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Comment Bâle est devenue la ville la plus dynamique de Suisse

Mis en ligne le 17.02.2005 à 00:00

mutation Avec une croissance très supérieure à celle du reste du pays, la ville transfrontalière fait aujourd'hui figure de modèle. Son secret? Une politique unie, les sciences de la vie et un solide esprit de mécénat. Par Pierre Nebel. Photos Dominic Büttner/Pixsil. com.

L'Hebdo; 2005-02-17

Comment Bâle est devenue la ville la plus dynamique de Suisse

mutation Avec une croissance très supérieure à celle du reste du pays, la ville transfrontalière fait aujourd'hui figure de modèle. Son secret? Une politique unie, les sciences de la vie et un solide esprit de mécénat. Par Pierre Nebel. Photos Dominic Büttner/Pixsil.com.

Du haut du nouveau pont Dreirosen, le voyageur de passage embrasse d'un regard tout un pan de l'histoire industrielle de la ville de Bâle: au nord, au bord du Rhin, de vieilles péniches venues de la mer du Nord débarquent leurs marchandises dans un port défraîchi. A l'ouest, les cheminées des anciennes usines Sandoz dégagent de longs panaches de fumées et, au bout de la route, de vilaines maisons d'ouvriers forment un paysage urbain morose...

Ce tableau un peu dépressif appartiendra bientôt au passé. Bâle est actuellement un immense chantier et, comme l'annoncent les autorités locales, «d'ici à dix ans, on ne reconnaîtra plus la ville». Les grues du port devraient laisser la place à un parc agréable, les ex-usines de Sandoz seront remplacées par le campus ultramoderne de Novartis où fourmilleront des milliers de chercheurs et les bicoques d'ouvriers seront transformées en un quartier très plaisant.

Toutes ces réalisations s'inscrivent dans un vaste plan lancé par les autorités de la ville. Objectif: tourner le dos à l'industrie lourde et transformer la région en une capitale des sciences de la vie, si attractive et agréable qu'elle puisse attirer les chercheurs du monde entier. Avec un tempo étonnant, Bâle se bâtit un nouveau visage. De nouvelles routes décloisonnent le nord de l'agglomération, on construit des quartiers entiers de logements modernes, les trams sont prolongés au-delà des frontières allemande et française et, un peu partout, des zones vertes voient le jour.

Pendant que les pouvoirs publics adaptent l'infrastructure de la ville, l'économie prospère. L'industrie pharmaceutique investit des milliards dans de nouveaux centres de recherche, des dizaines de start-up sortent de terre et les meilleurs architectes de la planète parsèment la ville de magnifiques constructions.

Pourtant, le dynamisme de Bâle échappe aujourd'hui à la plupart des observateurs romands et même alémaniques. Discrète, la ville s'étonne même qu'on puisse parler d'elle comme d'un modèle de développement. «Je n'aurais pas songé à voir en Bâle un modèle, mais, venant de l'extérieur, vous êtes plus libre de juger de la situation actuelle», commente, un peu interloqué, Andreas Burckhardt, le président de la Chambre de commerce des deux Bâles. Il faut bien avouer que, pendant que la nation est engourdie par la stagnation économique, Bâle affiche un taux de croissance à faire pâlir de jalousie ses voisins: 2,2% en moyenne annuelle entre 2000 et 2003 (Suisse: 0,2%). Et, à en croire l'institut conjoncturel BAK, ce sera même 2,8% jusqu'en 2008.

Si Bâle adore s'autoflageller (récemment, le théâtre de la ville organisait un débat sur le thème «Bâle est-elle en train de devenir provinciale?»), ses récents succès lui prouvent qu'elle peut aussi gagner. Que ce soit les victoires de son équipe de foot, l'économie qui prospère ou ses expositions qui attirent la moitié du pays (Toutankhamon, Fondation Beyeler), la cité tire une confiance nouvelle de ses récents succès. Comme le remarque le Zurichois d'origine et directeur de la Fondation Beyeler, Christoph Vitali, si Bâle a une tendance appuyée à la modestie, elle commence à se rendre compte «qu'elle est l'une des grandes villes européennes».

