Locarno
Comment le cinéma vint à Chiara Mastroianni
Venue à Locarno recevoir un prix d’excellence, la fille de Marcello et de Catherine Deneuve évoque son enfance cinéphile.
Avec son nom, son ascendance et son port de Madone, Chiara Mastroianni donne l’impression de marcher tête haute sur la voie royale du succès. Or elle s’avoue lente, pleine de doutes. De sa voix mélodieuse à peine rauque, elle revendique «une forme de naïveté», précisant: «Enfin, je suis un peu con des fois».
L’égérie des jeunes auteurs français (Desplechin, Beauvois, Honoré…) ne pourrait vivre sans cinéma. Non parce qu’elle a Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve pour parents: enfant, elle rêvait davantage avec Grace Kelly et Cary Grant qu’avec LE Latin Lover et l’expression suprême de l’élégance française. Ces deux, elle les connaissait «sous toutes les coutures»…
Le cinéma a toujours été pour elle de l’ordre de la transgression. Stricte sur les horaires, Deneuve autorisait toutefois sa fille à se coucher tard lorsqu’il y avait le ciné-club à la télévision. Elle a ainsi découvert Capra, Preminger, Hitchcock… Un jour, sa mère l’a emmenée au cinéma voir Le bal des vampires de Polanski. La caissière a refusé de vendre des billets, au motif que Chiara n’avait pas l’âge légal. La grande Catherine s’est fâchée et a eu gain de cause. Aujourd’hui encore la comédienne n’en revient pas que maman l’ait autorisée à voir quelque chose d’interdit… Quant au beau Marcello, il n’était guère cinéphile, préférant consacrer son temps libre à la sieste et à la rêverie. Quand, poussée par Melvil Poupaud, son copain de classe, Chiara a décidé de devenir comédienne, Catherine Deneuve n’a pas été ravie. Le papa gâteau était plutôt réjoui. Le temps lui a donné raison.
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