Conseil fédéral: Il faut d'autres départs
Plus les mois passent, plus l’occasion paraît avoir été tragiquement manquée. En juin dernier, alors que Pascal Couchepin annonçait son départ, L’Hebdo titrait sur la nécessité de deux autres retraits du Conseil fédéral. Pour ouvrir le jeu des candidatures. S’assurer l’élection de personnalités d’envergure. Installer au pouvoir une nouvelle génération. Et mettre fin au calvaire que Hans-Rudolf Merz inflige au pays et à lui-même. Las! Ni le radical, ni l’inamovible Moritz Leuenberger n’ont voulu partir en même temps que Couchepin.
Six mois ont passé, la crise de crédibilité du Conseil fédéral s’aggrave. Les affaires et les révélations s’enchaînent, documentant avec cruauté l’absence de collégialité, de responsabilité et de vision, pour ne pas dire d’élémentaire sens politique, de nos ministres. A l’affaire libyenne, au couac Polanski et à la votation perdue sur les minarets viennent désormais s’ajouter la crise de La Poste et le désaveu infligé par le Tribunal administratif fédéral à la FINMA (et indirectement au gouvernement).
Toujours plus de parlementaires estiment que seule une commission d’enquête parlementaire pourra remettre de la lumière et de l’ordre dans la maison suisse, ébranlée par la débâcle d’UBS. Un processus salutaire mais guère rapide. A court terme, les appels à la démission des deux maillons faibles et fatigués du gouvernement, Merz et Leuenberger, s’intensifient. Leur départ conjoint ne résoudrait pas tous les problèmes, mais éviterait de nouvelles embardées et amènerait à la tête du pays des énergies plus positives.
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