L'Hebdo;
2007-08-16 Le pari de Pascal Connectés de père en fils
Pascal Auberson ne fait pas exception: lui aussi se dit «pris dans le tourbillon des multimédias». La preuve par l'anecdote. Installé sur le parterre de la Comédie de Genève, absorbé par la prestation fragile de la danseuse Noemi Lapzeson, soudain, la sonnerie de son «insupportable» retentit. Les spectateurs se retournent. Pascal, lui se retourne à son tour, «comme on fait à l'école», lâchement, si honteux d'avoir perturbé la cérémonie.
Il vous le raconte à la Auberson, les mains à hauteur de la tête, le rire carnassier, le timbre caverneux et ces yeux qui ne vous lâchent plus. On l'a compris, l'artiste fou est lui aussi online, connected, googelisé. Un ami l'a mis sur la plateforme MySpace, étiqueté «french pop, experimental, acoustic». Il a 2556 amis et répond aux commentaires. Et, pour prouver, un, qu'il sait répondre et, deux, qu'il ne se laissera pas ainsi pixéliser, il se lâche, compose, rebondit, écrit, crée et crie.
Connecting people, sa création de la semaine, est un palimpseste. D'abord, la base rythmique de Pierre Audétat, «un univers stressant, sans concession, à l'image de celui que l'on croit autiste, parce qu'il parle seul à son téléphone», explique César Auberson, 23 ans, le fils du père, qui montre, en quelques lignes aériennes de saxophone, qu'il a de qui tenir.
D'habitude, Pascal Auberson traite en priorité les mots. Cette fois, la musique prend le dessus. Il a rapidement trouvé les mots qui collaient aux harmonies de son fils. Phrases nominales, anglicismes et interjections. A lire les paroles séparément, on ne saisit pas le génie et crie au bluff. La magie n'apparaît que sur la bande, car le tout dépasse la somme des parties. C'est une jam réussie.
Pivot de la chanson, une partie légère, «comme ces pubs langoureuses sur M6 qui passent tard la nuit». L'auditeur attentif y reconnaîtra la mélodie d'un Nokia qui s'allume. Oui, quand les deux mains se joignent sur l'écran.
Les deux mains se joignent en effet sur un final à couper le souffle. César répond musicalement aux mots de son père, conquis. «Quelle récompense que de voir son fils vibrer aux mêmes sensations. Arriver à communiquer ainsi, c'est l'antinet, l'antivirtuel.» Ils sont deux connected people. |
Connecting people
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Blaise Hofmann
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