Cette dimension européenne s'est brutalement renforcée avec l'entrée en vigueur des accords bilatéraux. Cul-de-sac de la Suisse, Bâle se voit soudain au milieu d'une région s'étendant de Strasbourg à Fribourg-en-Brisgau. Les frontières qui l'enfermaient ont sauté et, déjà, on prolonge les lignes de tram jusqu'à Saint-Louis ou Weilen, en Allemagne. Mieux encore, l'extension du RER devrait relier la France et l'Allemagne voisines à la gare, jetant les bases d'une véritable région transfrontalière. Aussi importantes que la dimension européenne, les relations internationales de la ville ont également pris un grand essor. Novartis, par exemple, se construit actuellement un nouveau terminal sur l'aéroport de Bâle-Mulhouse pour rejoindre ses filiales à travers le monde. Quant à Samuel Keller, directeur de Art Basel (LE rendez-vous mondial de l'art contemporain), il est plus souvent à Miami ou à São Paulo qu'à Genève. Dans cette configuration, même la vieille rivalité avec Zurich a perdu de son importance. Si l'on continue à se moquer de la voisine durant le carnaval, on a compris que «la concurrence, pour Bâle, ne vient plus de Zurich, mais des Etats-Unis ou de la Chine», remarque Pierre Jaccoud, secrétaire du comité de direction de Roche.

Le temps des fusions Le dynamisme retrouvé de Bâle tranche avec la déprime qu'a connue la ville dans les années 90. En 1996, la fusion de Sandoz et Ciba pour devenir Novartis est un véritable électrochoc pour la région. L'industrie supprime des centaines d'emplois et aussi bien Roche que Novartis discutent ouvertement de délocaliser une partie de leurs activités à l'étranger. Abasourdie, la cité se rend compte que son industrie est tout à fait capable de fuir à l'étranger. En 1998, la fusion de la bâloise SBS et de la zurichoise UBS est un traumatisme supplémentaire. Le centre de décision de la SBS passe à Zurich, et la ville perd une de ses perles économiques. Même scénario dans le secteur aérien, quand à fin 2001, la compagnie Crossair lancée à Bâle par Moritz Suter est sacrifiée pour donner vie à Swiss, qui s'empressera d'y supprimer ses vols.

Peut-être «grâce» à ces échecs, Bâle est pourtant parvenue à trouver une nouvelle énergie. «Les licenciements, lors de la fusion Ciba-Sandoz, ont convaincu de nombreux employés des pharmas de fonder leur propres compagnies», se rappelle Bruno Dalle Carbonare, directeur de l'organe de transfert technologique de l'Université de Bâle. Des personnes qui possédaient d'excellentes connaissances à la fois scientifiques, financières et de gestion ont lancé des «spin-off», des compagnies indépendantes issues de Novartis ou de Roche. «Il y en a eu entre 100 et 200», estime Bruno Dalle Carbonare. Parmi elles, des phénomènes comme Actelion ou Basilea, dont la croissance est faramineuse. Actelion, qui n'avait qu'une petite dizaine de travailleurs en 1997, en compte désormais 850. Mais ce n'est pas tout. «Il y a aussi un foisonnement de petites entreprises de haute technologie comptant jusqu'à dix employés», relève encore Bruno Dalle Carbonare.

La dynamique qui a émergé de la fusion a libéré les travailleurs. Alors que, avant, ils n'avaient le choix qu'entre Roche, Ciba et Sandoz, ils peuvent désormais se tourner vers des dizaines de sociétés. A l'inverse, les entreprises savent qu'elles n'auront aucun problème pour engager des employés qualifiés à Bâle. Ceci d'autant plus que la ville a acquis une réputation telle, dans les milieux des sciences de la vie, que même des chercheurs de l'autre côté de la planète ne rechignent plus à s'y établir. A midi, lorsque les employés de Novartis sortent de leurs bureaux, il faut tendre l'oreille pour entendre du suisse allemand. Rien que ces dernières années, la multinationale a augmenté ses effectifs de 200 à 250 personnes par année.

Des étrangers très chouchoutés Cette attractivité internationale doit beaucoup à la recherche fondamentale bâloise. De l'université au fameux Biozentrum en passant par le futur Centre de biologie systémique de l'EPFZ à Bâle, ces centres d'excellence sont des aimants pour les chercheurs de toute la planète. «Pour nous, les relations avec ces institutions font partie des éléments clés de l'attractivité de Bâle», remarque Michael Plüss, directeur de Novartis Suisse.

Bâle a compris qu'elle doit tout particulièrement soigner ces nouveaux venus étrangers qui créent une bonne partie de la richesse de la région. Alors que Pierre Jaccoud se souvient encore de l'époque où l'on ne pouvait pas passer son permis de conduire en anglais, tout est fait désormais pour faciliter les formalités dans la langue du commerce.

