Médias
Daniel Pillard: "On peut faire du people intelligent"
L’illustré change de peau. Avant l’arrivée de Michel Jeanneret qui lui succédera à la tête du magazine cet automne, Daniel Pillard s’explique sur la nouvelle formule et sur les mutations en cours dans la presse romande.
L’illustré vient d’adopter une nouvelle formule: pourquoi ce changement? L’ancienne formule était vieille de six ans, ce qui est un âge vénérable. Au fil des ans, elle a connu des adaptations et l’introduction de nouvelles rubriques. En soi, chacun de ces changements faisait sens, mais l’impression générale devenait de plus en plus chaotique. La deuxième raison du renouvellement est plus commerciale: du côté de la pub, on estime que le magazine devrait être un peu plus moderne et haut de gamme, mais aussi un peu plus féminin car c’est sur ce terrain de la pub féminine que L’illustré peut gagner des parts de marché. Or l’ancienne maquette faisait l’effet d’un vieux costume un peu démodé. Vous avez donc répondu aux désirs de la pub? Le rôle de la pub n’est pas de conduire le journalisme. Nous devons surtout écouter nos lecteurs qui nous disent quelque chose de différent. S’ils aiment L’illustré, c’est d’abord parce qu’il est romand. Et parce qu’il contient plusieurs magazines en un: il est à la fois un peu Gala, un peu Paris Match, un peu GEO, un peu Femme actuelle... L’illustré gagnant sa vie pour moitié sur le marché de la pub, pour moitié sur le marché lecteurs, nous avons donc fait un compromis. Nous avons modernisé le magazine sans en changer la recette: la nouvelle maquette a été confiée à deux graphistes zurichoises qui ont déjà réalisé celle de la Schweizer Illustrierte et, surtout, celle de SI Style qui est assez branchée et sympa.
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