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Par Christophe Passer - Mis en ligne le 03.10.2012 à 12:44 |
CUIVRES. Bien sûr, l’aéroport de la Nouvelle-Orléans porte le nom de Louis Armstrong, dont une vilaine statue orne un hall. Bien sûr, en se baladant dans l’inratable Bourbon Street, il demeure loisible de croire qu’une sorte de jazz vieux style est ici figé dans le temps. C’est un leurre absolu. L’aventure de Big Easy, l’un des surnoms de la ville, a rendu depuis longtemps vaine toute tentative de naphtaline muséomusicale, à part peut-être dans l’esprit du trompettiste Wynton Marsalis. Primo, le bounce est depuis les années 90 le hip-hop halluciné de la Nouvelle-Orléans, mélangeant les rituels du Mardi gras, la force des fanfares, et le rap par-dessus: la puissance verbale de Juvenile, ou même Lil Wayne, en est l’ambassadeur. Deuzio, Treme: l’extraordinaire série télé de HBO a contribué à démontrer l’incroyable vitalité de la scène de la cité louisianaise: elle irradie de Dr. John vers les Black Keys ou Marcus Miller, de Professor Longhair vers Elvis Costello, de Trombone Shorty vers Lenny Kravitz. Tertio: Trombone Shorty, justement. 26 ans, génie du trombone, de la trompette. Il joue, chante, pose en pop star derrière lunettes noires, incandescence sur un funk lancé à toute vapeur. Il est inouï, au sens propre. Il fait se lever des salles ahuries partout (deux fois à Montreux, deux triomphes). On va faire simple: il est l’ouragan, Trombone Shorty est peut-être le plus grand musicien vivant. Sa musique raconte une Nouvelle-Orléans plus que survivante: ressuscitée. |









