Coopération: les milliards de l’aide détournés
Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud, s’interroge sur l’efficacité de l’aide au développement. Et ce, alors que le Parlement dira bientôt combien d’argent y consacrer.
Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud et grand défenseur de l’aide aux pays du Sud s’accorderait-il avec ceux qui en sont les plus vifs détracteurs sous la Coupole, l’Union démocratique du centre (UDC)? Dans un livre à paraître vendredi 16 mai, celui-ci revient sur quatre décennies d’aide au développement, en Suisse et dans le monde. Histoire de montrer pourquoi elle est inefficace dans certaines conditions. Et rate parfois sa cible: l’éradication de la pauvreté. Le lobbyiste en chef des œuvres d’entraide (Swissaid, Caritas, Pain pour le prochain, Action de Carême, Helvetas et EPER) en convient: l’aide ne sert pas toujours le développement. Comme ce fut le cas jusqu’en 1989, alors qu’elle était soumise aux impératifs de la guerre froide. Ou de nos jours quand les USA rétribuent la loyauté des pays du Sud qui guerroient contre le terrorisme ou encore quand une grande puissance achète un vote dans un cercle onusien. Faut-il, dès lors, s’étonner de l’état miséreux de l’Afrique et en chercher les raisons sur place uniquement? Bien sûr que non.
A lire «A qui profite le développement?» Peter Niggli, Alliance Sud & Editions d’en bas, 2008. Les nouvelles priorités de la coopération au développement. «La Vie économique», seco, mai 2008.
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