Contre-temps
Dans le tourbillon des salons
Objet de débats entre exégètes sur sa nature ou non de complication, mais définitivement icône du savoir-faire horloger, le tourbillon reste plus que jamais d’actualité dans les allées des premiers salons horlogers 2010. Excentré chez Cartier (Astrotourbillon), extraplat chez Richard Mille ou enchâssé dans une Millenary en carbone forgé chez Audemars Piguet, etc., ce petit cœur vivant, vibrionnant et magique de l’horlogerie fascine toujours. Rappel historique: breveté par Abraham-Louis Breguet en 1801 pour compenser les effets négatifs de la gravité sur l’organe réglant des montres de poche, le tourbillon enfermé dans sa cage connut alors son heure de gloire. Long à manufacturer, il n’inonda certes pas la production même si, selon les archives Breguet, pas moins de 35 exemplaires furent vendus entre 1805 et 1823. Avec le XXe siècle, l’arrivée puis l’apogée de la montre-bracelet, il connut un certain déclin. Aujourd’hui encore, certains doutent de son utilité estimant que la position d’une montre bracelet variant des milliers de fois chaque jour le rendrait caduc. Alors, utile à la précision de marche, le tourbillon? La réponse est normande: oui et non. Rappelons en effet que les positions fixes du poignet (au volant, à l’ordinateur, etc.) existent. Dès lors ce que les spécialistes appellent le plat-pendu pose toujours problème. Et d’avancer à preuve l’évolution, les recherches et développement de ces dernières années. Axes et fréquences de rotation, nombre de cages (double, triple voire quadruple tourbillon à la clé), nouveaux matériaux tel le silicium, architecture des composants (spiral, échappement, etc.) ou, encore, ajout de complications extérieures: le tourbillon ne cesse ainsi d’évoluer, de s’enrichir... pour le plaisir des yeux et des amoureux de la haute horlogerie.
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