Des milliers de journalistes dans le monde entier voulaient cette interview. Et c’est lui, Darius Rochebin, «notre» présentateur vedette du 19:30 de la TSR, qui a obtenu ces quelques minutes au nez et à la barbe de ses collègues, sur les hauteurs de Caux, devant le chalet de Claude Nobs, samedi 17 juillet. Depuis cet événement, les premiers propos, sobres, sereins, emplis de remerciements, de Roman Polanski, ont fait le tour de la Terre: la TSR s’est offert un retentissement mondial assez inédit. Ce n’est pas arrivé par chance ou hasard.
Car le metteur en scène franco-polonais connaît bien évidemment nombre de journalistes, spécialisés ou non dans le cinéma. Mais les rudesses et soubresauts de sa vie lui ont aussi appris à se méfier de la profession. Il n’avait accordé aucun entretien à personne depuis son arrestation à Zurich le 27 septembre dernier. Pourtant, les sollicitations n’ont pas manqué: téléphones, lettres, mails, SMS, etc. nourrissaient de partout un feu constant de questions et demandes. Darius Rochebin avait lui aussi tenté sa chance: «J’avais son téléphone. Je l’ai contacté plusieurs fois à Gstaad pour lui proposer une rencontre. Précisément parce que je ne le connaissais pas: je lui disais qu’une interview avec un journaliste français ou ami aurait les effets d’une connivence, etc. Un jour, c’était vers la mimai, il m’a enfin dit: “Bon, venez prendre le thé.”»
Darius Rochebin monte donc seul dans l’Oberland boire ce thé. Il s’engage bien sûr à ne rien dire de ce face-à-face exploratoire. Mais un premier lien se crée, il constate aussi les volets clos, un enfermement réel et sans doute plus cruel que se l’imaginent ceux qui voulaient Polanski au cachot. Mais le cinéaste décline alors toute idée d’interview.
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