Montres Passion
Confidences
Deux nouvelles montres pour Swatch, un livre pour IWC: Enki Bilal raconte sa fascination pour l’horlogerie.
Gare de London Bridge, de gigantesques caves, sombres, moites: les lieux semblent avoir été construits pour Enki Bilal, l’un des quatre artistes à signer les nouveaux modèles Swatch & Art 2010.
Bédéiste et réalisateur à l’atmosphère désenchantée, historique et prophétique, l’homme préfère évoquer un «univers qui mêle le présent, le passé et le futur». Montre, marques, horlogerie: le lien se fait... «Plus que l’objet “montre”, c’est l’idée philosophique de l’horlogerie qui me fascine. J’admire ces hommes qui ont réussi à créer une telle perfection mécanique permettant à la fois de capturer et réduire le temps, cette chose face à laquelle l’homme est totalement impuissant.»
Des montres, Enki Bilal en a déjà créé, mais de manière plus confidentielle. «Ici et hors les contraintes du plastique et du cercle du cadran, un format que je n’utilise jamais, ma liberté fut totale. Je voulais quelque chose de simple, direct, un échange de regards, mélancolique et sensuel, entre des visages de personnages et le porteur de la montre, afin qu’ils affrontent ensemble ce temps qui passe…»
A la clé, deux modèles, l’un blanc (Too Many Memories, en série limitée), l’autre noir (Into Each Other). Une esthétique décalée par rapport à Swatch? La question l’étonne. «Décalé, je le suis. C’est le sens même de mon travail. Je ne veux pas rassurer mais interroger, susciter l’inquiétude, la réticence, forcer l’autre à réfléchir.»
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