L'Hebdo;
1997-12-18 Guide des stations d'hiver Guide des stations d'hiver De la luge au parapente, la neige autrement
L'ère du tout ski est révolue. Pour séduire les clients, les stations ont plein d'idées: promenades à pied ou en raquettes, de jour ou de nuit, luge, parapente, chiens de traîneau... Pas de télécabines ni de remonte-pentes à proximité. Simplement la neige qui crisse sous vos pas. Huit coups de coeur, en Valais, dans le canton de Vaud et dans l'Oberland bernois.
Dossier réalisé par Bertrand Monnard et Florence Duarte
Que peut-on bien faire l'hiver sur nos hauteurs en dehors des incontournables ski et snowboard? Eh bien, des tas de choses. Trente-deux en tout cas, à en croire la dernière brochure de «Tourisme suisse» intitulée «32 raisons de s'éclater à la montagne». Ouvrez les différents catalogues des stations suisses, vous attrapez le tournis. L'hiver, on marche, on luge, on vole en parapente, on escalade des cascades glacées, on fait du cheval, du snowbike (VTT sur neige), du char à voile sur des lacs glacés, on joue même au golf, si, si, au moyen de balles rouges, histoire de les distinguer de la blancheur immaculée.
N'en déplaise donc aux accros de la glisse, on peut prendre un plaisir fou en montagne, sans lattes. Allez, un jour de beau temps, vous promener sur l'un de ces sublimes sentiers d'altitude. Le ciel ne vous a jamais paru aussi bleu sur fond de sapins enneigés. Vous êtes seul au monde. Ou, mieux, partez en raquettes dans ces forêts inaccessibles, où seuls les renards et les chamois vous ont précédé. Loin du bruit, loin des ski-lifts, loin des frimeurs, loin de tout, la montagne vous offre son visage le plus féerique. C'est ce retour aux sources que les touristes recherchent de plus en plus. Comme un besoin d'oxygène.
«Aujourd'hui, relève Walter Loser, patron de l'Office du tourisme de Crans-Montana, les clients viennent chez nous pour passer des vacances d'hiver à la montagne et plus seulement des vacances de ski.» Bien sûr les forçats de la glisse, les allumés du 9-17 heures, 7 jours sur 7 non stop, existent toujours, mais ils sont moins nombreux.
Les bousculades à l'ouverture du télécabine le matin deviennent moins farouches. «L'époque où les gens étaient obsédés par la seule idée de rentabiliser leur abonnement, me semble un peu révolue, analyse Pierre-Olivier Bourban, directeur du tourisme à Nendaz. Maintenant, la notion de plaisir prévaut de plus en plus.» Il suffit, sous le soleil exactement, de voir ces milliers de flemmards qui, après un repas, continuent à se prélasser sur une terrasse plutôt que de reprendre la ronde infernale des descentes. «Ce qui se vend le mieux aujourd'hui, ce sont les abonnements à la mi-journée et des formules à choix de quatre ou cinq jours de ski pour des vacances d'une semaine. Le sept sur sept a moins la cote. Les touristes aiment se réserver des plages de repos ou tester d'autres activités», poursuit Pierre-Olivier Bourban.
Yves Defalques, son alter ego de Villars, abonde dans ce sens. «Nos clients français nous disent tous la même chose: ils en ont marre des usines à ski comme Tignes ou Avoriaz. Ce qu'ils recherchent, c'est le côté convivial d'une station, le style chalet, la diversité. Aujourd'hui, une station se doit avant tout d'offrir une ambiance, un tout.»
Un récent sondage de «Tourisme suisse» a donné des résultats révélateurs à cet égard. Qu'est-ce qui vous attire à la montagne l'hiver? Comme de bien entendu, le ski arrive en tête, mais avec seulement 48% de votants, talonné par la balade en montagne (37%), tandis que le snowboard, devancé par la luge, se retrouve largué loin derrière. Sentir la neige craquer sous ses pieds, s'aérer l'esprit au milieu des sapins enneigés, voilà donc ce qui est «trendy», comme le relève Suzanne Rieder, porte-parole de «Tourisme suisse».
