Décryptages. Quand la mer se retire
Combien de temps avant le pschitt final de la prochaine baudruche?
Quand la mer se retire, ceux qui nageaient nus sont à découvert. La contraction brutale des montants de crédits disponibles pour les fonds d’investissement et entreprises, combinée à la dégringolade des ventes fossoyeuses d’argent frais, lève brutalement le voile de la liquidité qui masquait les petits ou les gros arrangements avec la comptabilité. Le scandale de Satyam Computer Services en Inde a de quoi inquiéter. Cette entreprise de services informatiques cotée aux Bourses de Bombay et de New York, ayant des clients dans 96 pays et employant quelque 53 000 personnes, aurait tout simplement augmenté sur le papier ses avoirs en banque d’un joli milliard de dollars fictifs. De quoi doper facilement les bénéfices affichés. Et rejoindre Enron au classement des entreprises les plus imaginatives pour sublimer d’attrayants chiffres imaginaires. La révélation de cette énorme fraude a gommé 80% de la valeur de l’action du groupe en quelques heures et secoué toute la cote indienne. Combien de temps cette comptabilité arrangée aurait-elle pu faire illusion si la croissance des commandes était restée au rendez-vous? Combien de temps aurait pu encore tenir Bernard Madoff si de nouveaux apports avaient continué d’alimenter régulièrement sa pyramide sophistiquée? Combien de temps avant le pschitt final de la prochaine baudruche gonflée à l’argent facile et la confiance naïve?
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