L'Hebdo;
2002-11-14 Ddepardieu: colosseau coeur d' argile
Il a crevé l'écran en 1973, avec «Les Valseuses», brûlot libertaire dans lequel il jouait un inoubliable marlou «décontracté du gland». On a tous craqué pour ce grand frère rebelle, ce casseur à voix douce. Gérard Depardieu, c'est «un chêne avec des nerfs de roseau», disait son amie Barbara. Ame de lutin dans un corps d'ogre, il a enchanté le cinéma français. Tout le cinéma, de Duras à Poiré, de Godard à Zidi, de Truffaut à Berri, de Blier à Veber. Et tous les genres, de la comédie à la tragédie, sans oublier le drame historique. Il s'est même exporté, en Italie («1900», de Bertolucci) ou aux Etats-Unis («Green Card», de Peter Weir)...
Oubliera-t-on jamais son regard hanté comme la nuit au dernier plan de «Police»? L'énergie mystique qu'il met à ressusciter un enfant dans «Sous le soleil de Satan»? Sa mine consternée devant les maladresses de Pierre Richard dans «La chèvre»? Sans doute a-t-il touché au sommet de son art en enfilant le tarbouif mahousse de Cyrano de Bergerac. Après avoir prêté sa stature de déménageur et sa voix de hautbois au poète proboscidien, Gérard Depardieu aurait dû s'offrir quelques années sabbatiques. Las! Le boulimique a enchaîné les rôles et galvaudé son talent dans des films dont on peut se dispenser, superproductions creuses, comédies nunuches ou franchement ratées, téléfilms taillés sur mesure. D'Obélix à Vidocq, en passant par Fouché, Porthos, Jean Valjean, Balzac, Rodin, il s'est aussi approprié toutes les grandes figures de l'histoire et des lettres françaises, parfois magnifique (Chabert), souvent grotesque: un Monte-Christo tonitruant, un Maheu - l'ouvrier affamé de «Germinal» - obèse. Non content d'occuper tous les écrans, il diversifie ses activités, produit du vin, investit dans le pétrole...
A force de brûler la vie par les deux bouts, de boire et de manger tout son saoul, Gérard Depardieu s'est cassé la figure. Après un sérieux accident de moto, il a dû subir en urgence, il y a deux ans, un quintuple pontage coronarien. Revenu d'entre les morts, aminci à défaut d'être assagi, Gros Gégé reprend du poil de la bête. Il retrouve la note juste. Il est impressionnant dans «Aime ton père», de Jacob Berger (lire page 83), un film dans lequel il incarne un écrivain qui a sacrifié sa famille pour mener son oeuvre. Il partage la vedette avec son propre fils, Guillaume.
Chercher à rencontrer Gérard Depardieu équivaut à demander une entrevue privée à Dieu. Il faut de la patience et quelques bons amis parmi les anges. Le rendez-vous est enfin fixé à l'UGC Bercy, un multiplex géant, érigé derrière la Grande Bibliothèque de Mitterrand.
Voilà Guillaume Depardieu, figure longiligne d'elfe maudit. Il marche avec des béquilles, il souffre le martyre: une opération visant à corriger les séquelles d'un accident de moto a eu des conséquences désastreuses. A l'hôpital, il a contracté des staphylocoques qui lui gangrènent le genou droit. Les médecins envisagent l'amputation. Il hausse les épaules, grimace: «De toute façon, cette jambe ne me sert à rien.» Il parle de la musique, sa passion, évoque son père, avec lequel il jouait pour la première fois: «Ce n'était pas difficile. On s'est amusés. Bien sûr, certaines situations nous en rappelaient d'autres mais on s'en fout, on est plus forts que ça». Père et fils se sont-ils surpris mutuellement? «Non. Je connais la musique. Je sais ce qu'est un comédien, et puis je connais mon père, je connais ses trucs, mais ça ne se dit pas, c'est comme les magiciens. Quand il s'ennuie, je le vois tout de suite. Il est exigeant quand quelque chose ne joue pas, même violent, car il veut aller à l'épure»...