De son côté, Vincent Bornet, responsable de la promotion à Grimentz, assure que la question «Avez-vous des sentiers balisés?» est la plus souvent posée. Chance! Depuis cette année, une brochure intitulée «Sentiers des cimes» répertorie les 200 plus belles balades d'hiver. Condition sine qua non pour y figurer: à l'instar d'une piste de ski, elles doivent être balisées, entretenues, déblayées à l'aube en cas de fortes chutes de neige. Toutes les stations s'y mettent. Les Champs-Elysées de Montana, vous connaissez? C'est ainsi qu'a été baptisée la balade tracée le long du golf de la station. S'y croise toute la jet-set en villégiature sur les hauts de Crans. Ouvert seulement l'été jusqu'ici, le fameux chemin des Planètes de Saint-Luc sera, pour la première fois, pratiquable sous la neige cet hiver. Idem pour le sublime chemin qui relie Kandersteg, dans l'Oberland bernois, à Loèche-les-Bains, par le col de la Gemmi. De même, toutes les stations, ou presque, se mettent à aménager des pistes de luge, cherchent des parcours appropriés, offrent des initiations gratuites au curling. Mettent sur pied d'étonnantes virées nocturnes à raquettes.
Dans la multitude des offres, «L'Hebdo» a testé, trié, adoré... Et choisi huit stations à l'atmosphère particulière. Dans des villages de montagne où il fait bon jouer, patiner, marcher.
Bertrand Monnard
P.S. Les irréductibles ont le droit de skier s'ils y tiennent vraiment: les villages que nous avons retenus offrent aussi de bien belles pistes...
La bonne adresse
Hôtel Landhaus, 3 étoiles, au coeur de Münster. Tél. (027) 973 22 73.
Vallée de Conches (VS) Ski de fond
44 kilomètres de plaisir
Il n'y a pas de meilleur moyen que le ski de fond pour traverser toute la sublime vallée de Conches. De Blitzingen à Oberwald, la piste, réputée pour être la plus belle de Suisse, s'étire sur pas moins de 44 kilomètres, dans un silence divin, entre sapins et pâturages. Les champions la font d'une traite. Mais le mieux est d'y aller à son rythme en visitant la région. Les vieux villages du Haut-Valais jalonnent la piste. A Niederwald, visitez la maison où est né en 1850 un certain Cäsar Ritz, fondateur du Savoy de Londres, du Ritz de Paris et d'autres palaces mythiques. A Münster, peut-être le plus beau village, ne ratez pas la vieille église du XVIe siècle et ses décors baroques. Tout autour, les enfants se lugent dans des ruelles sans voitures. Fatigué? Rabattez-vous sur le petit train de la Furka qui passe une fois toutes les deux heures sur la ligne longeant la piste. Vous ne risquez rien en traversant la voie, à moins d'être le pire des poissards. Arrêt obligatoire, en approchant de la fin du parcours, au VasaBar à Obergesteln, ainsi baptisé parce qu'il appartient à Konrad Hallenbarter, le seul Suisse à avoir remporté la Vasaloppet, la plus fameuse des courses de fond, en 1983. Dans son magasin, on trouve toutes les dernières nouveautés, de la boîte de fart Swix aux bâtons hyper-légers de chez Atomic. Le succès des cours qu'il organise tout l'hiver ne se dément pas. Une semaine, il recevait tous les cadres de l'aéroport de Genève, la suivante le conseil d'administration in corpore d'une grande banque américaine. Technique le matin, balades l'après-midi. Et quatre jours d'évasion assurée.
B. M.
Saint-Cergue (VD) Traîneaux
Planquez le caniche!
Chaque année autour du 20 décembre, «la Bretonne» de Quimper et ses quarante huskies de Sibérie viennent prendre leurs quartiers d'hiver à Saint-Cergue. Le lieu est réputé pour ses courses de chiens de traîneau, huit familles et leurs chiens polaires s'y sont d'ailleurs installés à l'année. L'élevage Amarok's, c'est son nom, trouve refuge au chalet de l'Archette, un abri de pâturage. La meute de Huskies vit en liberté dans un parc boisé et vallonné. C'est de là que part l'expédition - entre six et douze chiens selon le traîneau - à travers les vallons du coin. Une piste de 8 km spécialement tracée à travers une succession de clairières plus ou moins grandes, qui percent dans la forêt de sapins, et qui évite de croiser les chemins des skieurs de fond. La meute est féroce: planquez le caniche! Et le froid est brutal: à la combe des Amburnex, la température descend parfois jusqu'à moins quarante, record du genre.
