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Créationnistes: A l’assaut de la Suisse

Par Julie Zaugg - Mis en ligne le 03.02.2010 à 16:13

Les mouvements qui traitent la Bible comme un récit historique sont solidement implantés en Suisse. Ils songent au dépôt d’une initiative populaire. Dans leur ligne de mire, les écoles. Les autorités font semblant de ne rien voir.

«Je crois fermement que la Bible est un récit historique.» Philip Bell pose pour voir son effet sur la cinquantaine de personnes réunies dans les locaux de l’Eglise méthodiste de Lausanne. Il reprend: «Le Déluge s’est-il vraiment produit? Et la Genèse? La science met sans cesse à jour de nouvelles preuves confirmant le récit biblique.» L’Anglais, membre de l’organisation Creation Ministeries International, exhibe alors de grandes photos de fossiles, placées à côté d’animaux et de plantes vivantes qui leur ressemblent. «Vous voyez, il y a eu zéro évolution.» L’une des images montre un poisson en train de mettre bas: «Cet animal a été surpris par une catastrophe extrêmement rapide, comme un déluge.»

Pour lui, le déroulement des événements est limpide: «Dieu a créé un monde parfait, en six jours, qui a été corrompu par l’ambition de l’homme. Il a alors ordonné le Déluge pour détruire tout ce qui se trouvait sur terre, à l’exception de deux membres de chaque espèce animale.» Fin de la conférence. Les spectateurs sont priés de se servir généreusement parmi la vingtaine d’ouvrages créationnistes mis à disposition gratuitement au fond de la salle.

Cette conférence, qui a eu lieu en novembre dernier, n’est pas un événement isolé en Suisse romande. Le lendemain, Philip Bell en a tenu une autre à Lausanne, dans les locaux de la Ligue pour la lecture de la Bible, une organisation évangélique. Le jour d’après, il s’est exprimé à l’hôtel Ramada de Genève, suite à la diffusion d’un film critiquant la théorie de Darwin, The Voyage that Shook the World.

«Manifeste créationniste». Derrière cette série de manifestations: le Centre biblique européen, une structure basée à Vuarrens (VD) et créée en 1983, qui défend les thèses créationnistes à coup de publications et de conférences. «Nous sommes en contact régulier avec quelque 300 personnes», indique son directeur Daniel Mathez. Elle n’est pas seule en Suisse romande. L’Alliance Pierres Vivantes (APV), basée à Siviriez (FR) et fondée en 1986, cherche à «présenter la création de Dieu en tant que vérité historique et non en tant que mythe religieux», ainsi qu’à démontrer «le caractère peu scientifique et mensonger de la théorie de l’évolution», selon son site internet. Elle comprend une église pentecôtiste, une école et une maison d’édition. L’APV est en lien avec les créationnistes américains de l’Institute for Creation Research, au Texas.

L’association Création Bible Science, fondée à Vevey en 1987, revendique pour sa part 200 à 300 membres. Elle a notamment publié un Manifeste créationniste. Enfin, des personnes diffusent les thèses créationnistes à titre individuel, comme le pasteur Pierre Amey. Cet ingénieur de formation, qui a officié pendant plus de vingt ans pour l’Eglise réformée de Saint-Blaise-Hauterive (NE), se décrit comme un modéré: «Il y a toute une gamme de créationnistes, des plus fondamentalistes aux plus nuancés. Moi je me concentre sur l’examen des soi-disant preuves émises par les évolutionnistes.» Il a publié une série de cassettes vidéo appelées L’évolutionnisme en question?.

Parc d’attraction. Outre-Sarine, les créationnistes sont mieux organisés encore. L’association Pro Genesis, créée en 2001 à Zurich et comptant 600 à 800 membres, se charge de diffuser des articles et des ouvrages «scientifiques». Elle organise aussi des conférences gratuites pour «les Eglises, écoles ou partis politiques intéressés», explique son fondateur Gian-Luca Carigiet. Elle est proche de la maison d’édition Schwengeler, à Berneck (SG), qui édite les magazines créationnistes Faktum et Ethos.

Projet fou, l’organisation veut créer un parc d’attractions de 50 hectares, appelé Genesisland. Un site internet doté d’animations en 3D permet de le visualiser: il sera doté de pavillons consacrés aux quatre éléments (eau, feu, terre, air) et d’une arche de Noé de 150 mètres de long, reconstituée selon les indications de la Bible. Une SA a été fondée pour lever des fonds et aurait déjà réuni 750 000 francs. «Nous cherchons des investisseurs, explique Gian-Luca Carigiet. Il nous faudrait 200 millions d’euros.» Trois sites sont étudiés, tous en Allemagne.

