéral ne s’est-il pas montré très faible dans la gestion de la crise?
Sûrement. Dans ce pays, la tradition veut que la politique joue un rôle de paratonnerre. Mais ce serait profondément injuste de ne demander des comptes qu’au Conseil fédéral, c’est-à-dire aux pompiers alors qu’on laisse courir les pyromanes. Car, si la population est en colère aujourd’hui, c’est avant tout à cause d’UBS . Ses erreurs ont discrédité la politique. Face aux manquements d’UBS puis aux excès de ses bonus, le peuple a réagi très émotionnellement et rechigne à suivre le Conseil fédéral lors de votations populaires, même si elles n’ont rien à voir avec UBS . Cette affaire affaiblit le gouvernement et, ce faisant, toute la Suisse.
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