Partir en traîneau à chiens, c'est suivre les traces de Jack London dans le Grand Nord. Il faut s'emmitoufler dans des peaux de bêtes et se laisser tirer par les chiens polaires aux yeux couleur glacier. Après son baptême en traîneau, on peut apprendre à devenir «muscher», c'est-à-dire à conduire un attelage. Pour s'initier à «l'esprit du loup», on peut s'offrir une veillée à la trappeur dans le chalet de l'Archette ou un stage inuit, en gîte ou en bivouac. Ne pas quitter Saint-Cergue sans une halte à l'hôtel-restaurant de la Poste, tenu par le chef cuisinier français Laurent Michaux. Pour une fondue au coin café ou un menu gastronomique dans le restaurant réputé (fazzoletti aux gambas, crème et baies roses; carré de veau aux pommes miettes, crème d'échalotes et vieux vin de bordeaux; gratinées aux agrumes chauds, etc.).
F. D.
Les bonnes adresses
Maïe Paranthoën, Chalet de l'Archette, Saint-Cergue. Tél. (022) 360 17 27.
Hôtel-restaurant de la Poste, Saint-Cergue. Tél. (022) 360 12 05.
Grächen (VS) Enfants
Disneyland sur neige
Pour atteindre le paradis des enfants, il faut prendre la route de Zermatt puis bifurquer à mi-parcours. Là, au fond du Matterthal, sur une superbe terrasse ensoleillée, se trouve Grächen. Particularité: tout, dans cette station, a été conçu pour que les galopins deviennent des anges. En haut de la télécabine du Hanigalp, les parents peuvent partir skier tranquille. Les bambins ne cherchent même pas à les suivre. Ils préfèrent passer leur journée dans l'étonnant Disneyland sur neige de 4000 m2, baptisé le «Kinderparadies», qui leur est destiné. Mini-télésièges, toboggans, construction d'igloos, pas le temps de s'embêter dans ce parc unique en Suisse. Ils peuvent aussi apprendre à skier avec des moniteurs, le tout gratuitement. Papa et maman préfèrent-ils les balades? Pas de problème, elles sont jalonnées de petits chalets contenant des jeux, de manière à ce que les bambins n'aient pas le temps de s'embêter et acceptent d'avancer d'un poste à l'autre. Quant au titre du film le plus fréquemment diffusé sur l'écran géant dressé en haut des pistes, devinez... «Hercule»? Gagné. Des milliers de jouets sont à disposition à la ludothèque. Et même les catégories d'hôtels sont signalées par des nounours, et non des étoiles comme partout ailleurs. «Moi, c't'hiver, zuis descendu dans un trois nounours, et toi?» Et lorsque des habitués évoquent l'idée de changer de station pour un hiver, les petits se fâchent tout rouge. «On ira là et pas ailleurs». A Grächen, les chefs, ce sont eux. B. M.
La bonne adresse
Hôtel Alpina, Grächen. Tout est prévu, même pour bébé. Tél. (027) 956 18 05.
Grindelwald (BE) Luge
A fond la caisse face à l'Eiger
La luge est une institution à Grindelwald, dans l'Oberland bernois. Plantés debout comme des sapins de Noël, les traînaux en bois de frêne attendent le client à la devanture de la Migros, sur la route principale du village. On peut louer sa luge, fabriquée à la main de façon artisanale, dans l'un des quatre magasins de sport de Grindelwald (Graf, Kaufmann, Bernet et Buri). Dix francs seulement la journée. Mais pourquoi ne pas se laisser tenter par une monture encore plus originale? Pour le même prix, on peut louer un vélo-luge appelé «Velogemel» à la gare de Grindelwald, d'où l'on débarque d'Interlaken. Cet accessoire d'apparence rudimentaire (un cadre, une selle, un guidon et deux patins en guise de roues, le tout, en bois) est typique de la région. Le premier vit le jour en avril 1911, des mains de Christian Bühlman, charron et menuisier, qui se bricola un vélo des neiges afin d'atteindre plus rapidement son but sur des trajets plats et descendants. En poussant avec les pieds, le Velogemel permet d'avancer tout en restant assis, un peu comme on le faisait avec la première bicyclette de Draise, la draisienne. Aujourd'hui, le Velogemel reste un moyen de locomotion à Grindelwald: le postier l'utilise pour ses tournées, le médecin pour visiter ses patients, le paysan pour faire ses courses et les enfants pour aller à l'école. Quant au touriste allemand ou japonais, il l'achète (395 francs chez Rubi où il s'en fabrique soixante par année) pour le ramener comme curiosité au pays. Mais surtout, le visiteur en profite pour glisser sur la plus longue piste de luge de Suisse: 19 km balisés de piquets bleus et rouges, de matelas pour amortir les chutes dans les virages et de rideaux de nylon blanc, tendus pour empêcher le soleil de mettre à vif le béton de la route.
