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PROFIL
Jean-Pierre
Danthine
1950 Naissance
en Belgique. Professeur ordinaire
à l’école des HEC
de l’Université
de Lausanne. Septembre 2005
Directeur du
Swiss Finance Institute,
fondation créée par la
communauté financière
et bancaire suisse. Auteur de nombreux
articles et ouvrages,
fruits de ses recherches
en macroéconomie
et en finance. |
Comme toute maladie grave, une sérieuse crise financière peut se guérir. A condition que la thérapie choisie soit vraiment efficace. Professeur ordinaire à l’école HEC de l’Université de Lausanne, Jean-Pierre Danthine suggère quelques remèdes. De vieilles potions connues et enseignées dans le monde de la finance. Et aussi des nouvelles, mijotées à la faveur de la présente crise. Florilège.
01 Investir dans une bulle, c’est dangereux. Un beau jour, la bulle éclate. C’est cousu de fil blanc. Les bulles existent depuis le XVIIesiècle. Celle de l’internet qui a éclaté en 2001 n’est donc pas nouvelle. Si certains petits malins parviennent à s’en sortir à temps, la plupart des investisseurs téméraires se font prendre.
02 Il faut diversifier ses placements. Comment expliquer que des institutions financières ou bancaires mettent des sommes faramineuses dans des produits de la même famille (comme les subprimes), basés sur le même risque lié au marché immobilier et dans le même pays aux Etats-Unis? Cela n’a aucun sens.
03 Inutile de tenter le diable. Si tout ce qui compte, ce sont les gains à court terme, ne nous étonnons pas de voir adoptées des stratégies à court terme. Des stock-options devraient par exemple être gardées durant trois ans.
04 Les événements extrêmes ne sont pas si rares. Le fait que les prix immobiliers soient à la baisse dans tous les Etats américains simultanément n’était jamais arrivé. On a fondé des calculs de probabilité sur ce constat: cela n’arrivera jamais. Or, c’est arrivé!
05 Mieux appliquer les nouveaux instruments financiers. Les calculs statistiques, fondés sur des observations très courtes, ont été très fragiles. On a conclu que tout irait bien parce que tout allait bien durant quelques années. Les nouveaux instruments financiers, comme les dérivés de crédit, seront améliorés. Ils ne vont pas disparaître, car ils ne sont pas fondamentalement faux.
06 Ne pas se débarrasser de tous les risques. La titrisation, c’est le fait de transformer un actif –comme un prêt immobilier– en titre financier. Celui qui émet une hypothèque crée un risque, celui de ne pas se faire payer par le détenteur de cette hypothèque. Aujourd’hui, il peut vendre totalement ce risque à un tiers. C’est une faille. Il devrait garder au moins 5% de ce risque dans son portefeuille. Ce qui le rendrait plus responsable.
07 Limitons la taille des institutions. On est allé trop loin. Pour renverser la vapeur, il convient de limiter le taux d’endettement des banques ou d’augmenter leurs besoins en capital. Assurément, on n’en prend pas encore le chemin.
08 Mieux former les managers. Le niveau de formation des gestionnaires de banques est insuffisant. Ils doivent bénéficier de programmes spécifiques. Et apprendre à cultiver une certaine modestie.
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Tags: Jean-Pierre Danthine, économie, crise financière, bulles speculatives,
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