Crise à l’UDC.
Errance. Un président de parti incapable, des sondages catastrophiques et un électorat qui n’y comprend plus rien. L’UDC vit sa cure hors du Conseil fédéral dans la douleur.
Voilà presque neuf mois que l’UDC s’est lancée corps et biens dans l’opposition, mais le premier bilan est proche du désastre. Alors qu’elle a engrangé 29% de voix lors des élections fédérales le 21 octobre 2007, confortant sa place de premier parti de Suisse, elle chute à 23% dans le dernier baromètre électoral de l’institut Isopublic paru le 6 juillet dernier. Le nouveau président, le fringant paysan saint-gallois Toni Brunner, 34 ans, est de plus en plus décrié dans ses propres rangs.
Quant à la toute-puissante section zurichoise, elle a dû appeler à la rescousse le bon vieux Ueli Maurer, alors que trois mois plus tôt le parti national justifiait l’intronisation de Toni Brunner par la nécessité d’un changement de générations. Et même Christoph Blocher, qui a réformé et conduit le parti de victoire électorale en victoire électorale ces vingt dernières années, semble avoir perdu de son aura depuis son éjection du Conseil fédéral. Sa cote de confiance est au plus bas. Il n’y a plus guère que le Zurichois Christoph Mörgeli pour défendre ce bilan. Provocateur, il le juge même étonnamment bon: «Nous avons cartonné aux élections cantonales à Saint-Gall et à Schwyz, où nous sommes le premier parti», se réjouit-il. Et depuis que l’UDC n’y est plus, jubile-t-il, «jamais le Conseil fédéral n’a été aussi faible».
Députés inquiets. En Suisse romande, le ton est moins fanfaron. «Le bilan? Quel bilan?» En quatre mots, le Genevois Yves Nidegger dresse le constat d’échec de l’UDC, qui, analyse-t-il, ne sait pas encore quoi faire de son nouveau costume. Tout aussi insatisfait, le vice-président du parti suisse Yvan Perrin avoue son malaise: «Le gouvernement, c’est l’architecte qui esquisse la maison. Au Parlement, nous sommes réduits à jouer les décorateurs d’intérieur qui décident de la couleur des rideaux. Ce rôle d’opposition ne me convient pas du tout.»
En janvier dernier, l’UDC avait pourtant tenté de définir une stratégie pour triompher aux élections de 2011 et atteindre 30, voire 35 % de part électorale. Les instances dirigeantes, auxquelles s’étaient joints les influents conseillers nationaux Christoph Mörgeli et Toni Bortoluzzi, s’étaient donné rendez-vous à Zurich. «La séance a ressemblé à un repas canadien, raconte Yvan Perrin. Chacun a apporté sa vision des choses, puis nous sommes repartis avec le sentiment qu’il faudrait interpréter cette opposition au coup par coup.»
Grand vide à combler. Au Parlement, l’UDC n’a guère changé sa manière de travailler, si ce n’est qu’elle boude désormais les entretiens de Watteville, qui réunissent avant chaque session la présidence des partis gouvernementaux et le Conseil fédéral. Pour combler ce grand vide, la députation UDC s’est signalée par une rafale de propositions iconoclastes dans le débat sur le programme de législature en mai dernier. Elle en a fait une trentaine, exigeant notamment une baisse des dépenses de la Confédération de 20% jusqu’en 2011. Elle a aussi refusé les comptes 2007 de la Confédération, qui affichaient pourtant un bénéfice de 4,1 milliards de francs.
Les troupes n’ont pas le moral. Mais le premier sujet d’inquiétude n’est avoué à ce stade que sous le couvert de l’anonymat: on ne sait plus qui tient le gouvernail alors que la tempête fait rage. Durant deux décennies, Christoph Blocher a donné le ton, d’abord comme chef du parti zurichois, puis en tant que conseiller fédéral. Le 1er mars dernier, il a préféré jouer les marionnettistes, s’effaçant au profit de son «fils spirituel», ce pauvre Toni Brunner. Une erreur de casting, comme s’accordent à le dire presque tous les observateurs de la vie politique. «Le mauvais président au mauvais moment», vient de titrer la Berner Zeitung. Toni Brunner peut certes se prévaloir du grand succès de son parti dans le canton de Saint-Gall. Mais il n’a pas l’étoffe d’un président national. Il fait encore illusion quand il s’agit de matraquer les messages du parti face aux caméras, mais il accumule les bourdes, incapable de la moindre pensée stratégique. Pour ne rien arranger, il a été naïf au point de se faire pincer pour avoir transmis à son parti et à la presse des documents confidentiels. Une enquête est en cours.
