Crise Immobilière: Que vaut encore votre maison?
Pour limiter les risques, les banques suisses sont devenues plus restrictives dans l’octroi de crédits hypothécaires. Les dossiers refusés se multiplient.
Durant dix ans, la santé de l’immobilier suisse est restée de fer, dopée par une hausse constante des prix. Mais depuis six mois, le marché s’enrhume. Pas de quoi attraper une pneumonie, mais suffisamment pour gripper la machine. Aujourd’hui, il n’est plus possible de vendre n’importe quoi n’importe où et à n’importe quel prix. Du moins pas partout. Est-ce le début de la crise? Va-t-on vers un marché qui s’effondre à l’instar de ce qui s’est passé aux Etats-Unis où la remontée brusque des taux d’intérêt a mis sur la paille des milliers de propriétaires peu solvables? La Suisse sera-t-elle emportée par la vague qui ébranle le secteur en Europe, notamment en Espagne ou en Angleterre? Dans le milieu immobilier, personne ne l’envisage. «C’est plutôt un retour à la normale», observe Hervé Froidevaux, analyste chez Wüest & Partner, co-auteur de l’étude Immo-Monitoring 2008/I. «On a vécu une période où tout était possible, y compris les excès», confirme Sébastien Cretton, directeur de SwissRéseau, le réseau des professionnels de l’immobilier regroupant 49 des principaux acteurs de la branche en Suisse romande. Transactions: baisse de prix en périphérie. Même si les prix sont élevés et les plus-values intéressantes, spéculer sur les bénéfices d’une vente peut être dangereux. Localisation primordiale. Les bouleversements sur le marché de l’immobilier peuvent créer des opportunités, aussi bien pour l’acheteur que pour le vendeur. Le point en six questions.
01Les prix vont-ils baisser? Cela fait dix ans que les prix augmentent et les professionnels s’attendaient à ce que cela se termine. Surtout avec les incertitudes liées à la conjoncture mondiale. «Le recul des prix est perceptible depuis le dernier trimestre 2007... 02 Faut-il vendre? Selon les experts, deux catégories de propriétaires pourraient envisager une transaction: ceux qui possèdent un objet situé en dehors des zones hyperactives et ceux plus âgés, sans enfant, dont le bâtiment est bien localisé... 03 Faut-il acheter? A priori pas. Acheter demande de gros moyens. «La logique voudrait que l’on attende. Les prix dans certaines régions devraient baisser à court terme. Toutefois, il y a des moments où l’on ne peut pas reporter, constate Hervé Froidevaux. Une famille avec des enfants en bas âge a besoin d’espace maintenant, pas dans dix ans.» ... 04 Que faut-il absolument éviter? Si l’acheteur ne veut pas se retrouver marri, il doit être attentif à la qualité de l’objet et à sa localisation, notamment en matière de transports publics. La légère détente du marché permet de prendre un peu plus de temps pour comparer, s’assurer de la bien-facture, voire négocier le prix... 05 Faut-il mettre les banques en concurrence? Bien que les dossiers soient mieux examinés par les banques, le marché reste très dur. «Il est fortement recommandé de marchander l’offre d’une banque. Celle-ci s’y attend et la première proposition est souvent trop élevée,» explique Roland Bron, directeur de VZ Suisse romande. Le passage par un comparateur de taux sur l’internet est conseillé, même si les différences sont minimes... 06 Hypothèque à taux fixe? Pas forcément. Même si les taux hypothécaires sont toujours bas, ils augmentent depuis trois ans. «Et personne ne peut prévoir la tendance,» regrette Roland Bron. Cette incertitude encourage la tactique du saucissonnage qui partage l’emprunt en tranche de durées différentes, voire variables. Cette technique offre une certaine flexibilité quel que soit l’avenir...
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