CINEMA
Clooney, entre enfer et paradis
Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 25.01.2012 à 13:23
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Le très habile Alexander Payne réussit dans l’émouvant «The Descendants» l’équilibre parfait entre drame et comédie.
COMÉDIE DRAMATIQUE
«Le paradis peut aller se faire foutre.» Le message a le mérite d’être clair. Ce n’est pas parce qu’il vit à Hawaii que Matt a la belle vie, qu’il n’est pas confronté aux mêmes épreuves que ses compatriotes installés dans les grises villes du continent. Cinéaste particulièrement à l’aise lorsqu’il s’agit de planter un décor et introduire des personnages, Alexander Payne (Monsieur Schmidt, 2003; Sideways, 2005) séduit dès les premières secondes de The Descendants, tragicomédie qui vient de remporter deux Golden Globes dans la catégorie «drames» – meilleur film et meilleur acteur pour George Clooney.
La vie de Matt n’est donc pas rose. Alors qu’il se demande s’il doit vendre un vaste territoire vierge hérité d’ancêtres hawaiiens, sa femme tombe dans le coma. Et alors que face à cette épreuve il se dit prêt à changer, à devenir un mari et un père de famille plus présent, il apprend de sa fille aînée – qu’il ne connaît pour ainsi dire pas – qu’il était depuis un bon bout de temps cocu... A partir de ce scénario relativement convenu, Payne parvient à constamment surprendre, et surtout à fort habilement passer de la comédie au drame sans jamais tomber dans l’humour facile ou le mélo larmoyant. Souvent très drôle mais aussi délicatement émouvant dans sa dernière partie, fort bien dialogué et usant à bon escient de la voix off, The Descendants s’avère surtout extrêmement habile dans sa manière de tisser des liens entre le coma de la femme de Matt et les terres que celui-ci doit vendre – deux situations qui se répondent et dont les résolutions seront étroitement liées.
D’Alexander Payne. Avec George Clooney, Shailene Woodley et Amara Miller. Etats-Unis, 1h50.
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