«Nous avons élu un président-marketing. Imaginez la tête de Toni Brunner à côté du Cervin sur une tablette de chocolat, et vous aurez une magnifique image de la Suisse», ironise un député UDC. «C’est injuste, Toni Brunner est un bon président arrivé au mauvais moment. Laissez-le travailler», corrige Yvan Perrin.
| Dates clés |
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12-13 décembre 2007 Après la non-réélection de Blocher au Conseil fédéral, l’UDC part dans l’opposition.
1er mars 2008 L’UDC élit Toni Brunner à sa présidence et le soutient par cinq vice-présidents. Il en résulte un flottement dans la conduite du parti.
Printemps 2008 L’UDC gagne les élections cantonales en Thurgovie, à Saint Gall, Schwyz et Uri.
Mai 2008 Toni Brunner est affaibli: il fait l’objet d’une procédure pénale pour violation du secret de fonction dans l’affaire Blocher-Roschacher.
1er juin 2008 Dimanche noir pour l’UDC, qui ne réunit que 36% de l’électorat en faveur de son initiative sur les naturalisations par le peuple.
5 juillet 2008 Divisée, l’assemblée des délégués suit Christoph Blocher qui l’enjoint à ne pas lancer de référendum sur la libre circulation des personnes.
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| Dossier 'Partis politiques' | | |
Tags: UDC, Conseil fédéral, députés, Suisse,
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| Réaction de Verrabien le 15.08.2008 à 10:58 | | Comme tout parti d'extrême droite (ou droite dure, ou droite... Comme tout parti d'extrême droite (ou droite dure, ou droite nationaliste ou populiste comme on dit en Suisse pour rester poli), l'UDC est un vers solitaire. Il suffit de lui couper "la tête" pour que le reste du corps tombe. Les démocrates suisses unis en ont saisi l'occasion en décembre 2007. Le corps de l’UDC est encore agité de quelques soubresauts nerveux non contrôlés. Puis les élus campagnards de l'UDC, dramatiquement déconnectés des réalités et en manquent de veine, disparaîtront, désespérément seuls.
Le problème de l'UDC, comme de tout parti d'extrême droite, est qu'elle est incapable de s'allier avec d'autres forces politiques. Ses campagnes extrêmes et ses prises de position violentes rebutent. Son absence légendaire de programme achève de l'isoler : silence complet sur le travail, le chômage, la politique des transports, l'environnement, l'éducation, l’enseignement, la culture, l'urbanisme, le logement, les salaires, la protection des consommateurs, la santé, etc... Taper avec haine et une mauvaise fois aveugle pendant des années sur les étrangers finit toujours par lasser.
La définition de l'intelligence est la capacité d'adaptation et de compréhension. Incapable de l'un comme de l'autre, un parti d'extrême droite comme l'UDC finit toujours par disparaître tel un vieux dinosaure. Minoritaire partout et tout le temps, l'UDC ne sert à rien. | |  |
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| Réaction de Mon oeil le 14.08.2008 à 17:34 | Votre article c'est de la méthode Coué.
Faire de l'autosuggestion... Votre article c'est de la méthode Coué.
Faire de l'autosuggestion et prendre vos désirs pour des réalités ne vous aidera pas à combattre l'UDC. Evidemment, qu'il y ait un petit tassement visible dans un sondage fait au plus dur de l'opération chirurgicale d'ablation de l'appendicite (exclusion de la section grisonne), cela n'a rien d'étonnant. Il y avait un peu d'émotion sur le moment, c'était inévitable. Mais cette opération est faite.
