Plus besoin d’aller voir le mouton à cinq pattes au cabinet de curiosités. Les médias provoquent l’étonnement populaire en diffusant des recherches scientifiques aux objets saugrenus, mêlant un brin de bon sens, un trait d’incroyable mais vrai et un zeste de morale. L’autre jour, un site d’actualités en proposait trois. «Les enfants dont la mère travaille sont aussi heureux que les autres.» Cette conclusion propre à déculpabiliser les femmes actives tombe à point nommé pendant la crise. A noter qu’en 2008, une étude sans doute d’obédience pétainiste démontrait le contraire. «Avoir un bon niveau d’études protège contre la maladie d’Alzheimer», assertion susceptible d’inciter les enfants à faire leurs devoirs. Plus étonnant: «L’excès de sommeil nuit gravement à votre santé.» La grasse matinée prédisposerait aux maladies cardiovasculaires. Car l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, l’oisiveté est la mère de tous les vices, etc. Allez, au nom de Lewis Carroll, Jorge Luis Borges et André Breton, menez d’autres études scientifiques hybridant coquecigrues, édification, savoir inutile et foutaise méthodologique. Par exemple: les amateurs de caramel mou s’exposent au durcissement des artères; 72% des voleurs de bœuf ont volé des œufs; 67% des transsexuels préfèrent Donald à Mickey; 88% des centenaires aiment les épinards. Et, fort réjouissante, cette étude menée par l’Université de Kougelhopf, selon laquelle on observerait chez 99% des lecteurs du Point final une dilatation supérieure de la rate.
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