Visage émacié, oeil vif, passionné, impatient, Gérard Depardieu vient carrer sa masse dans le fauteuil. Ses mains ne cesseront de jouer avec une pince à linge en bois.
Qu'est-ce qui vous a attiré dans le scénario d'«Aime ton père»?
D'abord il y a pas mal de vécu dans ce scénario. Suffisamment de matière pour en faire un film, pour avoir une confrontation entre un père et un fils. Que ce père soit écrivain, c'est très bien, car j'aime beaucoup la vie intérieure des écrivains, leur narcissisme, la confrontation avec la page blanche. J'ai rarement rencontré de vrais écrivains, peut-être Nabokov, peut-être Anthony Burgess, peut-être Romain Gary, et Marguerite Duras aussi qui était un monstre. Que cet écrivain soit vide et sec m'intéressait particulièrement. Il n'a rien écrit depuis quatre ans, il a négligé ses enfants. Il rate tout finalement. C'est toujours intéressant de faire un type qui n'est pas humainement très brillant.
Y a-t-il un équivalent pour le comédien de la fameuse page blanche de l'écrivain?
Non, je ne crois pas. D'abord, comédien, moi je ne le suis pas véritablement. Je suis surtout un être vivant qui a fait ce métier par abondance, hein? Je ne pense pas qu'il y ait un message particulier à délivrer dans ce métier, si ce n'est de porter le verbe d'un autre et de lui donner de l'émotion. Mais je ne pense pas que l'acteur ait une mission. Je pense qu'en dehors de ces lumières qui lui font une gueule de héros, comme dirait Barbara, bon, y a pas grand chose...
Vous avez incarné Balzac, vous avez dit les mots des plus grands auteurs français, Hugo, Dumas, Zola, Bernanos, Pagnol, Aymé, Rostand. Etes-vous attiré par l'écriture ou pensez-vous que les mots ont besoin du souffle, de la présence physique?
Je suis attiré par l'écriture, la peinture, et aussi la musique mais malheureusement la musique je ne sais pas, car c'est quelque chose de beaucoup plus ordonné. C'est très facile de se prendre pour un écrivain. J'en ai fait l'expérience en écrivant les «Lettres volées». Il y a un moment, je me suis dit: «Tiens? je vais y aller»... Mais c'est plus compliqué que ça. Il y a quelque chose de plus fort. C'est comme les acteurs, il y en a très peu de très bons. De même que les docteurs, il y en a très peu de très bons. Tant qu'à faire, il vaut mieux fréquenter les très bons que les médiocres, hi hi hi. C'est pour ça que je ne m'aventure pas dans l'écriture. Je reste dans le vin, la nourriture, les choses de la vie, j'essaye d'observer, de regarder, d'aimer, de ne pas passer à côté de valeurs qui me touchent. J'aime surtout la vie et les gens.
La vie vous étonne encore?
Ah oui oui oui oui oui, la vie est étonnante. C'est vraiment quelque chose de passionnant.
Vous diversifiez vos activités pour mieux profiter de la vie?
Oui, car je ne peux pas faire autrement. J'aime beaucoup la nature, surtout ce qu'on en fait. Je ne suis pas écolo à la Noël Mamère, je ne fais pas de la nature politique, je fais de la nature une ivresse, voilà. Je m'enivre de nature.
L'écrivain d'«Aime ton père» dit en substance qu'il faut de l'égoïsme pour réussir une vie d'artiste. Vous êtes au contraire plutôt réputé pour votre générosité...
Dans la vie, oui certainement. Et puis certainement je suis égoïste pour d'autres. Pour Guillaume, j'ai pu sembler égoïste. Ce n'est même pas moi, c'est surtout le regard que les autres portent sur moi et comment Guillaume est vu à travers moi, et non pour lui-même. Ça, c'est un peu chiant. J'ai certainement beaucoup de défauts. J'essaye de faire ce que je peux avec, mais je ne me vautre pas dans mes défauts. Je suis en analyse depuis vingt-huit ans, j'essaye de vivre.