L'autorité de la ligne gagnante a été affirmée. Toutes les sections romandes sans exception l'ont confirmée. La section bernoise a conspué les trois tondus et quatre pelés qui l'ont quittée pour les beaux yeux de Samuel Schmid, un héros complètement déconsidéré depuis l'affaire Nef. La nouvelle section des Grisons a déjà plus de 1000 membres, ce qui est incroyable. Le Parti Bourgeois Démocratique va forcément faire pschitt. Dès la rentrée, tout le monde aura oublié cette péripétie.
En attendant les réalités sont toujours là. Elle elles vont apporter de plus en plus d'eau au moulin UDC. On va entrer en récession. Les accords de libre circulation vont entrer en application et les gens vont en sentir les conséquences désagréables. La gauche et les partis non UDC vont tous en pâtir. Le gouvernement cafouille totalement, dans tous les domaines. On soutient Samuel Schmid, - l'idiot utile comme l'appelle gentiment votre collègue Chantal Tauxe -, en sachant qu'il est nul ce que plus personne ne conteste, simplement parce que ça arrange les partis anti UDC (PS, PDC, PRD). Bel exemple de pette politique qui ne se soucie pas des besoins du pays et du peuple mais seulement des petits calculs de carrière des petits politiciens.
Le public observe, et juge.
Croyez vous que l'opinion n'y voie pas clair? Entre la pétaudière des partis gouvernementaux et leur politique cafouillante, et un parti d'opposition imperturbable dans sa ligne claire, qui répond aux attentes du public, comment l'opposition ne progresserait-elle pas?
Il ne sert à rien de glaner diverses citations de membres de l'UDC en les sortant de leur contexte, pour donner l'impression qu'il y a un malaise. Quel malaise dans un parti qui a connu plus de 15'00 nouvelles adhésion en quelques mois? C'est une consolidation, un tassement momentané sur un niveau très haut, avant de reprendre la montée. Il reste plus de 3 ans avant les élections de 2011. Ce sera vite là, mais c'est bien assez longtemps pour que l'UDC soit prête à gagner à nouveau un gros paquet de voix.
Vous avez beau dire que l'opposition ne veut rien dire. L'UDC est vraiment dans l'opposition. Il n'y a qu'à consulter son site udc.ch et écouter chaque semaine les propos de l'inspirateur et stratège principal sur teleblocher.ch, pour le comprendre.
La vie politique suisse est entrée dans une nouvelle époque depuis le 12 décembre 2007. Les politiciens qui ont voulu se débarrasser de Blocher ont contraint l'UDC à devenir le parti de l'espoir, le parti du changement, qui n'a aucune raison de ménager le gouvernement aussi peu que ce soit, qui ne pâtit absolument pas des échecs de ce gouvernement, au contraire, et qui tirera profit de toutes ses faiblessses. Il a déjà mis Mme Widmer née Schlumpf et M. Samuel Schmid dans les cordes.
L'UDC sait ou elle va, les autres partis sont déboussolés. Ils peuvent soit tenter une "majorité programmatique" et enterrer la concordance comme l'esquisse Mme Tauxe dans son article "l'idiot utile", c'est à dire un front républicain, mais cela ne peut pas marcher dans un pays de démocratie semi-directe. Dans ce cas, l'UDC montera à 40%, seule opposition crédible à la coalition de centre gauche. Ou alors ils peuvent décider de revenir à la concordance, et dans ce cas cela signifie élire deux UDC blochériens, alors que le parti est plus que jamais dans la main de Christoph Blocher. En efeft il n'y aura plus moyen de refaire le coup Schmid ou Widmer-Schlumpf. Du deuxième cas aussi l'UDC profiterait, car de participer à nouveau au gouvernement lui donnerait à nouveau une nouveau prestige de premier parti de gouvernement, encore plus fort que le parti radical ne l'a jamais été depui 1919.
Vous voyez bien qu'une analyse fondée sur la logique politique, appliquée avec sérieux, donne un résultat opposé à votre wishful thinking de journaliste impliqué dans une campagne de fabrication de l'opinion qui n'a aucune chance de réussite.
Le 12 décembre 2007 a été un autogoal monumental pour la classe politique. Tous ceux qui y ont participé seront pénalisés dans les urnes en 2011, quelques soient les turbulences momentanées dans lesquelles on puisse se trouver en ce moment, et quelles que soient les campagnes de l'Hebdo.
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