On pouvait craindre la romance d’un été, d’un seul. Avec Kids, ritournelle synthétique au goût pop et psyché, MGMT marquait l’année 2008, hymne pour un nouveau Summer of love, bande-son des meetings UMP. Et on s’attendait à avoir le cœur brisé à l’heure des retrouvailles.
La surprise est donc belle à l’écoute de Congratulations, second album du duo californien. Dès It’s Working en ouverture, on craque. Compilant en quatre minutes les meilleurs gimmicks de Phil Spector et de la pop-sixties, MGMT réveille notre cœur de midinette et ausculte nos obsessions de geek musical.
De Spector à Eno. La suite de l’album est du même tonneau, pour un formidable exercice d’érudition pop. Non content d’intituler l’une de ses chansons Brian Eno, MGMT malaxe les époques et les influences, passant des Specials aux Flaming Lips, de la Motown au Wall Of Sound, avec une déconcertante facilité. Plus complexe que son prédécesseur, Congratulations n’oublie jamais pour autant les mélodies, enchaînant refrains fredonnables et rythmes accrocheurs, jusque sur le labyrinthique Siberian Breaks, ballade mouvante de plus de douze minutes, aux mouvements variés.
Midas pop d’une époque, Andrew VanWyngarden et Ben Martin Goldwasser prouvent avec leur deuxième album que l’insolence de la jeunesse est doublement payante, conciliant qualité musicale et succès public. Un constat qui fait du bien sous le règne de Lady Gaga.