DVD de Gorbatchev. J’ai maintenu le contact», poursuit Darius Rochebin. «Je lui ai envoyé sur DVD des exemples d’entretiens que j’avais réalisés, histoire qu’il se rende compte du style que je pouvais avoir.» Quels exemples? «Mikhaïl Gorbatchev et Woody Allen», sourit le journaliste. Tant qu’à faire, autant lui montrer qu’on a un peu de bouteille et une certaine expérience des stars internationales.
Darius Rochebin le recontacte en juillet, assez chanceusement quelques jours avant sa libération: «Je l’ai appelé en revenant de Lucerne, lui disant que j’allais passer non loin de chez lui, que je souhaitais le revoir.» A Gstaad, un orage énorme a explosé et c’est un Rochebin trempé qui se présente. «Pour l’anecdote, il m’a prêté des pantoufles avec dessus Goofy, le personnage de Disney.» Un autre thé, mais là encore, Polanski refuse toute interview.
Dès le 12 juillet, l’annonce-surprise de son extradition refusée par la Suisse survenue, le journaliste tente encore à de nombreuses reprises de contacter Polanski. Sans réponse aucune. «Et jeudi, en plein durant le 19:30, mon portable vibre», le présentateur ayant la mauvaise habitude de laisser son appareil enclenché durant le TJ. «Je l’ai rappelé ensuite, et il m’a dit: “Montez samedi chez Claude Nobs.” Je n’y étais jamais allé et à nouveau, l’interview n’était pas vraiment garantie.»
Là-haut sur la montagne, il fallut attendre la fin du repas, avec un Polanski «assez traqueux», confie Rochebin. «Il a bu un café, voulut un Coca, puis un verre de vin. On a pu s’installer enfin vers 18 heures.» Le réalisateur ne demande pas de liste de questions, s’enquérant juste de savoir quelle sera la première. Il regardera ensuite le résultat en direct dans le 19:30, avec le journaliste à quelques mètres. A la fin, Roman Polanski se retourne vers Darius Rochebin: «Vous avez été correct.» Et surtout, persévérant.
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