La Suisse alémanique compte en outre une université privée d’orientation créationniste, la STH de Bâle. Créée en 1970, elle a basé ses recherches «sur la vérité du texte divin» et évite «toute critique de la Bible». Elle mène également des fouilles archéologiques en Israël pour retrouver les lieux évoqués dans la Bible, comme le village d’Emmaüs. Elle a déjà formé quelque 1000 étudiants.

Méfiance face à la science. Outre le noyau dur de quelques milliers de personnes qui ont adhéré à l’une des associations créationnistes mentionnées ci-dessus, le sentiment semble être largement répandu dans la population. Un sondage réalisé en 2002 par l’institut Gfk, sur mandat de Pro Genesis, indiquait que 43% des Suisses croient à la création divine. Parmi ceux-ci, 22% pensaient même que la terre n’a pas plus de 10 000 ans. Une autre enquête datant de 2005 et publiée dans Science Magazine montre que 28% des Suisses pensent que l’évolution est fausse. Des chiffres impressionnants mais relativement proches de ce qu’on observe dans les autres pays européens, à l’exception de la France et des pays scandinaves, Etats très laïcs.

Cet engouement renvoie à la méfiance grandissante de la population face à la science, toujours plus associée à la dégradation de l’environnement ou aux scandales de clonage et de sang contaminé. «Le succès du darwinisme était lié à l’émergence d’un positivisme triomphant, qui voyait la science comme une source indubitable de progrès, relèvent Claire Clivaz et Philippe Bornet, professeur et maître assistant à l’Université de Lausanne, qui ont coorganisé cet automne une formation continue sur le créationnisme destinée notamment aux enseignants et pasteurs vaudois. Aujourd’hui, ce discours est remis en question, au profit d’un certain relativisme post-moderne qui conteste le discours unique de l’expert et les critères mêmes de la science.»

Mais les défenseurs les plus virulents du créationnisme se recrutent dans les Eglises évangéliques. «Il existe un fort consensus dans ces milieux autour de certaines valeurs, comme l’importance de la famille, la nécessité d’un style de vie hautement moral, l’opposition à une société perçue comme dévoyée à travers la criminalité ou la drogue ou l’interdiction du sexe avant le mariage, analyse Jörg Stolz, directeur de l’Observatoire des religions à Lausanne. Ils y voient une application à la lettre de la Bible, perçue comme le reflet exact de la parole de Dieu.» En remettre en question le moindre élément – la Genèse, par exemple – ferait s’écrouler tout l’édifice.

Les créationnistes se trouvent surtout chez les évangéliques «conservateurs» (comme l’Evangelischer Brüderverein, les darbystes, l’Action biblique, etc.), indique le chercheur Olivier Favre, qui a rédigé une thèse à ce sujet. Il y en a 10 400 en Suisse. Des politiciens, appartenant à des partis proches des milieux évangéliques comme le Parti évangélique suisse (PEV) ou l’Union démocratique fédérale (UDF), soutiennent également les thèses créationnistes. Le conseiller national Walter Donzé (PEV/BE) fait partie de la direction de Pro Genesis.

On en trouve également quelques-uns dans les paroisses protestantes et auprès des catholiques fondamentalistes. Chez les musulmans, le créationnisme a surtout pris ancrage en Turquie, sous l’influence de l’auteur Harun Yahya, qui a publié en 2007 un Atlas de la création richement illustré et distribué à des milliers d’écoles, de journalistes et de bibliothèques en France, Suisse et Belgique.

Dans les écoles. Mais que veulent au juste ces milieux? «Nous demandons qu’on enseigne le créationnisme dans les écoles, au même titre que l’évolution, relève Gian-Luca Carigiet. Nous étudions le dépôt d’une initiative populaire.» Il s’appuie sur les résultats d’un sondage commandé en 2007 à l’institut Gfk: 19,6% des personnes interrogées voulaient voir uniquement l’évolution enseignée, 4,8% seulement la création et 75,6% les deux. «Cela fait tout de même plus de 80% qui ne s’opposent pas à ce qu’on enseigne le créationnisme à l’école», relève Gian-Luca Carigiet.

Des contacts ont déjà été pris avec l’UDC et l’UDF. Cette dernière se dit prête à soutenir une telle initiative: «Le parti est favorable à l’introduction d’un enseignement créationniste, au nom de la diversité de l’éducation, indique Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l’UDF. On ne doit pas donner une seule explication de la formation du monde aux enfants.» En avril 2008, trois députés UDF au Grand conseil zurichois ont déposé un postulat réclamant qu’on donne le même poids en cours de biologie aux théories créationniste et évolutionniste. Le Conseil d’Etat s’y est refusé, arguant que cela mettrait en danger la liberté de croyance inscrite dans la Constitution.

