Il est des petites phrases qui pèsent lourd. Ainsi de la réponse de la ministre française de l’Economie à une nième question sur l’éventuelle suppression du fameux bouclier fiscal.
OUVRIR LA VOIE À UN MARCHÉ OBLIGATAIRE.
Cette innovation sarkozienne garantissait à chaque contribuable - avant le rabotage annoncé des niches fiscales - que le total des prélèvements de l’Etat n’irait jamais au-delà de la moitié de son revenu.
Or, ce même président de la République «a demandé de travailler sur un projet(...).
Le principe c’est la convergence fiscale avec les Allemands.» Nonobostant le fait que l’Allemagne ne connaît ni bouclier fiscal, ni impôt sur la fortune, l’essentiel n’est pas dans la cuisine à venir des arrangements pour contribuables aisés, il tient tout entier dans le mot «convergence».
Une préharmonisation des politiques fiscales entre les poids lourds de l’Union européenne ouvrirait rien moins que la voie à un marché unifié d’obligations souveraines en euros.
De quoi tenter de maîtriser le coût futur de la dette en mariant forces et faiblesses des emprunteurs les mieux notés de la zone euro.
L’Allemagne tire aujourd’hui sa croissance d’exportations dynamiques et d’une productivité du travail élevée, mais ses experts s’inquiètent des charges à venir de son vieillissement.
La France conserve un bel élan démographique mais dépend trop de sa consommation intérieure.
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