Commerce de médicaments
Par Camille Chardon - Mis en ligne le 06.08.2010 à 16:25
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| Le grand marché de Lomé ressemble, sur quelques points, aux Chungking Mansions Hongkongais décrits par Céline dans son reportage, au début de l’aventure blogtrotters. Dans ce marché, connu sous le nom d’Adawoato, la mondialisation de type désordonnée s’active aussi, mais plus modestement qu’en Chine. C’est d’ailleurs de là que viennent la plupart des marchandises : tissus en motifs imprimés, chaussures, téléphones portables et médicaments chinois sont très prisés en Afrique sub-saharienne. Au deuxième étage du marché d’Adawoato, Mireille Aziawor tient justement un petit commerce de médicaments. Le grand marché de Lomé compte 3 étages et environ 200 commerces en tous genres, et Mireille estime à 30 le nombre de boutiques destinées à la vente de médicaments. Au rez-de-chaussée, s’écoulent principalement les articles vendus en gros ou en demi-gros. La jeune vendeuse de 20 ans n’a cas descendre pour se procurer de nouveaux produits de diverses provenances. Parfois, elle se rend aussi dans des boutiques tenues par des Chinois expatriés, à l’extérieur du marché, afin d’acheter certains produits bien spécifiques. « Ils sont spécialistes en viagra et en Hip Up cream, une crème qui sert à faire gonfler les fesses », explique-t-elle en souriant. Cependant, le commerce de médication chinoise n’est pas des plus lucratifs. « Mon chiffre d’affaire est principalement basé sur la vente de produits pharmaceutiques uniquement distribués sous ordonnance médicale », explique-t-elle, tout en soulignant que son commerce n’est pas une pharmacie a proprement dite. « Il y a des pharmacies à Lomé, mais les médicaments y sont plus chers d’environ 500 francs CFA (1,2.- CH) la boîte. » Mireille paye une location de 7.- CH par mois et réalise, en général, 15.- CH de bénéfice par semaine, ce qui lui permet de subvenir à ses besoins. « Je suis très contente de ce travail et les vendeuses des commerces alentours sont devenues mes amies ». Il y a énormément de complicité dans ce petit coin d’Adawoato : la poursuite commune du profit pousse, ici, les gens à s’entraider. Lorsque Mireille prend sa pause de midi, ses collègues assurent la relève de la boutique. Et lorsqu’une Ghanéenne débarque chez Mireille avec un carton de médicaments : les commerçantes s’attèlent à plusieurs pour défaire rapidement les emballages et séparer gélules, notices et boîtes afin d’en réduire le volume à transporter. La Ghanéenne traversera la frontière, qui est à moins d’un kilomètre de là, avec une centaine de boîtes de médicaments. Ils seront ensuite revendus illégalement au Ghana sans avoir été taxés. C’est une des astuces qui permet aux petits commerces de médicaments de concurrencer les prix des pharmacies.
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