Le créationnisme a cependant commencé à pénétrer dans les salles de classe par la petite porte. En novembre 2007, le Département de l’instruction bernois annonçait le retrait d’un manuel scolaire, NaturWert, qui contient un passage mettant les arguments créationnistes sur le même plan que la théorie de l’évolution. Moins visible, certains enseignants diffusent ces thèses en classe. «On m’a parlé d’une prof qui proposait systématiquement à ses élèves des sujets de travail de maturité ayant pour but de défendre le créationnisme», raconte un enseignant dans un gymnase lausannois. Jacques Daniélou, président du Syndicat vaudois des enseignants, dit avoir été interpellé «trois ou quatre fois» ces dernières années par des professeurs que cela dérangeait de devoir enseigner exclusivement la théorie de l’évolution.

Jean*, enseignant de sciences et d’histoire biblique dans le secondaire vaudois, évoque ouvertement son malaise: «Je suis chrétien, et je trouve que le créationnisme aurait sa place à l’école, car cela appartient à notre tradition judéo-chrétienne. Lorsque j’enseigne l’évolution, cela ne correspond pas à ce que je pense. Les élèves le sentent et me demandent souvent mon avis. Je leur parle alors du créationnisme.» Il dit avoir «plusieurs collègues» dans le même cas.

Une étude récente du Fonds national suisse réalisée à la Haute école pédagogique (HEP) de Berne a montré que de nombreux enseignants en formation présentaient des tendances créationnistes. Angela Stienen, l’une des chercheuses, estime que 20% des étudiants de la HEP sont «très croyants», surtout de tendance évangélique. «Ils nous disaient que l’enseignement de l’évolution pourrait leur causer “un conflit intérieur” et serait très difficile pour eux, détaille-t-elle. Ils savent toutefois qu’ils doivent aborder cette théorie.» L’éducation sexuelle leur pose également problème, en raison de l’accent mis sur la contraception. Angela Stienen rappelle que les jeunes très croyants sont surreprésentés dans l’enseignement ou le social, des métiers qui correspondent à leur besoin de «faire le bien», d’imprégner la société de leurs valeurs et de concilier travail et vie de famille.

Cantons pas au courant. Les autorités ne semblent pas avoir conscience de cette situation: interrogés par L’Hebdo, tous les cantons romands ont dit n’avoir jamais été confrontés à un enseignant créationniste. Un certain secret entoure ce qui se passe dans la salle de classe. Si les élèves ne s’en ouvrent pas à leurs parents ou à la direction de l’école, les remarques créationnistes du prof peuvent très bien passer inaperçues. La plupart des lois cantonales sur l’école obligatoire interdisent certes le prosélytisme religieux en classe, mais les contrôles sont rares. L’autorité de surveillance, dont chaque canton dispose, n’intervient que sur plainte.

Quant au programme scolaire, décidé au niveau cantonal, il reste flou quant aux théories qui doivent être abordées. Le genevois se contente par exemple d’indiquer que l’élève «doit acquérir les connaissances qui devraient lui permettre de comprendre les mécanismes évolutifs dont il est issu». Le nouveau plan d’études romand, qui entrera en vigueur en 2011, ne va pas plus loin. «En biologie, le thème “Diversité du vivant” peut être présenté sous l’angle de l’évolution, mais le terme “évolution” et “créationnisme” n’apparaissent pas en tant que tels dans le programme», indique Yves Delamadeleine, son responsable à la Conférence intercantonale de l’instruction publique romande et tessinoise.

Il existe en outre des écoles privées acquises au créationnisme. Elles sont tenues d’appliquer le programme officiel, mais elles sont libres de procéder à des ajouts. En Suisse romande, il y en a au moins huit, regroupées sous la bannière de l’association Instruire. Proches d’Eglises évangéliques, elles proposent à quelque 300 élèves «un enseignement qui prend la Bible comme référence, ce qui n’est pas possible au sein de l’école publique», explique Emmanuelle Tendon, leur porteparole. «Nous enseignons l’évolution, mais aussi la création, précise Dominique Schaller, porte-parole de l’Alliance Pierres Vivantes, qui possède une école avec une vingtaine d’élèves. Il faut que l’élève sache qu’il existe plusieurs théories, comme en philosophie.»

L’APV vend également du matériel scolaire aux parents souhaitant prendre en charge eux-mêmes l’éducation de leurs enfants (home schooling), une tendance très répandue chez les créationnistes américains. On trouve notamment un manuel de biologie, destiné à «faire découvrir aux élèves les richesses de la création des 5e et 6e jours». Darwin n’a pas fini de se retourner dans sa tombe...
«ON NE DOIT PAS DONNER UNE SEULE EXPLICATION DE LA FORMATION DU MONDE AUX ENFANTS.»
Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l’UDF
 
Lire aussi
 
À CONSULTER

«Evolution et croyances», Philippe Bornet, Claire Clivaz et alii, Labor et Fides. A paraître à l’automne 2010.