Au-delà d'une solide base industrielle, le succès du modèle bâlois doit également beaucoup à une étroite collaboration entre le monde politique et l'économie. «Nous considérons que l'administration doit être un réel prestataire de service», estime Barbara Schneider, conseillère d'Etat en charge du Département des travaux publics. Lorsque Roche a décidé de construire un nouveau bâtiment pour un centre de production biotechnologique à 400 millions, le permis de construire a été accordé en onze semaines. «Et il ne s'agissait pas d'un permis de complaisance», insiste Pierre Jaccoud de Roche. Le truc? «Jusqu'à cinq administrations se partagent le dossier en parallèle», explique Ralph Lewin, président du Conseil d'Etat et responsable du Département de l'économie. «Cela demande du travail, mais il faut le faire dans certains dossiers stratégiques.»

L'erreur de 1991 Et, à Bâle, les sciences de la vie sont assurément stratégiques. La ville en dépend, et les autorités ne veulent plus refaire leur grande erreur de 1991. A l'époque Ciba-Geigy avait renoncé à construire en Suisse un projet de 150 millions de francs, le «Biotechnikum», car l'autorisation de construire avait tardé plus de deux ans. Entre-temps, le monde politique a compris que la place bâloise «fait partie d'un marché compétitif aux côtés de la Chine, de Boston et de Singapour», ajoute le directeur de Novartis Suisse, Michael Plüss. Le Conseil d'Etat fait désormais tout pour que les terres de la ville restent attractives pour ces géants. Sa collaboration active a notamment rendu possible la réalisation du fameux projet de «Campus» de Novartis (lire encadré p. 22) qui va canaliser 665 millions de francs dans la ville d'ici à 2008 et plus de 1 milliard dans un deuxième temps. A côté de la «ville» que construit la multinationale pour ses chercheurs, les autorités bâloises s'efforcent d'améliorer l'infrastructure. Une autoroute souterraine, la «Nord Tangente» va faire disparaître le trafic qui défigure ce coin de ville, un quartier entier (ProVolta) va être redessiné et laissera la place à des logements (très utiles pour les chercheurs de Novartis), et des zones vertes sont planifiées un peu partout. Des négociations sont même très avancées pour démonter le port qui bouche la vue au bord du Rhin et permettre aux travailleurs (et au public) de s'aérer la cervelle. «Je dois rencontrer Daniel Vasella pour en parler», confie Barbara Schneider. La conseillère d'Etat voit régulièrement le patron de Novartis.

La stratégie des autorités est de transformer le nord industriel de la ville en une «bonne adresse», selon les mots de la ministre en charge de la Construction. A la place de la gare de marchandises de la Deutsche Bahn, le gouvernement aimerait, en collaboration avec des investisseurs privés, construire des logements de haut standing pour casser l'image de ghetto, à l'étranger, de cette partie de la ville. Une votation, le 27 février, devrait encore décider de l'avenir du projet. Mais, dans l'idéal, Bâle aimerait évacuer son industrie polluante dans la périphérie et ne garder que les activités de recherche et de développement dans un environnement aussi agréable que possible.

La politique proactive du gouvernement ne serait pas possible si les grands partis bâlois n'avaient pas réussi à dépasser leurs divergences sur les priorités stratégiques de la ville. Alors que, à Genève, la gauche et la droite s'étripent sur pratiquement tout (à part le CEVA), à Bâle, le Conseil d'Etat a signé un plan politique jusqu'en 2008 soutenu par tous les partis gouvernementaux. On y définit des buts comme le développement des sciences de la vie, la transformation du nord de la ville ou la poursuite du processus d'autonomie de l'université. «C'est très pratique quand il faut faire des économies. Comme on est d'accord sur les domaines prioritaires, les partis s'entendent plus vite sur les postes où il faut faire des coupes», estime Samuel Hess, directeur du Service de l'économie du canton.

Cette union sacrée a notamment rendu possible l'expatriation d'un nouveau centre de l'EPFZ de biologie systémique à Bâle. Ce pôle de recherche de qualité mondiale a pu être arraché à Zurich grâce à une bataille épique où «tout le monde a tiré à la même corde», se délecte encore Pierre Jaccoud. Le passage, au début février 2005, à une majorité de gauche au Conseil d'Etat ne devrait pas changer grand-chose. Pour l'essentiel, les nouveaux venus partagent les principes du modèle de développement économique bâlois.

