Cinéma
"De l'eau pour les éléphants", de Francis Lawrence
Un petit cirque dans les années 30. Un homme, une femme, un éléphant. De la violence et des sentiments... Sortez les mouchoirs!
Mélodrame. Quelles que fussent les qualités de La femme aux cinq éléphants, les amis de Babar et de Dumbo avaient été déçus. Car les pachydermes du documentaire se réfèrent juste aux romans de Dostoïevski... On redoute pareille tromperie avec le film de Francis Lawrence (Je suis une légende), surtout lorsqu’on découvre qu’amener «de l’eau aux éléphants» est une tâche imaginaire que les cirques sans éléphants confient aux bleus.
Mais, Ganesh merci, le cirque Benzini acquiert un éléphant. C’est la Crise et le jeune Jacob (qui a l’œil langoureux de Robert «Twilight» Pattinson, Mesdemoiselles!) perd tout. Ses parents, la maison familiale. Abandonnant ses études de vétérinaire, il saute dans un train de nuit en partance vers nulle part.
C’est le train du cirque. Le jeune fuyard est adopté par ce beau monde de clowns, de nains et de salopards de tout poil. Il y a naturellement une écuyère, la blonde Marlena (Reese Witherspoon) dont Jacob tombe évidemment amoureux. Il y a aussi un directeur, August, un être dangereux, doucereux et violent, manipulateur, sadique, paranoïaque, immoral (lorsque l’argent vient à manquer, on jette les employés hors du train en marche) sujet à des flambées de violence dont même un éléphant peut faire les frais.
Après le colonel nazi d’Inglorious Basterds, Christopher Waltz incarne voluptueusement ce psychopathe. Quant à l’éléphant, on découvre qu’il parle polonais, donc qu’il aime bien boire son coup. Il sauve le cirque de la faillite et prend la défense des amants en s’improvisant ange exterminateur...
Tiré d’un roman à l’eau de rose de Sara Gruen, cet alliage de La caravane de l’étrange (la Grande Dépression) et du Plus grand cirque du monde (panique sous le chapiteau) a été dosé par un orfèvre du mélodrame de qualité, Richard LaGravenese (Sur la route de Madison, L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux). Frôlant sans cesse la surdose sentimentaliste, De l’eau... réussit toutefois à captiver. Un film dans lequel un éléphant tient un rôle décisif ne peut pas être mauvais.
De Francis Lawrence. Avec Robert Pattinson, Reese Witherspoon, Christopher Waltz. Etats-Unis, 2 h 02.
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