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Iran
Dans l’intimité des femmes derviches

Par Isabelle Falconnier - Mis en ligne le 29.09.2010 à 13:47

La photographe lausannoise Patricia Laguerre explore le soufisme au féminin. Une spiritualité que trois événements présentent aux Romands.

«L’esprit du temps cherche à évoluer. Et le soufisme plaît, touche. Il apporte une réponse profonde à notre quête de sens, tout en montrant que l’islam peut ne pas faire peur.» Elif Shafak est Turque, écrivaine, et son nouveau livre, Soufi, mon amour (Phébus) fait un carton partout où il paraît, de sa Turquie d’origine à la France, où il est sorti le mois dernier.

Mettant en parallèle les destins du derviche Shams de Tabriz, du poète Roumi et d’une Américaine d’aujourd’hui en quête d’amour, il capte une tendance spirituelle contemporaine forte, à laquelle fait écho ce mois d’octobre en Suisse romande une série d’événements (lire notes) autour du soufisme.

En fil conducteur, la très belle exposition de photographies de la Franco-Lausannoise Patricia Laguerre, qui a pu s’introduire dans une congrégation de femmes derviches de Sanandaj, chef-lieu de la province iranienne du Kurdistan. Durant quatre ans, en plusieurs séjours entre 2004 et 2008, elle a vécu et photographié le zikr, «soit la cérémonie qui consiste, en invoquant de manière répétée les noms de Dieu, à chercher à entrer en communication avec le divin.

Deux fois par semaine, une centaine de femmes de tous âges, mariées ou non, de toutes professions ou couches sociales, se réunissent pour deux heures dans le tekke, soit le lieu de prière, se déchaussent, font leurs ablutions et revêtent un tchador blanc, puis, au rythme des tambours, balancent les bras, la tête, sautent, hurlent, pleurent, parfois glissent par terre.

Elles ne tournent pas comme les derviches tourneurs de Konya, mais c’est très impressionnant, quasi hypnotisant. J’étais prise par la chaleur dégagée par la cérémonie. Il faut savoir lâcher sa pensée rationnelle... Parfois, j’en oubliais de photographier!»

Intéressée par les manifestations de la ferveur en général, Patricia Laguerre se dit surprise par le nombre de ses connaissances qui s’intéressent au soufisme, allant jusqu’à organiser elles-mêmes des zikr. Ses images intimes, poétiques et vibrantes amènent un beau début de réponse.


Dans l’intimité des femmes derviches. Lausanne, Galerie Synopsism. Jusqu’au 30 octobre. www.synopsism.com

Femmes derviches. Amdathtra Musiques du monde. Pully, Octogone. Sa 9 octobre, 18 h. www.theatre-octogone.ch ou www.amdathtra.ch

Nuit soufie dans le cadre du congrès «Genève 2010 - Un islam spirituel libre et responsable» organisé par l’Association internationale soufie Alâwiyya (AISA). Genève, Palexpo. Sa 9 octobre, 21 h. www.aisa-suisse.ch




Tags: Patricia Laguerre, femmes derviches, Sanandaj, Kurdistan, tekke,

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