Si ce monde politique relativement uni explique une partie de la réussite bâloise, une ancienne tradition du lieu, le mécénat, joue également un rôle important. Dans les très riches familles bâloises (Le «Daig»), les Oeri, les Hoffmann ou les Vischer ont développé une relation très protestante à l'argent. Si l'on n'en parle jamais, il est socialement requis d'en faire également profiter la communauté.

projets avant-gardistes D'innombrables projets sont actuellement soutenus par le fourmillement de fondations culturelles et sociales de la ville. Grâce à ces donateurs, on a construit récemment un Musée Tinguely, un nouveau théâtre ou une merveille architecturale comme le Schaulager (un dépôt d'art semi-public de la Fondation Emanuel Hoffmann). Cette tradition a plusieurs avantages. Etant fréquemment le fruit d'une seule personne (Maya Oeri pour le Schaulager, Ernst Beyeler pour le Musée Beyeler ou Daniel Vasella pour le Campus de Novartis), les projets sont souvent avant-gardistes et pleins de souffle. Comme ces personnages possèdent en général les terrains sur lesquels ils construisent, les interminables processus d'obstruction des voisins sont évités. «Je peux vous dire que, à l'étranger, on envie l'environnement culturel de Bâle», s'exclame Samuel Keller, le directeur de Art Basel, qui a pourtant affaire à l'élite artistique mondiale.

L'engagement des mécènes ne se limite pourtant pas seulement à l'art. La Fondation Christoph Merian va par exemple transformer un gigantesque terrain industriel en habitations et en bureaux, selon des plans dressés par le célèbre bureau des Bâlois Herzog & de Meuron. S'il est vrai que la fondation va en tirer profit en louant cette surface, elle ne contribue pas moins à la transformation de Bâle. Même les nouveaux riches - comme Thomas Straumann, de l'entreprise d'implants dentaires - se laissent contaminer par l'esprit de mécénat. L'homme qui pèse des centaines de millions va prendre sur lui la rénovation du plus vieil hôtel de la ville (1026), le Drei Könige. «Cette pratique est comme un ticket d'entrée dans le cercle restreint dans la bonne société», souligne l'Allemand Michael Schindhelm, le directeur du Theater Basel.

Les succès de Bâle ne devraient évidemment pas faire oublier ses faiblesses. La ville a plus de 3,5 milliards de dettes nettes (environ 19 000 francs par habitant), de nombreuses personnes dépendantes de l'aide sociale et un chômage assez important. Elle devient néanmoins l'endroit le plus intéressant de Suisse. A Zurich, on commence à lever des yeux jaloux en direction de la voisine du nord. |

2,2%

Le taux de croissance de Bâle en moyenne annuelle entre 2000 et 2003. Contre 0,2% pour l'ensemble de la Suisse.

200 à 250

L'augmentation annuelle des employés de Novartis.

11

Le nombre - un minimum record - de semaines pour l'octroi du permis de construire du nouveau centre biotechnologique de Roche.

100 à 200

Le nombre de compagnies indépendantes issues de Novartis ou de Roche.

665

En millions de francs, les sommes canalisées par le fameux projet «Campus» de Novartis.

Branché Les Bâlois réinventent l'utilisation de leur ville. Dans l'ancien siège de la Banque Populaire, un café branché s'est installé entre les coffres antiques et les guichets délaissés.

développement Pour attirer les chercheurs, le nord industriel de Bâle va se transformer en quartier où il fait bon vivre. Le port deviendra un parc, le nouveau pont-autoroute va faire disparaître le trafic et des logements neufs seront construits.

«Nous devons absolument collaborer avec les entreprises»

Ralph Lewin, comment se fait-il que l'économie bâloise se développe actuellement si bien?

Notre principal atout est de disposer d'un pôle fort dans l'industrie tant chimique que pharmaceutique, des domaines qui connaissent actuellement un très grand dynamisme. Aujourd'hui, ces branches ont passé au travers des grandes restructurations des années 90 et ont beaucoup gagné en productivité. La grande industrie recommence à investir et à engager, comme Novartis avec son Campus ou Roche avec sa nouvelle usine. Bien sûr, nous avons aussi des problèmes comme l'endettement ou le chômage, mais nous regardons l'avenir avec confiance.

Dans les années 90, la fusion de Novartis, le départ de la SBS ou la fin de Crossair n'ont-ils pas miné la confiance de Bâle?

A l'époque, l'ambiance n'était très certainement pas excellente. D'un autre côté, il faut bien voir que c'est la SBS qui a sauvé l'UBS zurichoise et Crossair qui a rendu service à Swissair! Mais il est vrai que le départ de la SBS a été une grande perte pour Bâle.

Etes-vous davantage conscient que Bâle doit se battre pour défendre sa place économique face à l'étranger?

Oui, je crois que, depuis cinq ans, nous sommes devenus beaucoup plus attentifs à l'attractivité de la place bâloise. On ne se sent pas menacé gravement, mais nous devons absolument collaborer avec les entreprises. Notre politique est d'offrir une bonne infrastructure. Cela signifie de bons transports publics, une excellente université, des autorisations de travail et de constructions rapides... Si ces éléments fonctionnent, les entreprises investiront chez nous.