Dans la foulée des «Valseuses», vous avez longtemps incarné la jeunesse. Eprouvez-vous aujourd'hui une nostalgie de ce temps?
Non. Pas du tout. D'autant plus que je suis servi. Je vois Guillaume qui a eu une jeunesse beaucoup plus poétique que la mienne, bien qu'il ait connu des souffrances. Moi j'avais des souffrances qui m'empêchaient de parler, mais c'est la vie. C'est intéressant.
Vous êtes toujours à l'affût de nouvelles rencontres?
Ah oui. Ça m'intéresse toujours. Je préfère les petits sentiers aux autoroutes. Et quand il n'y a pas de petits sentiers, je les fais moi-même...
Vous avez incarné un nombre impressionnant de personnages appartenant au patrimoine ou à l'histoire de France. Avez-vous l'impression d'être devenu un monument national?
Ah non! Non! Si c'était ça, alors j'arrêterais tout de suite, c'est l'ennui mortel. J'ai toujours fait les choses en m'amusant. Je n'ai jamais travaillé... Je ne pourrais certainement pas faire ce métier si j'en souffrais. C'est parce que j'en ris que je peux émouvoir, et parce qu'on est vivant. On ne peut pas travailler dans la douleur.
Eprouve-t-on une douleur en jouant dans un film émotionnellement ardu, comme «Aime ton père», et qui plus est avec son propre fils?
Non non non non. Le plus difficile, c'est le comique. Mais dans le drame, il suffit d'être vrai. De faire appel à des vécus qui ne sont pas forcément flatteurs, mais ça fait partie de l'honnêteté que je revendique. Tant qu'à faire, il vaut mieux être nu véritablement pour ne plus voir la nudité, mais une âme plutôt...
Vous étonnez-vous encore comme comédien?
Je ne m'étonne pas, je m'en fous. Je m'en fous complètement, ha ha! Vraiment. Ce n'est pas un métier dans lequel je me pose des questions.
Comment trouvez-vous la note juste?
Mais je ne sais pas si je trouve la note juste. Même si c'est faux, c'est juste. Personne ne chante faux. L'émotion peut sonner faux, mais un cri est un cri. Une larme est une larme.
Vous pourriez arrêter de jouer pour vous consacrer à la nature?
Mais ça sert à quoi de s'arrêter? Je fais suffisamment de choses en dehors. Et puis ce n'est pas le jeu, c'est l'acte. Je n'aime pas jouer. Je m'ennuie quand je joue.
Cet ennui ne paraît pas à l'écran?
Mais ce n'est pas du jeu, c'est de la vie, ça. Il faut des personnages qui soient intéressants. C'est au théâtre qu'on joue. C'est vrai que c'est chiant d'y aller tous les soirs à 8 heures. J'en ai fait beaucoup, j'aimais bien la respiration, le confort, parce que c'est confortable, le théâtre. Mais finalement je suis plus un baladin, un vagabond qu'un sédentaire qui a rendez-vous à heure fixe. C'est un acte très bourgeois le théâtre. Je suis plus un chiffonnier.
Ces trois dernières années, vous avez connu de graves ennuis de santé. Ces épreuves vous ont-elles renforcé?
Oui. Les accidents, ça ne m'a pas tellement dérangé. J'ai vu la mort, ça m'a permis finalement d'apprécier davantage la vie, ainsi que ceux qui la traversent. Pour ça, je suis très attentif aux autres. Je suis très respectueux des médecins aussi, de ceux qui m'ont travaillé le coeur.
Les gens que vous avez aimés et qui sont morts sont-ils toujours vivants pour vous?
Ah oui. La mort, c'est quand on ne pense plus à eux. Tant qu'on est vivant, ils ne sont jamais morts. Ils sont absents, un peu, mais on n'est jamais vides d'eux. On est avec.
