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Crise à l’UDC.

Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 14.08.2008 à 00:00

Errance. Un président de parti incapable, des sondages catastrophiques et un électorat qui n’y comprend plus rien. L’UDC vit sa cure hors du Conseil fédéral dans la douleur.

Voilà presque neuf mois que l’UDC s’est lancée corps et biens dans l’opposition, mais le premier bilan est proche du désastre. Alors qu’elle a engrangé 29% de voix lors des élections fédérales le 21 octobre 2007, confortant sa place de premier parti de Suisse, elle chute à 23% dans le dernier baromètre électoral de l’institut Isopublic paru le 6 juillet dernier. Le nouveau président, le fringant paysan saint-gallois Toni Brunner, 34 ans, est de plus en plus décrié dans ses propres rangs.
Quant à la toute-puissante section zurichoise, elle a dû appeler à la rescousse le bon vieux Ueli Maurer, alors que trois mois plus tôt le parti national justifiait l’intronisation de Toni Brunner par la nécessité d’un changement de générations. Et même Christoph Blocher, qui a réformé et conduit le parti de victoire électorale en victoire électorale ces vingt dernières années, semble avoir perdu de son aura depuis son éjection du Conseil fédéral. Sa cote de confiance est au plus bas.
Il n’y a plus guère que le Zurichois Christoph Mörgeli pour défendre ce bilan. Provocateur, il le juge même étonnamment bon: «Nous avons cartonné aux élections cantonales à Saint-Gall et à Schwyz, où nous sommes le premier parti», se réjouit-il. Et depuis que l’UDC n’y est plus, jubile-t-il, «jamais le Conseil fédéral n’a été aussi faible».
 
Députés inquiets. En Suisse romande, le ton est moins fanfaron. «Le bilan? Quel bilan?» En quatre mots, le Genevois Yves Nidegger dresse le constat d’échec de l’UDC, qui, analyse-t-il, ne sait pas encore quoi faire de son nouveau costume. Tout aussi insatisfait, le vice-président du parti suisse Yvan Perrin avoue son malaise: «Le gouvernement, c’est l’architecte qui esquisse la maison. Au Parlement, nous sommes réduits à jouer les décorateurs d’intérieur qui décident de la couleur des rideaux. Ce rôle d’opposition ne me convient pas du tout.»

En janvier dernier, l’UDC avait pourtant tenté de définir une stratégie pour triompher aux élections de 2011 et atteindre 30, voire 35 % de part électorale. Les instances dirigeantes, auxquelles s’étaient joints les influents conseillers nationaux Christoph Mörgeli et Toni Bortoluzzi, s’étaient donné rendez-vous à Zurich. «La séance a ressemblé à un repas canadien, raconte Yvan Perrin. Chacun a apporté sa vision des choses, puis nous sommes repartis avec le sentiment qu’il faudrait interpréter cette opposition au coup par coup.»

Grand vide à combler. Au Parlement, l’UDC n’a guère changé sa manière de travailler, si ce n’est qu’elle boude désormais les entretiens de Watteville, qui réunissent avant chaque session la présidence des partis gouvernementaux et le Conseil fédéral. Pour combler ce grand vide, la députation UDC s’est signalée par une rafale de propositions iconoclastes dans le débat sur le programme de législature en mai dernier. Elle en a fait une trentaine, exigeant notamment une baisse des dépenses de la Confédération de 20% jusqu’en 2011. Elle a aussi refusé les comptes 2007 de la Confédération, qui affichaient pourtant un bénéfice de 4,1 milliards de francs.

Les troupes n’ont pas le moral. Mais le premier sujet d’inquiétude n’est avoué à ce stade que sous le couvert de l’anonymat: on ne sait plus qui tient le gouvernail alors que la tempête fait rage. Durant deux décennies, Christoph Blocher a donné le ton, d’abord comme chef du parti zurichois, puis en tant que conseiller fédéral. Le 1er mars dernier, il a préféré jouer les marionnettistes, s’effaçant au profit de son «fils spirituel», ce pauvre Toni Brunner.
Une erreur de casting, comme s’accordent à le dire presque tous les observateurs de la vie politique. «Le mauvais président au mauvais moment», vient de titrer la Berner Zeitung. Toni Brunner peut certes se prévaloir du grand succès de son parti dans le canton de Saint-Gall. Mais il n’a pas l’étoffe d’un président national. Il fait encore illusion quand il s’agit de matraquer les messages du parti face aux caméras, mais il accumule les bourdes, incapable de la moindre pensée stratégique. Pour ne rien arranger, il a été naïf au point de se faire pincer pour avoir transmis à son parti et à la presse des documents confidentiels. Une enquête est en cours.
«Nous avons élu un président-marketing. Imaginez la tête de Toni Brunner à côté du Cervin sur une tablette de chocolat, et vous aurez une magnifique image de la Suisse», ironise un député UDC. «C’est injuste, Toni Brunner est un bon président arrivé au mauvais moment. Laissez-le travailler», corrige Yvan Perrin.
 
 
 
Dates clés
12-13 décembre 2007 Après la non-réélection de Blocher au Conseil fédéral, l’UDC part dans l’opposition.

1er mars 2008 L’UDC élit Toni Brunner à sa présidence et le soutient par cinq vice-présidents. Il en résulte un flottement dans la conduite du parti.

Printemps 2008 L’UDC gagne les élections cantonales en Thurgovie, à Saint Gall, Schwyz et Uri.

Mai 2008 Toni Brunner est affaibli: il fait l’objet d’une procédure pénale pour violation du secret de fonction dans l’affaire Blocher-Roschacher.

1er juin 2008 Dimanche noir pour l’UDC, qui ne réunit que 36% de l’électorat en faveur de son initiative sur les naturalisations par le peuple.

5 juillet 2008 Divisée, l’assemblée des délégués suit Christoph Blocher qui l’enjoint à ne pas lancer de référendum sur la libre circulation des personnes.
 
 
Découvrez l'entier de l'article dans L'Hebdo.





Tags: UDC, Conseil fédéral, députés, Suisse,

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Réaction de Verrabien
le 15.08.2008 à 10:58
Comme tout parti d'extrême droite (ou droite dure, ou droite...
 
Réaction de Mon oeil
le 14.08.2008 à 17:34
Votre article c'est de la méthode Coué. Faire de l'autosuggestion...
 



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