«Les créationnismes: une menace pour la société française?», Olivier Brosseau et Cyrille Baudouin, Syllepse, 2008. http://www.tazius.fr/les-creationnismes/

PLUSIEURS COURANTS

Des Jeune-Terre à l’«Intelligent design»

Les créationnistes s’appuient sur la Bible, perçue comme un texte historique, et s’opposent à la théorie de l’évolution développée il y a 150 ans par Darwin. Ils refusent de croire que l’apparition de la vie soit le fruit du hasard et qu’elle n’ait pas de finalité ou de sens. Le fait que l’homme – censé être à l’image de Dieu – descende du singe leur est également insupportable. Un premier courant créationniste, dit Jeune-Terre, postule que le monde a été créé en six jours de 24 heures et n’a donc pas plus de 6000 à 10 000 ans.

Les tenants du créationnisme Vieille-Terre pensent au contraire que les six jours de la Genèse peuvent être interprétés comme des périodes de plusieurs milliers d’années. Ils admettent que de «micro-évolutions» ont pu se produire au sein d’une même espèce, mais nient l’apparition de nouvelles espèces. Dès les années 90, les créationnistes ont modernisé leur théorie, créant l’«Intelligent design» (ID), qui admet l’évolution des espèces mais postule qu’elle est orchestrée par une intelligence supérieure. La complexité de certains organismes – comme l’œil – est telle qu’elle ne peut être apparue par hasard, disent-ils.

Les défenseurs de ces thèses vont jusqu’à financer des recherches géologiques ou archéologiques, comme ces créationnistes américains qui mènent des fouilles sur le mont Ararat en Turquie pour trouver l’arche de Noé. Autre tactique de validation, ils se font soutenir par des scientifiques de renom issus d’autres branches que la biologie (ingénieurs, juristes).

DEPUIS 150 ANS

1859 Publication de L’origine des espèces de Charles Darwin, l’ouvrage fondateur de la théorie de l’évolution.

1925 Quinze Etats américains interdisent l’enseignement de l’évolution, suite au Butler act adopté par le Tennessee. Un professeur, soutenu par l’Union américaine pour les libertés civiles, saisit les tribunaux pour s’y opposer. C’est le fameux «procès du singe», qu’il perdra.

1968 La Cour suprême juge l’interdiction d’enseigner l’évolution contraire à la séparation de l’Eglise et de l’Etat prévue par la Constitution.

1981-87 Des procès ont lieu dans 26 Etats américains entre tenants et opposants d’un enseignement créationniste à l’école. En 1987, la Cour suprême l’estime contraire à la liberté de croyance contenue dans le premier amendement de la Constitution.

1991 La théorie de l’Intelligent design (ID) est formulée dans l’ouvrage Darwin on trial de Phillip Johnson, professeur de droit à Berkeley. Un an plus tôt, le Discovery Institute, un think tank dédié à l’ID, voyait le jour à Seattle.

1999 Le Kansas supprime l’évolution de ses programmes scolaires, avant de revenir sur sa décision en 2001.

2005 Les villes de Dover (Pennsylvanie) et Grantsburg (Wisconsin) décident d’enseigner l’Intelligent design à l’école. La justice les désavoue.

2007 Le Conseil de l’Europe adopte le rapport du député français Guy Lengagne sur les dangers du créationnisme dans l’enseignement. Il en constate l’avancée dans 13 pays, dont la Suisse. Aux Etats-Unis, un gigantesque musée de la création voit le jour dans le Kentucky.

2008 Après le président George Bush, le candidat républicain à la présidentielle John McCain et sa colistière Sarah Palin affichent publiquement leurs convictions créationnistes.




Tags: Créationnisme,

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Réaction de Nowak Emmanuel
le 18.02.2010 à 20:08
Malheureusement, l'article en question continue de propager l'équation selon laquelle l'évolutionnisme...
 
Réaction de Flamme
le 15.02.2010 à 21:25
Je rajoute ceci, c'est le courrier que j'ai envoyé à l'Hebdo....
 
Réaction de mithys
le 12.02.2010 à 17:11
Les créationnistes ont-ils vraiment choisi de l’être ? Faute d’arguments pertinents, les...
 
Réaction de Flamme
le 12.02.2010 à 14:10
Mes filles fréquentent l'école salta que votre journal utilise pour illustrer...
 
Réaction de Pifou
le 11.02.2010 à 17:46
Froid dans le dos ! Est-il véridique qu'en Suisse, dans l'enseignement...
 
Réaction de Logine
le 10.02.2010 à 08:06
C'est intéressant de constater que les fidèles mêmes ne connaissent pas...
 
Réaction de mithys
le 05.02.2010 à 06:47
Pourquoi les créationnistes le sont-ils ? Ont-ils vraiment choisi de l’être...
 



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