A Grindelwald, 30% des touristes viennent pour faire autre chose que du ski. Ils sont servis. En pleine saison, 2000 lugeurs montent avec l'autocar jusqu'à Bussalp (1800 mètres) et 500 montent en télécabine jusqu'à First (2168 m) puis marchent deux heures et demie pour relier le sommet du Faulhorn (2681 m). De là, ils se jettent sur la piste enneigée, font halte à la buvette pour avaler une boisson «red bull» énergisante ou déguster une fondue au restaurant du plateau de Bussalp. De la terrasse, bondée en hiver, on aperçoit les grands sommets bernois: l'Eiger, le Mönch, la Jungfrau. Féerique.
F. D.
La bonne adresse
Restaurant de Bussalp, Grindelwald. Tél. (033) 853 37 51.
Nendaz (VS) Raquettes et luge
De nuit, à l'assaut des sommets
Raquettes aux pieds, ils partent de nuit vers 18 heures: juste au-dessus de Nendaz, chacun avec son falot de tempête, comme les petits nains dans Blanche-Neige. Des groupes de vingt à quarante personnes, toujours emmenés par Jean-Franco Pfister, de l'Hôtel Sourire, qui a eu l'idée de ces drôles d'expéditions voilà deux ans. Pas besoin de maîtriser quoi que ce soit, il suffit d'enfiler les raquettes et de marcher. La montée dans la forêt a quelque chose de magique. «On a l'impression d'être perdu, il n'y a pas la moindre trace», souligne Jacques Pfister. Approchant de la clairière du Praz-de-Dzeu, à plus de 2000 mètres d'altitude, un délicieux parfum vous met l'eau à la bouche. Là, dans un immense chaudron, les macaronis d'alpage, à base de lard, de fromage et d'oignons, sont fin prêts. Peu importe qu'il fasse moins vingt car, serrés au coin du feu, on se réchauffe au fendant. «Et les macaronis n'ont jamais aussi bon goût que de nuit, en pleine nature.» La descente se fait à deux ou trois par luge. Et tant pis pour les chutes. Arrivée: jamais avant 22 heures dans le fou rire général. «Au départ, tout le monde se vouvoie, à la fin on se tape sur l'épaule, on promet de se revoir.» Ils étaient à peine cinquante à s'être lancés dans l'aventure la première année. La saison dernière, la barre des cinq cents a été largement dépassée.
B. M.
La bonne adresse
Hôtel Sourire, Nendaz. Tél. (027) 288 26 16.
Grimentz (VS) Marche
A pied sur le balcon du val d'Anniviers
Rien n'est plus en vogue que les balades d'hiver en montagne. Et celle menant de Grimentz à Vercorin a valeur de symbole. Les domaines skiables étant trop distants, la marche à pied, via ce chemin, est le seul moyen en hiver de rallier les deux stations, autrement qu'en voiture. Et quel chemin: 12 kilomètres, loin de tout, à flanc de colline, comme sur un balcon dominant les villages du val d'Anniviers. Les passages en forêt alternent avec des points de vue magnifiques. Là-haut, mais oui, c'est bien l'Hôtel Weisshorn, juché juste au-dessus de Saint-Luc. Et essayez de reconnaître les multiples 4000 qui forment la couronne impériale: bon exercice. D'une cascade gelée, surgit un aigle solitaire, majestueux, son profil se découpe sur fond de ciel bleu. Petite pensée pour le gypaète... On s'enfonce légèrement, des flocons tombent des sapins. Seul le coup de klaxon du car postal en contre-bas vous rappelle que vous êtes sur terre. A mi-chemin, dégustez une raclette sur la terrasse de la buvette des Mayens, et admirez... Le chemin n'a été ouvert que l'année dernière. Auparavant, chaque station se contentait d'entretenir les cinq kilomètres situés de son côté. Il ne manquait que deux misérables kilomètres, mais personne ne voulait faire le premier pas. Un accord a finalement été trouvé. Aujourd'hui, le chemin est balisé et damé au ratrack. Très pratique.