Rencontrez-vous souvent les patrons bâlois?

Oui, six fois par année, le gouvernement in corpore rencontre individuellement divers chefs de grandes entreprises bâloises. Mais il y a beaucoup d'autres contacts bilatéraux à des niveaux moins élevés. L'important est qu'une entreprise s'adressant à l'administration reçoive toujours une réponse. |

Ralph Lewin Le président socialiste du Conseil d'Etat a fait beaucoup pour instaurer une bonne intelligence entre le monde politique et les milieux économiques.

dynamisme Après la stupeur de la fusion Ciba-Sandoz et du départ de la SBS dans les années 90, Bâle a repris confiance et déborde d'esprit d'entreprise. (Ici, la tour Ramada).

Mécénat Une longue tradition à Bâle. Le magnifique dépôt d'art Schaulager a été construit en 2003 par Herzog & de Meuron et payé par la Fondation Emmanuel Hoffmann.

Le succès du modèle bâlois doit beaucoup à une étroite collaboration entre la politique et l'économie.

les projets qui ont transformé bâle

1 Tangente Nord Il ne manque plus qu'un petit bout (Dreirosen Brücke - France) pour que la nouvelle autoroute fasse disparaître sous terre le trafic qui rend la vie infernale dans le nord de Bâle.

2 Campus de Novartis Pour plus de 1 milliard de francs, les usines de Sandoz vont laisser la place à une nouvelle ville bâtie par Novartis. Les meilleurs architectes de la planète vont transformer le site en un Campus pour 8000 travailleurs.

3 Quartier ProVolta Les autorités et l'économie privée se sont alliées pour transformer le vilain quartier de ProVolta en une zone agréable avec 300 nouveaux logements et 2000 places de travail. Un projet à 160 millions.

4 Schauspielhaus Ouvert en 2002, le nouveau Schauspielhaus est un bon exemple du mécénat bâlois. Huit riches dames anonymes ont donné 13 millions de francs pour construire le théâtre.

5 Quartier Erlenmatt A la place de l'ancienne gare de marchandises de la Deutsche Bahn, un nouveau quartier constitué de 700 logements et 2000 places de travail devrait faire retourner la classe moyenne bâloise au coeur du quartier pauvre de la ville.

6 Centre de biologie systémique de l'EPFZ On ne sait pas encore où se situera le Centre de biologie systémique que Bâle a su arracher à l'EPFZ zurichoise, mais certains le voient déjà dans les bâtiments vides de Syngenta.

7 Centre de production de biotechnologie Le bureau d'architectes Herzog & de Meuron signe la future usine de production d'anticorps et de produits cellulaires de Roche. Budget: 400 millions. Et 150 places de travail hautement qualifié dès 2007.

8 Quartier de Dreispitz Avec la ville, la Fondation Christoph Merian, propriétaire du terrain du Dreispitz, va transformer

cette zone industrielle en un mélange de logements, de commerces et d'industries.

La cité idéale façon campus américain

Sous la supervision directe de son directeur, Daniel Vasella, Novartis a lancé un projet pharaonique: raser les vilains bâtiments hérités de l'ex-Sandoz et créer une sorte de «ville idéale» où ses chercheurs pourront phosphorer dans une ambiance de campus d'université américaine. Selon un «plan de ville» dessiné par le directeur de l'Institut du design urbain à l'EPFZ, Magnano Lampugnani, des architectes de la planète entière vont construire des bâtiments d'une vingtaine de mètres de haut. Si la première tranche de budget s'élève à 665 millions jusqu'en 2008, l'investissement final devrait largement dépasser le milliard quand le projet sera terminé, en 2030 environ. Sur ce «campus», on circulera sous des arcades ayant pour modèle la rue de Rivoli à Paris, avec des cafés, des banques et des restaurants. Une sorte de campanile devrait même surmonter le forum du campus. «L'idée est de favoriser l'interaction entre les gens, car c'est la communication qui génère 80% de l'innovation», explique Felix Räber, responsable de presse. Pour les puissants cerveaux que le site hébergera, rien n'est trop beau. L'architecture des rues, les oeuvres d'art qui parsèmeront le campus et même l'illumination seront confiées à des spécialistes mondialement connus. «Le but est de créer un lieu agréable, esthétique, capable de devenir très attractif pour les chercheurs du monde entier», résume Michael Plüss, directeur de Novartis Suisse.

Novartis Lorsque le Campus de Novartis sera terminé, il accueillera jusqu'à 8000 personnes. Les chercheurs évolueront comme dans une ville, entre le «forum» et de nombreux cafés.




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