Le cinéma, l'art sont-ils une façon de défier la mort?
Je ne sais pas du tout. Non, je ne crois pas. Je ne crois pas que dans cent ans il restera des images. Vous savez, ça va très vite. Quand on voit le peu d'intérêt des nouvelles générations qui ne savent pas qui est Buster Keaton... Non, je ne crois pas à l'éternité du cinéma. Je pense qu'il y aura d'autres arts, d'autres images, d'autres besoins.
Quand vous montez un Racine, vous croyez quand même à l'éternité du verbe...
Je crois à Racine! Mais on passe à l'intérieur de Racine. On oublie les interprètes. On oublie Gérard Philipe... Même Sarah Bernhardt: on parle encore d'elle, mais qu'en ai-je vu? Un film de Guitry où elle apparaît... C'est une autre époque, un autre chant, une autre écoute, une langue qu'on ne connaît plus...
Le désintérêt des jeunes générations vous navre?
Ce n'est pas le désintérêt des jeunes générations, c'est la vie qui est en route. Je pense que Racine, Virgile, Platon, la Bible, le Talmud, le Coran feront toujours penser. Mais il y aura des interprétations différentes. On jouera toujours Mozart, mais avec des sons, des notes différents. Tant mieux! Ça, ce sont des créateurs. Picasso est un génie qui vient du cosmos. Il y en a très peu. Les peintres du XVIIe ou du XVIIIe me parlent moins que Picasso, ou Braque, ou Miro. Ça vit, ça bouge, ça avance. Il n'y a pas de mission. Simplement une permission, un amour de la vie...
Donner du bonheur au spectateur peut être considéré comme une mission.
Mon seul plaisir est de vivre des auteurs. Au cinéma, il y a bien peu d'auteurs - et certainement pas Godard. S'il y en avait un, c'est Truffaut éventuellement. J'ai revu «La femme d'à côté», c'est vraiment beau. J'aime l'émotion, pas la démonstration.
Aimez-vous vous voir à l'écran?
Non. Ce que j'aime voir, c'est un film. Mais je vais très peu au cinéma. Je préfère la vie. Je vois les gens et c'est magnifique. Voilà, c'est bon... Salut!
Propos recueillis par A. D.
«Aime ton père». De Jacob Berger. Avec Gérard et Guillaume Depardieu, Sylvie Testud. Suisse-France-Canada-Grande-Bretagne, 1 h 40.
Repères
1948 Naissance le 27 décembre à Châteauroux.
1973 «Les valseuses», de Bertrand Blier.
1979 «Buffet froid», de Bertrand Blier.
1980 «Le dernier métro», de François Truffaut.
1981 «La chèvre», de Francis Veber.
1983 «Le retour de Martin Guerre», de Daniel Vigne.
1985 «Police», de Maurice Pialat.
1986 «Jean de Florette», de Claude Berri.
1990 «Cyrano de Bergerac», de Jean-Paul Rappeneau, «Green Card», de Peter Weir.
1991 «Tous les matins du monde», d'Alain Corneau.
1999 «Un pont entre deux rives», de Gérard Depardieu.
2002 «Aime ton père», de Jacob Berger.
GÉRARD LE PÈRE «Guillaume a eu une jeunesse beaucoup plus poétique que la mienne.»
GUILLAUME LE FILS «Je connais mon père, je connais ses trucs, mais ça ne se dit pas.»
«Le vrai moteur du cinéma, c'est le désir»
Cinéaste suisse exilé à Paris, Jacob Berger a mis des années pour monter «Aime ton père»,
film autobiographique qui crée l'événement en réunissant les Depardieu.
