Décryptages. La chronique de Geneviève Brunet. Chute de tabous
Les tabous vont assommer les doux rêveurs
Attention: chute de tabous! Sur le chantier à venir du 2e pilier ils vont tomber de haut, assommant sur leur passage les doux rêveurs. La caisse de pension de Georg Fischer a brisé le premier en supprimant une compensation du renchérissement octroyée depuis moins de dix ans à quelque 700 de ses retraités. Pour l’heure, une indexation versée pendant plus de dix années et le montant nominal de la rente calculé à l’heure de la retraite restent des acquis protégés par la loi.
Jusqu’à quand? Peut-être jusqu’à ce que certains salariés calculent ce que leur coûte cette sécurité garantie aux retraités... Une caisse ayant un taux technique élevé – disons de 4% – doit engranger un rendement réel un peu supérieur pour assumer ses engagements envers les retraités, sur la base de leur capital vieillesse accumulé à 65 ans. Si la performance réalisée est moindre, les actifs paient généralement seuls la note: via une baisse de l’intérêt servi sur leur épargne, une hausse de cotisations ou des promesses de futures rentes allégées.
Or, l’enquête 2008 de Swisscanto sur les caisses de pension vient de relever que sur les huit dernières années leur rendement moyen n’a même pas atteint le taux minimum légal! Les caisses de pension publiques ayant cultivé l’optimisme en gardant des taux techniques plus élevés que leurs homologues privées, un autre tabou est bien branlant: celui des retraites garanties des fonctionnaires.
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