B. M.
La bonne adresse
Hôtel-restaurant Alamarenda, qui vient de fêter son centième anniversaire. Grimentz. Tél. (027) 475 26 26.
Leysin (VD) Parapente
Vol plané sur la Berneuse
Arrivé en télécabine au sommet de la Berneuse, on rayonne dès lors sur 360 degrés. Où va-t-on se lancer? Face au vent, bien sûr, mais tête la première face à quel sommet? Va-t-on s'envoler en direction du village de Leysin ou d'Aigle, un peu plus bas? Ou direction Vionnaz, Villeneuve et Bex? Le site de Leysin est idéal pour le parapente. Le pic de la Berneuse, et son restaurant panoramique tournant, offre facilement cinq aires d'envol, toutes orientations confondues. Beaucoup d'anglophones, mais aussi des Belges, des Hollandais et des Italiens, profitent de leur séjour à Leysin pour s'initier au parapente. Marc-Eric Pantillon, 40 ans, pratique ce sport depuis 1985. En douze ans, c'est près de 9000 vols d'initiation qu'il a effectués. Facile d'entrer en contact avec lui: il a toujours son natel branché et répond même en plein vol par micro interposé. Pas de panique, Marc-Eric sait mettre en confiance. D'abord, on s'habille et se protège: combinaison, godillots de trekking, gants et casque sont prêtés par la maison. Le moment préféré de Marc-Eric pour voler, c'est au coucher du soleil, lorsque l'horizon rougeoie et que les derniers skieurs ont déserté le sommet de la Berneuse. Là, il déplie sa voile jaune et pourpre, vous harnache à ce qui va se transformer, une fois dans le ciel, en selle, et vérifie les sangles de sécurité. Prêt pour le grand saut? Les pieds dérapent sur les cailloux et se mettent à battre l'air comme dans un dessin animé. Trop tard pour faire demi-tour. Le vent fouette le visage, le silence s'installe. En bas, les lumières de Leysin balisent les vastes terrains d'atterrissage. Un quart d'heure de vol plané (un virage à droite, un virage à gauche) avant d'arriver en souplesse sur la neige. Le rêve d'Icare est devenu réalité. Avec tant de facilité.
F. D.
La bonne adresse
Pan Pam Airlines. Leysin. Tél. (077) 382 602 ou (024) 494 26 02.
Sainte-Croix (VD) Patinage
Gare aux briseurs de glace!
Au loin, étouffés par le vent, les cris des enfants de l'école communale. En contrebas, au pied d'un chemin pentu, d'autres cris, d'autres gamins. Ils sont venus glisser sur l'étang gelé, sur cette patinoire naturelle qui fait la fierté du hameau de L'Auberson, à côté de Sainte-Croix, en bas de la combe qui mène au val de Travers. Ici, la météo commande. Selon les jours, la patinoire est ouverte de 13 h 30 à 17 h et en soirée de 19 h 30 à 21 h 30. Pour 3 francs, les adultes peuvent aussi s'élancer sur ce qui était, il y a encore trois ans, la surface d'entraînement de 3000 m2 (soit l'étendue de deux patinoires artificielles) du Hockey Club Auberson. On a conservé l'éclairage digne d'un stade, et remplacé la vétuste cabane de bois et son petit poêle par une buvette-vestiaire en béton armé, décorée, en guise de frise, de porte-manteaux de couloirs d'école.
Lorsqu'il fait beau, les parents sirotent leur thé- crème à l'une des quatre tables proches de l'entrée de la patinoire, ancienne zone marécageuse et source des lavoirs du village. Les gosses peuvent s'acheter un quatre-heures (pain au chocolat, cake) et avaler un chocolat chaud à la buvette. A Sainte-Croix, la patinoire est un complément au ski, pas un sport de remplacement. Car si les pistes de la région ne sont pas skiables, la piste de glisse n'est pas plus praticable. A Noël, il faut aussi compter avec les menaces de redoux. Et la brume, tout l'hiver, dès 16 h.
F. D.
Les bonnes adresses
Pour la patinoire, contacter la commune de Sainte-Croix. Tél. (024) 454 51 21.
Hôtel de France, Sainte-Croix. Tél. (024) 454 38 21.
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