En 1990, Jacob Berger, 27 ans, frais émoulu de la New York University Film School, signe un premier long métrage, «Angels». Ce film ambitieux qui décline l'amour et la mort dans une ambiance imprégnée d'onirisme est présenté en compétition au Festival de Berlin. En Suisse, pays où nombre de cinéastes aspirent au fonctionnariat, le talent précoce du jeune Genevois indispose. Battu froid par les professionnels de la profession, Jacob Berger connaît cinq ans de purgatoire. Portant le deuil de sa première femme, vivant avec «le spectre de la mort», le réalisateur éprouve «une envie sauvage de se confronter à la réalité». Il signe pour Temps présent des reportages là où le monde saigne, Afghanistan, Croatie...
Au milieu des années 90, il émigre à Paris. Après le purgatoire, l'enfer de la survie en milieu hostile. Il réalise des épisodes de «Julie Lescaut», de «Nestor Burma», de «Joséphine, ange gardien»... Sinon, il travaille sur «Aime ton père». Fils de l'écrivain John Berger, qui a collaboré aux scénarios de Tanner («La Salamandre»), Jacob exorcise par l'écriture le dialogue impossible entre son père et lui. Soutenu par l'agence Artmédia, il soumet son scénario à une vingtaine de producteurs. Il ne reçoit qu'une réponse, négative...
Lorsqu'il dit qu'il veut tourner avec les Depardieu père et fils, ses amis pensent que Jacob rêve trop fort. C'est sous-estimer la ténacité du cinéaste qui sait que «le seul vrai moteur du cinéma, ce n'est pas l'argent mais le désir». Il montre son scénario à Guillaume Depardieu. Le fils de Gérard y trouve «des choses qui résonnaient, qui m'ont fait vibrer: la difficulté de dialogue, l'incommunicabilité entre un père et son fils, les deux personnes qui devraient être les plus proches». Il en parle à son père. Les deux comédiens découvrent dans les mots de Jacob Berger un écho à leurs propres dissensions, des coïncidences avec leurs propres existences: accidents de moto, problèmes de drogue. Ils font des lectures du script et de précieuses suggestions. «J'ai tendance à être bavard, à en faire trop. Ils m'ont amené vers le dépouillement, vers l'épure de manière insistante et respectueuse», dit Jacob Berger, reconnaissant. Enfin, touché par une version allégée d'«Aime ton père», Gérard «donne le coup de manivelle» en investissant de l'argent dans le projet.
Projeté en compétition à Locarno, «Aime ton père» surprend par sa violence psychologique: l'écrivain Leo Shepherd enfourche sa moto pour aller chercher son prix Nobel. Paul, le fils mal-aimé, délaissé, renié, profite de l'occasion pour kidnapper son géniteur et restaurer par la force le lien brisé. Jacob ignore si John Berger a vu le film. «Pour vouloir tuer son père, il faut l'avoir beaucoup aimé. Trop aimé. La haine n'est jamais que le produit de l'amour fou. Quand on fait de son père le héros d'une fiction, quand on lui confère un statut mythique, quand on demande à Gérard Depardieu de l'incarner, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que c'est une déclaration d'amour.»
Jacob Berger a été frappé par la façon dont les deux comédiens ont conféré une valeur universelle à un récit violemment autobiographique. «Quand Depardieu dit "Pense! pense! pense!", cela ressemblait à ce que mon père me hurlait.» Réunis pour la première fois à l'écran, les Depardieu ont donné le maximum, comme si le cinéma, cause de leurs divergences (père trop absent, trop absorbé), devenait le terrain des retrouvailles.
Aujourd'hui, Gérard et Guillaume affichent en une de «Paris-Match» leur amitié retrouvée. Les commentateurs se réjouissent de cette spectaculaire psychothérapie sur grand écran. Lucide, Jacob Berger sait qu'en dirigeant deux stars, il prenait le risque de voir son film pris en otage. L'essentiel est ailleurs: de toute sa force, de toute sa sincérité, «Aime ton père» prouve que l'énergie du rêve peut déplacer les montagnes.
A. D.
GUILLAUME DEPARDIEU (chapeau blanc) et le réalisateur JACOB BERGER au Festival de Locarno. Au second plan: Noémie Kocher, comédienne.
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